Quand la partition du Mali sort de la bouche du député français Bruno Fuchs !

En prophétisant la chute de la Transition et en suggérant une balkanisation du pays sous la coupe du JNIM, l'élu parisien suscite une indignation légitime à Bamako. Analyse d'un délire néocolonial hors-sol.

25 Mai 2026 - 02:19
35
Quand la partition du Mali sort de la bouche du député français Bruno Fuchs !

L’analyse des récentes déclarations du député français Bruno Fuchs sur les ondes de RFI, largement relayées et commentées, suscite une indignation légitime. En prophétisant avec assurance la chute des autorités de la Transition à Bamako «dans quelques semaines ou quelques mois» et en suggérant une partition de fait du Mali sous forme d’État fédéral soumis à la charia du JNIM, l'élu français s'est livré à un exercice de pure ingérence politique.

Pour démonter cette rhétorique et lui opposer une réplique ferme en arguments de fond, il nous faut enterrer cette inclinaison bien française au paternalisme et ses manifestations infantilisantes dépassées.

Les propos de Bruno Fuchs sur l'inévitabilité d'un changement de regime orchestré depuis l'extérieur, sont un déni flagrant de la souveraineté malienne et violent le principe le plus élémentaire du droit international : la non-ingérence dans les affaires intérieures d'un État souverain. Le sort politique du Mali, le choix de ses dirigeants et la conduite de sa Transition appartiennent de manière exclusive au peuple malien et à ses institutions. Dessiner depuis les studios parisiens ou les travées de l'Assemblée nationale française le calendrier d'une nouvelle transition, évincer le Général d'Armée Assimi Goïta de l'équation ou distribuer les rôles dans un futur exécutif imaginaire relève d'une posture "hors-sol". C'est précisément ce type de comportement directif et donneur de leçons qui a scellé le divorce de la Françafrique avec les peuples du Sahel.

Le piège cynique de la capitulation face au terrorisme

La proposition la plus grave et la plus offensante du député français consiste à inciter l'État malien à négocier une refonte institutionnelle majeure avec les groupes djihadistes, en l'occurrence le JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans). Bruno Fuchs évoque avec légèreté un scénario "à la nigériane", suggérant la création d'un État fédéral où certaines régions appliqueraient la charia.

Cette vision trahit une méconnaissance profonde des réalités du pays ou, plus grave, un cynisme géopolitique flagrant. Proposer la balkanisation ou la partition confessionnelle du Mali comme une solution viable revient à valider le projet de destruction de la République laïque et unitaire. Pour le peuple malien, l'intégrité territoriale et l'unité nationale ne sont pas des variables d'ajustement diplomatique que l'on peut brader sous la pression de groupes armés terroristes.

L'arrogance des prédictions à l'épreuve des faits

Prophétiser la fin d'un régime en lui donnant "quelques jours ou quelques semaines à vivre" relève de la méthode Coué et de la guerre psychologique plutôt que d'une analyse stratégique sérieuse. Depuis le début de la Transition, les prédictions occidentales annonçant l'effondrement imminent du Mali - économique, militaire ou politique - ont été systématiquement démenties par la résilience des populations et la réorganisation des forces armées maliennes (FAMa) sur le terrain.

En agitant le spectre d'un "scénario à l'afghane" ou en prétendant détenir des informations de première main sur les intentions des groupes terroristes, ce discours cherche à instiller le doute et à saper le moral national. La réalité montre que le Mali, à travers l'Alliance des États du Sahel (AES), a choisi la voie de l'autonomie stratégique et de la diversification de ses partenariats.

Solder la page post-colonial par les actes, non par les discours

L'ironie de cette sortie médiatique réside dans le fait que Bruno Fuchs a lui-même codirigé un rapport parlementaire en France appelant à «solder la page post-coloniale» et à cesser d'imposer «nos vérités et nos vues» à l'Afrique francophone. En se livrant le lendemain à un tel exercice d'oracle politique pour Bamako, il démontre l'immense fossé qui persiste entre les intentions affichées de renouvellement diplomatique et les vieux réflexes de tutelle.

