Au Mali, le sentiment anti-français gagne du terrain

10 Jan 2020 - 17:59
Mis à jour: 7 ans
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Au Mali, le sentiment anti-français gagne du terrain
Les manifestations réclamant le départ des forces étrangères se sont multipliées ces derniers mois. Certains y voient le résultat d’une manipulation.

L’hymne malien résonne sur la place de l’indépendance de Bamako, la capitale. La main droite sur le cœur, un homme brandit une pancarte proclamant « A bas la France ». Vendredi 10 janvier, le drapeau français brûle sous les cris de près de 1 000 personnes rassemblées à l’appel d’organisations de la société civile et de personnalités politiques pour demander le départ de l’opération Barkhane et des forces internationales de leur pays. Des manifestations qui se multiplient depuis quelques mois.

Alors que les présidents des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) sont attendus en France, à Pau, lundi 13 janvier, pour « éclaircir leur position » vis-à-vis de l’opération Barkhane, le sentiment anti-français gagne du terrain au Mali. « Ce n’est pas contre le peuple français que nous sommes en colère, mais contre la politique de son Etat », insiste un technicien opposé à l’intervention de l’armée française dans son pays depuis 2013. Lui qui ne rate pas une manifestation et refuse de s’approvisionner dans les stations essence Total, fustige la durée de l’opération Barkhane et son manque de résultats. « Comment voulez-vous que l’on comprenne que la cinquième puissance mondiale, avec tous les moyens techniques et technologiques à sa disposition, n’arrive pas à arrêter des bandits sur des motos ? », interroge-t-il.

Une pétition pour une intervention russe

De cette impatience est né le Groupe des patriotes du Mali (GPM). Ses membres n’ont pas oublié le 30 janvier 2013, quand l’armée française est entrée dans Kidal, ville du nord du Mali connue pour être le fief des rebelles, « et qu’ils ont empêché les soldats maliens de les suivre », ajoute Seydou Sidibé, du GPM. Aujourd’hui en première ligne dans l’organisation des manifestations, ils sont également à l’origine d’une pétition réclamant une intervention russe signée, selon eux, par huit millions de Maliens. Selon un sondage publié mercredi 11 décembre par le site Maliweb.net, une aide russe « pour sortir définitivement de la crise » aurait la faveur de 89,4 % des Maliens, et 80 % de la population aurait une opinion défavorable de la France. Pourtant, cette enquête a été uniquement réalisée « dans le district de Bamako ».

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Pour l’heure, le ressentiment contre l’ancienne puissance coloniale fait plus de bruit que de mal. Les manifestants se présentent en général par dizaines, tout au plus par centaines dans les cortèges à Kati, Kayes, ou autour du rond-point de l’indépendance de Bamako. Selon Baba Dakono, chercheur au sein de l’Institut de recherche et de sécurité (ISS), l’impopularité française est à relativiser. « On entend de plus en plus de gens contre l’intervention française ou contre l’intervention étrangère tout court, convient-il dans un entretien avec le média malien Studio Tamani. Des voix très audibles, qui donnent l’impression qu’il s’agit d’une opinion majoritaire, mais lorsque l’on se rapproche des théâtres d’opération, les gens vous diront qu’il y a des choses à améliorer mais que sans eux, les choses seraient pires. »

La grogne est multifactorielle

La critique portée par une partie de la population est « légitime » selon un diplomate européen en poste à Bamako. La grogne est multifactorielle, avance-t-il, et résulte notamment « de l’écart perçu entre l’évolution de la situation et l’ampleur des moyens consacrés par la communauté internationale ». Un manque de compréhension qui réveille les démons de la colonisation chez certains et que d’autres n’hésitent pas à utiliser pour diffuser de « fausses informations » d’après le diplomate. Ainsi le célèbre chanteur Salif Keïta accusait-il la France de soutenir le terrorisme, dans une vidéo publiée le 14 novembre.

