Focus : Haro sur la France de Macron

Le crépuscule d'une hégémonie s'écrit sous nos yeux. De président le plus impopulaire de la Vè République au plus faible des deux derniers occupants de l'Élysée à n'avoir eu droit qu'à un seul mandat effectif, Emmanuel Macron jette ses dernières forces dans une bataille qu'il mène seul, à l'arrachée, contre les États souverains du Sahel.

5 Octobre 2026 - 02:15
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Focus : Haro sur la France de Macron

Voyant le fameux pré-carré se rétrécir comme peau de chagrin, le locataire de l'Élysée mêle pêle-mêle tout ce qui peut servir sa revanche. Le désir inassouvi de récupérer les pays perdus qu'il a négligemment laissés échapper du giron français est devenu une obsession. Car ce qui s'est effondré, ce ne sont pas seulement des bases militaires. Ce sont les retombées du compte d'opérations, les stocks d'or qui ne prennent plus la direction de Paris, les tonnes d'uranium qui ne s'enrôlent plus sous étiquetage français à vil prix. C'est toute une rente séculaire qui s'évapore et qui oblige Paris à s'agiter.
L'AES a compris le jeu sordide. Le Mali, le Burkina, le Niger ont percé à jour la mécanique de captation. Alors M. Macron lance un dernier baroud d'honneur, une attaque en règle, globale, générale et généralisée contre ces trois États souverains. Une offensive diplomatique, médiatique et économique qui ne dit pas son nom, mais dont l'objectif est clair : punir la désobéissance et tenter de briser l'exemple.
Au lieu de financer l'économie française exsangue, l'Union européenne, acquise aux causes macroniennes, réoriente des budgets colossaux. On parle de 700 milliards d'euros fléchés vers des stratégies d'endiguement du Sahel. Ce n'est pas du gâteau. C'est un budget de guerre alloué à la bande à Macron et à ses multinationales, pour recruter des mercenaires, alimenter l'instabilité et armer des revendeurs afin d'essayer de prendre la citadelle AES avant son arrivée au Sénégal le 30 octobre prochain pour les JOJ Dakar 2026. Il se rêve en Napoléon à la conquête de l'Égypte, à quelques mois de son départ du palais de l'Élysée en mai prochain. Le calendrier presse et rend l'opération fébrile.
Pendant ce temps, la France est mise sur cale de Dunkerque à Perpignan. Le pays craque. Mouvements d'élèves et d'étudiants, syndicats des sapeurs-pompiers, policiers en colère, agriculteurs à bout, gilets jaunes jamais éteints. Une contestation monstrueuse, transversale, qui ne faiblit pas. Que propose le pouvoir ? De se serrer davantage la ceinture quand le peuple n'a même plus la force de vomir. Aucune perspective, seulement l'austérité comme horizon.
Les parents et les élus régionaux s'interposent désormais physiquement entre leurs enfants de 15, 16, 17 ans brutalisés par les forces de l’ordre et un État en faillite qui veut empêcher la génération montante de gesticuler. Pendant que les familles plient sous les taxes, les suspensions de crédits, l'endettement monstrueux à 3000 milliards d'euros, soit 112% du PIB. Les chiffres sont têtus et accablants.
Les pays de l'AES ont eu raison de se défier du petit prince français et de défier la grande nation française sur tous les plans. Au nom de cette même souveraineté du peuple que réclament les Français à leur président. La leçon est double et cinglante.
Macron a du pain sur la planche. Il ferait mieux de balayer devant sa porte que de fourrer continuellement son nez dans les affaires d'un Sahel qui mène sa barque tranquillement, hors de portée de tout état de nuire. Qu'il s'occupe de la France qui décroche.
Et c'est là que l'Histoire bégaye, mais en sens inverse. Hier, Paris donnait des leçons de démocratie au Sahel. Aujourd'hui, c'est le Sahel qui peut en donner à Paris.
Car nous, Sahéliens, nous avons réussi là où les Français peinent encore : nous avons osé dire non à des dirigeants incompétents, à des présidents-rois illégitimes qui confondent la patrie avec leur personne et la souveraineté avec leur carrière. Nous avons repris notre patrie au prix de sacrifices assumés. Nous avons préféré la dignité dans la pauvreté à l'opulence dans la soumission.
Alors, haro sur la France de Macron, oui, mais haro pour mieux aider la France des Français. Aidons-les à défendre leur patrie contre ceux qui l'ont mise à genoux. Aidons-les à retrouver le courage de la rupture. Nous l'avons fait. Ils peuvent le faire. Et c'est ainsi que les peuples qui veulent s'émanciper de la tyrannie s'apprennent les uns aux autres la liberté et se transmettent le flambeau de la souveraineté véritable.


La Rédaction

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