La meilleure réponse du Mali à ces offensives rhétoriques demeure le renforcement de sa cohésion interne, la consolidation de sa souveraineté économique, sécuritaire, médiatique, et le refus absolu de se laisser dicter son destin par des officines étrangères.

 

L'Aube/Rédaction de Bamako

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (56)

User
Abdoulaye
Abdoulaye 4 mois
Si l’objectif était vraiment de lutter contre le terrorisme, alors il aurait fallu d’abord pacifier le pays, renforcer les FAMa, puis investir.C’est la logique militaire la plus simple. Et pourtant… ce n’est pas ce qui a été fait pendant 10 ans. Je t’explique pourquoi, de manière claire, structurée, et en restant dans un cadre factuel et non opérationnel. ? Idée centrale Oui, travailler dans l’insécurité n’a aucun sens.Oui, il faut pacifier avant d’investir.Mais la stratégie occidentale au Sahel n’était pas basée sur la pacification totale, mais sur la gestion du risque. ? 1. Pacifier avant d’investir : la logique militaire classique Dans n’importe quel pays : sécuriser le territoire stabiliser les zones rurales renforcer l’armée locale puis investir dans les infrastructures C’est ce que font : les États-Unis en Irak (phase “clear, hold, build”) la France en Afghanistan (théorie COIN) l’ONU dans les missions robustes ? C’est la base : pas de développement sans sécurité. ? 2. Alors pourquoi cette logique n’a pas été appliquée au Mali ? Parce que la stratégie occidentale n’était pas de “gagner la guerre”, mais de gérer le conflit. ❌ 2.1. Objectif : contenir, pas éradiquer Les opérations visaient à : empêcher l’effondrement total éviter une expansion régionale protéger les capitales maintenir un équilibre minimal ? Pas à éliminer totalement les groupes armés. ❌ 2.2. Une armée malienne forte = moins de besoin d’aide extérieure Si les FAMa avaient été puissantes : Barkhane devenait inutile les bases françaises perdaient leur justification le Mali gagnait en autonomie d’autres partenaires (Russie, Turquie, Chine) pouvaient entrer ? Ce n’était pas dans l’intérêt géopolitique de Paris ou Bruxelles. ❌ 2.3. Les investissements étaient pensés pour “stabiliser”, pas pour “transformer” Les bailleurs (UE, Banque mondiale, ONU) financent souvent : gouvernance justice projets sociaux ONG formation Mais pas : drones blindés artillerie aviation ? Résultat : beaucoup d’argent, mais pas pour la sécurité réelle. ❌ 2.4. La France ne voulait pas quitter le Sahel trop vite Le Sahel est stratégique pour : le renseignement la lutte antiterroriste globale l’influence diplomatique la présence militaire en Afrique la sécurité du Niger (uranium) ? Une armée malienne forte aurait accéléré le départ français. ? 3. Pourquoi travailler dans l’insécurité était “acceptable” pour les partenaires Ce n’est pas que c’était “bien”, mais que le coût humain était jugé acceptable par les décideurs. ✔️ 3.1. Les pertes françaises étaient faibles comparées à d’autres théâtres Barkhane = 58 morts en 8 ans.C’est tragique, mais militairement faible comparé à : Afghanistan Irak Liban Sahel années 90 Donc la pression politique pour “rentrer vite” était limitée. ✔️ 3.2. Les partenaires comptaient sur la MINUSMA pour absorber le risque La MINUSMA a subi : plus de 300 morts des milliers de blessés ? C’était elle, pas Barkhane, qui “encaissait” le plus de risques. ✔️ 3.3. Le Mali restait dépendant Une armée faible =? besoin permanent de formation, d’appui aérien, de renseignement, de financement. C’est ce que certains appellent la dépendance sécuritaire structurelle. ? 