Mali: Négociations entre Bamako et Touareg reportées

08 Juin 2013 - 09:11
Mis à jour: 13 ans
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[caption id="attachment_151436" align="aligncenter" width="615"]Des leaders touareg lors d'une rencontre avec le gouvernement malien, le 7 juin 2013 à Ouagadougou © AFP Ahmed Ouoba Des leaders touareg lors d'une rencontre avec le gouvernement malien, le 7 juin 2013 à Ouagadougou
© AFP Ahmed Ouoba[/caption] (AFP) - Les négociations entre les autorités maliennes et les groupes armés touareg occupant la ville de Kidal (nord-est), qui devaient s'ouvrir vendredi à Ouagadougou, ont été reportées à samedi en raison d'une exigence de dernière minute de Bamako. Ce coup de théâtre illustre la tension observée ces derniers jours, après de violents combats sur la route de Kidal. Prévue vendredi après-midi sous l'égide du président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur pour l'Afrique de l'Ouest dans la crise malienne, l'ouverture des discussions a été reportée à samedi, a déclaré à l'AFP une source proche de la médiation. M. Compaoré reçoit à 10H00 (locales et GMT) des représentants de la communauté internationale (ONU, Union africaine, France, Suisse, etc.) qui assistent la médiation puis "à 11H00 il ouvre les négociations avec les parties maliennes", a-t-elle précisé.   La délégation commune du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), les mouvements touareg, avait pris place dans la grande salle du palais présidentiel censée abriter les discussions, de même que de nombreux diplomates. Mais la cérémonie d'ouverture a été ajournée: arrivé très en retard à Ouagadougou, l'ancien ministre Tiébilé Dramé, émissaire de Bamako pour le nord du Mali, a aussitôt demandé à être reçu par le médiateur. Selon des sources concordantes, il a demandé à M. Compaoré que prennent part aux négociations le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) et la milice d'autodéfense Ganda Koy. Des membres de cette milice loyaliste l'ont accompagné au Burkina. Le chef de l'Etat burkinabè a refusé leur participation aux discussions au titre de "groupes armés du Nord" - ce qui aurait été un casus belli pour les mouvements touareg - mais il recevra le MAA et Ganda Koy, a indiqué une source diplomatique.   Pour la médiation et la communauté internationale, l'enjeu est de trouver un accord pour permettre la tenue à Kidal, occupée par les groupes touareg, de l'élection présidentielle prévue dans tout le Mali le 28 juillet, une élection réclamée avec insistance par les partenaires du Mali, France en tête. Avant cette confusion qui a duré vendredi plusieurs heures, Bert Koenders, chef de la Minusma, la force de l'ONU qui doit prendre à partir de juillet le relais de la mission panafricaine déployée au Mali (Misma), avait exprimé son "grand espoir" que les négociations aboutiraient à "des résultats positifs".   Le MNLA et les autres groupements touareg ont refusé jusqu'à présent à l'armée et à l'administration maliennes d'entrer dans Kidal, exigeant la sécurisation du scrutin par la Minusma.   Les mouvements touareg armés occupent cette ville, berceau de cette minorité ethnique, depuis fin janvier, après qu'une intervention militaire française a mis en fuite les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui occupaient tout le Nord malien depuis 2012. Environ 200 soldats français sont stationnés à l'aéroport de la ville. Exactions [caption id="attachment_151438" align="aligncenter" width="615"]Alghabass Ag Intalla, leader de la délégation Ansar Dine, le 7 juin 2013 à Ouagadougou Alghabass Ag Intalla, leader de la délégation Ansar Dine, le 7 juin 2013 à Ouagadougou[/caption] Les groupes touareg, qui furent un temps alliés aux jihadistes, ont opposé une fin de non-recevoir à la France en faisant savoir qu'ils ne déposeraient pas les armes "avant le règlement définitif du statut de l'Azawad", nom donné par ces autonomistes à la région septentrionale du Mali.   L'armée malienne a fait monter la tension cette semaine en repartant en direction de Kidal et en délogeant mercredi, après de violents affrontements, le MNLA de la localité d'Anefis, à une centaine de kilomètres au sud. Des arrestations et expulsions de Kidal de membres des communautés noires par le MNLA, qualifiées "d'épuration raciale" par le régime de Bamako, ont précipité la décision de l'armée de reprendre l'offensive. Cependant, malgré des déclarations guerrières, elle s'est gardée de continuer sur Kidal: sous la pression de ses alliés extérieurs, le pouvoir malien a laissé sa chance au dialogue. Il faut un "délai" avant le retour de l'armée à Kidal pour ne pas compromettre une solution "très près" d'être trouvée, a estimé le président sénégalais Macky Sall dans un entretien publié sur le site internet du Figaro.   Si un accord intérimaire est trouvé sur Kidal, il restera ensuite à résoudre le problème de fond des relations entre l'Etat malien et sa région nord, irrédentiste depuis des décennies. Une fois des autorités légitimes installées à l'issue de la présidentielle, devra se renouer un dialogue entre Bamako, qui ne veut pas entendre parler d'autonomie mais de décentralisation, et les mouvements touareg emmenés par le MNLA, qui estime avoir fait beaucoup en renonçant à sa revendication d'indépendance.  