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Si certains se mobilisent pour dénoncer les méfaits présumés de l’intervention française, à l’image du GPM, le bruit court à Bamako que les manifestations sont le résultat d’une instrumentalisation. C’est ce qu’affirme Mamadou Sinsy Coulibaly, patron du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). Connu dans le pays pour son engagement contre la corruption et son franc-parler, il affirme qu’une petite frange de la société malienne opposée à la présence française est « manipulée par ceux qui ont échoué à résoudre la crise dans le monde politique, et qui souhaitent maintenant remettre sur d’autres la faute. De l’argent est viré à des leaders d’opinion pour l’organisation de marches et la galvanisation du sentiment anti-français ».

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Un argument qui rappelle les propos d’Emmanuel Macron, le 4 décembre 2019, depuis le Royaume-Uni. « Je ne peux, ni ne veux, avoir des soldats français sur quel que sol du Sahel que ce soit, alors même que l’ambiguïté persiste à l’égard de mouvements antifrançais, parfois portée par des responsables politiques », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse. Soucieux de calmer le jeu, le président Ibrahim Boubacar Keïta a exprimé sa « gratitude » envers les forces internationales, lors de ses vœux à la nation, le 31 décembre, et appelé à ne pas confondre les Maliens avec « une minorité d’activistes, de francs-tireurs ou de forces centrifuges qui cherchent à faire feu de tout bois, y compris le jeu des terroristes ».

Source: https://www.lemonde.fr/

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Commentaires (108)