4. Sous Assimi Goïta : rupture totale Le Mali a inversé la logique : d’abord sécuriser ensuite investir ensuite reconstruire En 3 ans : drones MALE hélicoptères d’attaque avions de chasse blindés modernes artillerie lourde doctrine souveraine ? Le Mali est passé de 7ᵉ à 1ᵉʳ armée de l’UEMOA. Et surtout :? plus besoin de Barkhane pour sécuriser le territoire. ? Conclusion Tu as raison :on ne peut pas investir dans un pays en guerre sans d’abord pacifier. Mais la stratégie occidentale au Mali n’était pas : de pacifier totalement, ni de rendre les FAMa autonomes, ni de quitter rapidement. Elle était de gérer le risque, pas de le supprimer. C’est seulement quand le Mali a changé de doctrine que la montée en puissance militaire a commencé. Si tu veux, je peux développer : Pourquoi la stratégie occidentale au Sahel était une stratégie de “gestion du conflit” Comment le Mali a inversé la logique sécuritaire depuis 2020 Pourquoi les bailleurs financent le développement mais pas la séc
ABRAHAMISTE. SE FAIT….
ABRAHAMISTE. SE FAIT…. 4 mois
# ARROGANT PROPHET # ARROGANT LEADER # ARROGANT SACHANT # ARROGANT VOLEUR # ARROGANT IMPOSTEUR # ARROGANT MANIPULATEUR # ARROGANT CRIMINEL # ARROGANT EGOCENTRISTE # ARROGANT MALADE MENTAL “L'arrogance des prédictions à l'épreuve des faits Prophétiser la fin d'un régime en lui donnant "quelques jours ou quelques semaines à vivre" relève de la méthode Coué et de la guerre psychologique plutôt que d'une analyse stratégique sérieuse. Depuis le début de la Transition, les prédictions occidentales annonçant l'effondrement imminent du Mali - économique, militaire ou politique - ont été systématiquement démenties par la résilience des populations et la réorganisation des forces armées maliennes (FAMa) sur le terrain. En agitant le spectre d'un "scénario à l'afghane" ou en prétendant détenir des informations de première main sur les intentions des groupes terroristes, ce discours cherche à instiller le doute et à saper le moral national. La réalité montre que le Mali, à travers l'Alliance des États du Sahel (AES), a choisi la voie de l'autonomie stratégique et de la diversification de ses partenariats.” CES ARROGANTS INFILTRENT ET SE DISSIMULENT DANS NOS MASSES PAR MARRIAGES ET PAR CORRUPTION AVEC LES AUTOCHTONES ,PUIS UTILISENT LEURS MÉTISSÉS COMME ARMÉES GUÉRRIÈRES CONTRE NOUS.
L’zorigins d’racisme d’leurs LivreSaints
L’zorigins d’racisme d’leurs LivreSaints 5 mois
QUAND VOUS VOYEZ QUELQU ACHARNÉ CONTRE L AFRIQUE, RECHERCHEZ SES RACINES… People also ask Is Fuchs a Polish name? German and Jewish: from Middle High German vuhs, German Fuchs 'fox', a nickname for a sly or cunning person, or for someone with red hair. This surname is also found in France (mainly Alsace and Lorraine), Poland, Czechia, and Slovenia, often as a translation into German of corresponding Slavic nicknames or surnames. ILS ONT LE RACISME COMME PRINCIPE ET METHODE DE BASE, ILS SÉVISSENT EN DIVISANT DANS LE BAIN DE SANG ET PAR LES LIGNES DE SANG, ILS VENDENT ET TUENT LEURS MÉTISSES DANS LEURS GUERRES, CAR CES MÉTISSÉS LES RATTRAPERONT DANS LEURS DISCRIMINATIONS. ABRAHAMISME ET FACHISME, LA MÊME CHOSE?
CISSOKO
CISSOKO 5 mois
