Quelle monnaie pour l’alliance des états du sahel (AES) ?

Si le leadership visionnaire des trois Chefs d’État des pays de l’AES est unanimement plébiscité dans ces pays et férocement combattu par les forces obscures se nourrissant du pillage et du mépris des droits des peuples africains, outre les résultats importants et visibles engrangés par le plan sécuritaire au sein de l’AES

1 Octobre 2026 - 12:46
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Quelle monnaie pour l’alliance des états du sahel (AES) ?

Il est fortement attendu de ces autorités providentielles des actions fortes en matière de souveraineté monétaire, afin  de couper définitivement le joug de cette dépendance absolue que constitue la persistance de la zone franc en Afrique.

De l’étalon et du numéraire dans la zone franc

Nous avons compris que par souci de précision, il faut substituer à l’appellation empirique de monnaie, les concepts d’étalon et de numéraire plus précis et adaptés pour parler des deux fonctions spécifiques attachées à la monnaie. Pour chaque fonction, la monnaie a un rôle précis et cela évite des discussions inutiles sur l’utilité de la monnaie ou son inutilité et cela quel que soit le support qui est pris en compte.

L’étalon aujourd’hui en vigueur dans la zone franc est l’euro, la référence de la valeur qui est mesurée dans l’économie des pays utilisateurs du FCFA. Cet étalon correspond, à titre de comparaison avec le système métrique, au mètre.

L’unité usuelle, pratiquée au cours des opérations de mesure est le FCFA qui représente un sous-multiple de l’euro en étant sa 656 ème partie vaut 1 / 656 Euro =  0,00152 euro = FCFA, ce qui représente environ la millième partie de l’étalon qu’est l’euro. C’est comme si dans le système métrique, on choisissait d’utiliser le millimètre pour mesurer la longueur étant donné que l’étalon est le mètre.

Les pays de l’AES ont besoin d’un étalon monétaire, indépendant de l’euro, qui est aujourd’hui en vigueur après avoir été substitué au FF en 1999 et à toutes les anciennes monnaies européennes des pays aujourd’hui membre de l’Union Européenne.

 De la nécessité de fixer les concepts d’étalon et de numéraire

Il faut un étalon pour l’économie de l’AES, indépendant de tout étalon d’un pays qui finit par lui imposer des conditions inutiles et couteuses durant toute la vie.

Nous dénommons cet étalon : Sahel.

Nous allons décider que le Sahel vaut un milligramme d’or soit 0,001 gr d’or.

A date du 30/7/2026, le lien entre le Sahel et les étalons étrangers comme l’euro apparaît clairement. Ainsi :

1 Sahel = 0,001 gr d’or = 0,114416 euro = 0,114416*656 FCFA =75 FCFA

Le numéraire de l’AES doit être choisi de façon à permettre de reconstruire totalement et entièrement toute quantité de FCFA sans aucun besoin d’arrondi quelconque qui va introduire des hausses de prix.

Donc il serait préférable de fixer la valeur du numéraire exactement comme celle du FCFA. Ainsi, le Liptako est ce numéraire aura une valeur fixée comme suit :

1 Sahel = 0,114416 euro = 75 FCFA = 75 Liptako.

Donc le Liptako est une quantité de l’étalon Sahel et vaut :

1 Liptako = Sahel / 75 = 0,01333 Sahel.

Propriétés du Sahel et du Liptako

Le Sahel, qui est une simple définition conventionnelle, ne sera pas matérialisé. Cependant, le Liptako le sera, en tant que monnaie circulante à l’intérieur des pays de l’AES, exactement comme le défunt FCFA qu’il remplace, quand l’euro n’est pas également visible dans l’économie des pays du FCFA. Cette monnaie Liptako est utilisée uniquement à l’intérieur des pays utilisateurs et sa détention à l’extérieur n’engage pas les autorités monétaires de l’AES.

En effet, cela évitera la débauche d’énergie inutile qu’a connue la BCEAO qui avait eu toutes les difficultés du monde à rapatrier ses billets qui fuyaient la zone franc, pour se trouver en errance à travers le monde et en entendant d’être transféré au Trésor français pour remboursement conformément aux accords monétaires de la zone franc.

Si cette monnaie circulante du Liptako est victime de sabotage, ce sabotage sera vite circonscrit et ses effets seront secondaires par la vigilance accrue de la part des autorités et de leurs populations qui en sont utilisatrices.

Le Sahel, monnaie immatérielle ne pourra pas être l’objet de sabotage ou d’attaque criminelle, pendant que le Liptako, matérialisé, qui ne circulera que dans les pays utilisateurs, sera facilement contrôlable contre les pratiques ennemies habituellement connues.

Les opérations financières avec l’extérieur sont entretenues sur la base des échanges réels de biens et services et des devises nécessaires au cours de ces transactions internationales où il ne sera d’aucune utilité de vouloir défendre le cours du Sahel.

Ainsi, toutes les ressources des pays de l’AES seront utilisées à des activités utiles pour créer en toute liberté la richesse. Par ailleurs, un prix de 10 FCFA sera affiché pour 10 Liptako et un prix de 1000 FCFA sera affiché 1000 Liptako. Aucune manipulation à caractère inflationniste ne sera observée et la population sera protégée contre ces hausses de prix déclenchées par le mécanisme des arrondis lors des achats.