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Commentaires (19)

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gina wadosan
gina wadosan 13 ans
That's a made up story by those who hate tuaregs. Djery Maiga and some other blacks are among tuaregs. If tuaregs are racist, why do you think these black men are with them?
Ce que les maliens sont en droit d'attendre de leur gouvernement, ce sont des initiatives et des actions. Mais, il se trouve que depuis le début, le gouvernement ne fait que réagir. Le MNLA quant à lui se livre à un cirque grotesque et dramatique. Acte 1: Envoyer une délégation de figurants à Ouagadougou. Acte 2: Orchestrer une chasse aux noirs à Kidal. Acte 3: Pousser l'armée à réagir tout en sachant que la France va actionner le frein à main. Acte 4: Quitter la table des négociations après avoir ferrer le poisson. Quand Macky Sall avait proposé au gouvernement malien et à l'armée d'attendre deux semaines (car il voyait venir le coup fourré) beaucoup d'internautes maliens l'ont insulté (oubliant qu'il parlait sur la base d'informations solides). Voila où nous en sommes maliens, sénégalais, guinéens, nigériens, mauritaniens, ivoiriens, togolais, béninois... car nous sommes tous concernés et c'est dommage... De 15 jours nous passons à Sine die.
koyrakoy
koyrakoy 13 ans
Blaise n'est plus médiateur;car un médiateur doit souhaiter tous les protagonistes d'un contentieux et là il s'est totalement disqualifié aux yeux des maliens ; mais le temps nous édifiera sur le dessein de ce médiateur défenseur d'un côté.
Touré A.
Touré A. 13 ans
La première photo datée du 7juin 2013 montrant uniquement des touaregs et la seconde montrant "un leader de âne sardine" illustrent parfaitement le caractère ethnique de ces groupes d'une part. D'autre leur mutation au gré des circonstances. Le touareg ne se lave même pas durant des mois (en saison sèche froide) à plus forte raison faire des ablutions comment peuvent prétendre islamiser des pratiquants convaincus depuis des millénaires. Pour un certain énergumène goumour et moussa ag attaher si mnla n'est synonyme de touareg alors cette photo est un montage ou quoi? Pire parmi les touaregs vous êtes minoritaires (les rebelles) et ils ne vous ont jamais mandaté pour quoi que ce soit. Conclusion pas de perte de temps bottez le cul à ces salauds et allons aux élections pour développer notre Maliba un et indivisible.
Vrije Samake
Vrije Samake 13 ans
Dans tous les cas on trouvera une sorte de compromis -même temporaire-avant les élections; il y va de l'interêt des protagonistes.Même si c'est un "machin à l'eau tiède", en forme de mésures salvatrices.
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