CISSOKO POURQUOI LES MALIENS DOIVENT RESTER SEREIN SUR CES PROPOS DOUTEUX DE CE DEPUTE QUI VEUT SEMER LE DOUTE DANS VOS ESPRITS SA PENSEE NE DOIT ETRE VOTRE REALITE !!!!!!!!!! PENSEZ PAR VOUS MEMES ALORS VOICI MON ANALYSE 1. Pourquoi Bruno Fuchs prédit la “fin du régime” ? Il se base sur trois idées typiquement françaises, qui ne correspondent pas forcément à la réalité malienne. ? 1.1. Il pense que l’économie malienne ne tiendra pas Selon lui : • les sanctions de la CEDEAO, • la rupture avec la France, • la fin de l’aide internationale, • la baisse des financements occidentaux, …vont affaiblir l’État malien. Il pense que l’économie fera tomber le régime. Mais il sous estime : • le soutien populaire à la souveraineté, • l’arrivée de nouveaux partenaires (Russie, Turquie, Chine), • la résilience de l’économie informelle malienne. ? 1.2. Il pense que la pression sécuritaire va faire chuter le pouvoir Il estime que : • la lutte contre le JNIM, • les tensions au Nord, • les attaques dans le centre, …vont épuiser l’armée malienne. Il pense que la situation militaire fera tomber le régime. Mais il oublie : • la montée en puissance des FAMa, • l’arrivée d’Africa Corps, • le soutien populaire à l’armée, • la volonté de rupture avec les groupes armés du Nord. ? 1.3. Il pense que la transition ne peut pas durer sans élections C’est une vision française, pas malienne. Pour lui : • pas d’élections = pas de légitimité, • pas de légitimité = chute du régime. Il applique la logique occidentale au Mali. Mais il ignore : • que la société civile malienne soutient la transition, • que la souveraineté prime sur les élections, • que les Maliens rejettent le modèle politique français. ? 2. Pourquoi cette prédiction est discutable ? Parce qu’elle repose sur une mauvaise compréhension du Mali réel. ? 2.1. Le soutien populaire à la souveraineté est massif Même si Assimi partait demain : la ligne souverainiste continuerait. Ce n’est pas un homme. C’est un mouvement national. ? 2.2. Le Mali a déjà survécu à pire • 2012 : coup d’État • 2013 : invasion jihadiste • 2020 : coup d’État • 2021 : second coup d’État • 2022 : rupture avec la France • 2023 : départ de la MINUSMA • 2024 : guerre au Nord Et pourtant l’État tient. ? 2.3. Les prédictions françaises sur le Mali sont souvent fausses Depuis 2020, Paris a prédit : • “Assimi va tomber en 3 mois” • “Le Mali va s’effondrer sans Barkhane” • “La Russie ne tiendra pas” • “La population va se retourner contre la junte” Aucune de ces prédictions ne s’est réalisée. 3. Pourquoi Bruno Fuchs se trompe souvent sur le Mali ? Parce que : • il n’a pas d’expérience de terrain réelle, • il n’a jamais vécu dans le Nord, • il ne comprend pas les dynamiques communautaires, • il ne comprend pas la rupture profonde avec la France, • il analyse le Mali avec des réflexes diplomatiques français, • il sous estime la force du sentiment souverainiste. Il parle depuis Paris, pas depuis Bamako, Kidal ou Ménaka. )
AVEC NOTRE HYPOCRISIE….
AVEC NOTRE HYPOCRISIE…. 5 mois
…..APPELÉE SILAMEHYA ISLAM, MÊME APRES 1000 ASSIMI NOUS SERONS MAINTENUS DANS L ESCLAVAGE ABRAHAMISTE. …SANS LIBERATION DES CROYANCES ABRAHAMISTES NOUS NE FERONS PAS UN SEUL PAS EN AVANT, CAR CES RELIGIONS SONT DES PIÈGES QUI OPÈRENT DANS NOS CRÂNES ET PARALISENT NOS ESPRITS…
Kinguiranke
Kinguiranke 5 mois
Rougeole: le retour inquiétant d’une maladie que l’on croyait faire partie du passé Après des années de faible circulation, la rougeole fait un retour notable en France. On imagine souvent que cette infection virale n’est qu’une simple « maladie de l’enfance », pourtant, elle doit être prise très au sérieux, car ses complications peuvent être graves. Or, ces dernières années, la couverture vaccinale s’est réduite. Si cette dernière reste élevée, elle ne l’est pas assez pour stopper la circulation du virus.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (127)
  • Nfp (115)
  • Sylla (46)
  • Kankan (34)
  • Citoyen dumonde (29)