La transition du FCFA au Liptako

Si la masse monétaire est de 3 000 milliards de FCFA, cela correspond tout simplement à 3 000 milliards de Liptako, soit : 3 000 milliards de Liptako = (3000 milliards/ 75) Sahel = 40 milliards de Sahel = 40 millions de gr d’or = soit 40 Tonnes d’or et correspondant aux devises que le Trésor français a encaissées en échange des billets du FCFA dont l’AES, l’héritier des FCFA, n’a plus besoin. La comptabilité de la Banque centrale de l’AES devra montrer dans les actifs la disponibilité d’une valeur de 40 tonnes d’or dans son bilan en échange de la masse monétaire de 3 000 milliards de FCFA restitués au Trésor français.

Les autres opérations de régularisation avec la France devront suivre selon les mêmes mécanismes de transparence.

Les erreurs à éviter

Lorsqu’on écrit : 1 Sahel = 1200 FCFA = 1,82 euro = 2,17 $ US = 1,59 £, avec à l’idée d’avoir une monnaie Sahel forte, plus forte que le FCFA, ou l’euro ou le $US, il s’agira d’expressions guidées par la passion et non par une raison quelconque.

La monnaie n’a aucun besoin d’être forte ou faible. Cependant, si l’autorité monétaire ne respecte pas ses engagements institutionnels, la monnaie perd de son attrait auprès des populations, ce qui se manifeste par des fuites devant la monnaie et un affaiblissement continu de celle-ci sur tous les marchés.

Dès le départ, il faut comprendre que le Sahel, comme étalon des pays de l’AES, ne peut être comparé qu’à des étalons étrangers comme l’euro ou le $US.

Il ne doit pas être comparé au FCFA, le numéraire d’un autre pays. La mise en œuvre d’une telle directive ouvrira la porte à un échec rapide et immédiat dès les premières heures de l’annonce des mesures monétaires. En effet, sur le marché, les prix des nombreuses denrées compris par exemple entre 5 FCFA et 1200 FCFA ne trouveront pas de correspondants identiques dans la nouvelle monnaie.

Tous les nouveaux prix de ces nombreux articles vont connaître des hausses significatives en entrainant le reste de la consommation dans une hausse inflationniste incontrôlable. Il en sera de même pour tous les prix compris entre les multiples successifs de 1200 FCFA.  Il est donc particulièrement important de comprendre que le Liptako est un élément essentiel du dispositif monétaire de l’AES, qu’il ne faudra jamais omettre dans toute comparaison de prix avec les anciens prix en FCFA. En effet, le Liptako permet de saisir exactement la mesure minimale des valeurs dans l’économie. Ainsi, le Liptako, correspondant au FCFA, permet de saisir tous les prix au niveau approprié sans aucun choc de changement de monnaie.

La banque centrale de l’AES

La Banque centrale AES est le gestionnaire du système monétaire de l’AES. Elle est le gardien des instruments monétaires des pays de l’AES. Elle devra éviter les erreurs des autres institutions d’émission. En effet, connaissant les règles de fonctionnement efficaces de la monnaie, elle évitera des émissions de monnaie sans contrepartie et pour quelque raison que ce soit, et qui sont comparables à de la fraude contre elle-même.

En effet, nous avons vu que le poids de la monnaie est traduit à travers le dépôt consenti à son émission. Donc émettre de la monnaie sans contrepartie c’est diminuer ce dépôt, c’est modifier la taille de l’instrument monétaire ce qui correspond à une substitution frauduleuse d’un petit instrument au grand instrument initialement détenu par la population, c’est donc appauvrir la population à la manière dite de dévaluation du FCFA qui n’en était pas une, car correspondant à la diminution des mesures et du poids, une pratique d’appauvrissement de la population, créant une hausse visuelle des prix, mais cachant une baisse réelle des prix, si on savait mesurer. Il s’en découle une véritable perturbation de l’économie aux nombreuses conséquences néfastes. La Banque centrale doit donc être consciente de ses responsabilités dans l’épanouissement de la population de l’AES. Etant au service de l’Etat, les agents de cette institution devront émarger au budget public.

La banque d’investissement de l’AES

La banque AES (BCID-AES) dont la création a été officiellement lancée le 23 décembre 2025 répond à ce besoin d’investissement dans les pays de l’AES. Il s’agit d’un acteur important qui semble manquer au dispositif actuel de financement de l’économie, et principalement le financement et la coordination des investissements à long et très long termes. En effet pour des raisons d’efficacité, cette Banque va examiner la création des infrastructures structurant les économies des trois pays.

En effet, par l’analyse des risques, les secteurs de production seront priorisés dans les politiques publiques, en matière d’énergie, d’agriculture et de mines, afin de fonder la transformation industrielle de nos productions locales et engranger ainsi le maximum de valeur ajoutée attachée à ces secteurs qui ne devront plus constituer des pourvoyeurs pour l’étranger en matières premières.

Conclusion

Il s’agit ici de la proposition citoyenne de l’AES avant l’heure. En effet, en 1994, pour avoir dénoncé l’escroquerie de la mesure dite de dévaluation du FCFA et toutes les conséquences qui en découlent, l’auteur du présent article a été l’objet de tracasseries administratives en France. En réponse à cette absence de liberté d’expression, il en a fait son sujet de thèse de doctorat soutenue en 1997 et produisant par la suite plus d’une quinzaine de livres dont plus de la moitié a été traduite dans six langues européennes.

La présente contribution entre dans le cadre de cette recherche inédite sur la monnaie et l’économie fondée sur l’analyse de l’expérience des pays utilisateurs du FCFA, la monnaie étant comprise comme étant l’instrument de mesure de la discipline économique, sujet encore inconnu des meilleurs spécialistes de cette discipline qu’il faudrait renouveler entièrement.

Dr Lamine KEITA

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