User
Mali-Chez Nous
Mali-Chez Nous 7 ans
En se fiant aux résultats sur le terrain depuis 7 ans, ce serait très malhonnête de ne pas pouvoir reconnaître l'inefficacité de toutes ces forces étrangères chez nous. Il leur fallait peut-être un demi-siècle pour nous prouver leurs utilités. Depuis qu'elles sont arrivées, nous avons plus de groupes terroristes, plus d'attaques terroristes, plus de violences et plus de victimes militaires et civiles.... C'est le résultat qui compte, on s'en fout de tous les détails à caractère subjectif. Les forces françaises tentent de mystifier la guerre contre le terrorisme en écartant les FAMA et en côtoyant des djihadistes de Kidal comme leurs partenaires. La logique veut qu'un pays allié ou partenaire des terroristes est aussi un pays terroriste. Voilà pourquoi ça ne fonctionne pas depuis 7 ans, et ça ne va jamais fonctionner même pour un siècle. Ma preuve est que les djihadistes de Kidal ne se sont jamais directement attaqués aux forces françaises depuis sept ans, parce qu'ils sont des alliés. Toutes les grandes caches d'armes de ces djihadistes sont dans cette région au vu et au su de l'armée française La Russie a détruit tout un Etat Islamique en se battant côte à côte avec les troupes Syriennes et Iraniennes. Les forces françaises sont au Mali à tourner en rond en changeant de nom à chaque 2 ou 3 ans, mais avec le même résultat....
Le Roi Biton de Segou
Le Roi Biton de Segou 7 ans
SABALI!!!!
Amadou DIARRA, Ingénieur des Mines
Amadou DIARRA, Ingénieur des Mines 7 ans
Kinguiranke, je ne te parle pas de grade mais de la valeur intrinsèque de l'homme Keba SANGARE. Le grade de colonel major ou de général n'a pas plus de valeur car il est distribué par nos autorités comme des cacahouètes.
yugubané
yugubané 7 ans
Ce Kéba SANGARÉ est-il celui qui était à la Gendarmerie Nationale au début des années 80 ? Je serais étonné qu'il ne soit pas à la retraite depuis longtemps !
Sangare
Sangare 7 ans
Yugubane Sangare n'a jamais habité en France. Il travaille dans un groupe international qui le fait déplacer de pays en pays en fonction de ses activités. Je suis à mon cinquième pays, dans un pays de l'Afrique de l'ouest, depuis 1998,après des années au GABON, Congo, Cameroun. J'y est intégré à travers un concours par le biais d'une annonce de JEUNE AFRIQUE. J'y vais en France pour des séminaires. QU'EST-CE QU'UN SENTIMENT ANTI- FRANCE ? S'attaquer aux ressortissants français, brulés leurs habitations, boycotter leurs produits ? Ou s'en prendre à la politique française en Afrique,critiquer son incapacité à laisser ses colonies se gérer SOUVERAINEMENT? Au jour d'aujourd'hui, aucun français n'a été attaqué au Mali, aucune initiative pour boycotter les produits français,les français se sentent très bien au Mali. Ce que nous faisons sur maliweb est reflété par certaines critiques en France. NOUS NE FAISONS QUE S'EN PRENDRE À UNE POLITIQUE, PAS À UN PAYS OU UN PEUPLE. C'est la politique de l'État français que nous critiquons,pas le peuple français. C'est la politique initiée et cultivée par le GENERAL DE GAULLE à partir de 1958 que nous dénonçons, pas les relations du peuple français avec le peuple africain. DE GAULLE a laissé comme héritage à ses successeurs, pour permettre à la puissance française de se perpétuer, le NÉOCOLONIALISME. DE GAULLE était-il anti américain quand il a demandé et obtenu le départ de l'armée américaine installée après la deuxième guerre mondiale? Les hommes politiques français qui critiquent la présence de l'ARMEE FRANÇAISE en Afrique sont ils anti français ? Nous agissons pour redonner à notre continent toute sa liberté et sa dignité car un pays ne peut s'épanouir que s'il est libre. Nous nous exprimons contre la France comme si nous exprimons contre nos autorités politiques. TOUT COMME DE GAULLE A EXPRIMÉ SON PATRIOTISME CONTRE LES ÉTATS-UNIS, NOUS EN FAISONS DE MÊME CONTRE LA FRANCE. C'est la France qui exprime un sentiment anti africain en refusant de donner des Visa aux citoyens africains qui ne font qu'exprimer leurs patriotismes contre la politique française au Mali. On ne cherche qu'un partenaria GAGNANT-GAGNANT,pas exprimer de l'animosité envers le peuple français. Par contre, les citoyens africains qui nous critiquent manifestent un sentiment d'assimilation à la culture française. Ils pensent très juste que la France continue sa politique de néocolonialisme. Ils sont plus français que les français. Des Esclaves de l'ère moderne. OSER LUTTER,C'EST OSER VAINCRE! La lutte continue.
Amadou DIARRA, Ingénieur des Mines
Amadou DIARRA, Ingénieur des Mines 7 ans
Kinguiranke, il faut aller dire çà aux défenseurs de la politique et de la gouvernance actuelle car moi j'en ne suis pas. Nous sommes du même avis alors je ne sais pas qu'est ce qui nous oppose, j'espère que ce n'est pas parceque j'ai cité le nom du vaillant général de merite Keba SANGARE ? il n'est pas le seul dans l'armée Malienne, mais il a montré qu'il est prêt à former, à galvaniser ses troupes, à se sacrifier pour sa patrie et il faut te renseigner il est actuellement au front. Le général de merite Keba SANGARE est commandant d'une compagnie des fantassins sur le terrain.
Kinguiranke
Kinguiranke 7 ans
Dans la grande muette il ne faut pas croire a un seul homme meme s'il est colonel ou general, travaillons pour une armee unie et forte malgre les conneries de Boua et son gouvernement comme son Assemblee Nationale. Nous allons aboutir a notre liberte et notre dignite de peuple!
Nfp
Nfp 7 ans
Yugubane "Je ne parle même pas de SANGARÉ qui se la coule douce en France et qui n’est pas prêt à renoncer au RMI !! ????????" Attention mon frère, le cas de sangare est très différent !!??? LUI, à l'inverse de RINZ ou de moi-même, ne vit pas en France colonialo-imperialiste? par choix, IL EST EN MISSION SECRÈTE !!!??????????? En fait, il "INFILTRE" l'ennemi esclavagiste, et il espionne discrètement les AGISSEMENTS et les BASSES MANOEUVRES anti-mali des services secrets français !!!???????????? Ne confond pas : IL EST EN MISSION LÀ BAS !!??????
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