Protection des données à caractère personnel : l’ASSEP et l’APDP outillent les responsables de presse
L’Association des Éditeurs de presse privée (ASSEP), en collaboration avec l'Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), a organisé à Bamako, les 17 et 18 septembre, deux journées d’échange sur la protection des données à caractère personnel.
Axée sur la conciliation entre la protection des données à caractère personnel, le droit au respect de la vie privée et la liberté d’expression, cette rencontre a réuni durant deux jours plus de 120 directeurs de publication membres de l’ASSEP. Selon son président, Boubacar Yalkoué, le numérique, Internet et les réseaux sociaux ont, en quelques années, profondément bouleversé nos habitudes, nos méthodes de travail et même notre rapport au temps.
« Comment concilier le droit au respect de la vie privée avec la liberté d’expression ? Cette question n’est ni théorique ni secondaire », a fait remarquer le président Yalkoué. Jusqu’où pouvons-nous aller dans la recherche de l’information ? Quelles données pouvons-nous collecter ? Lesquelles pouvons-nous publier ? Dans quelles circonstances le droit du public à l’information peut-il justifier la divulgation d’une donnée personnelle ? Où s’arrête la liberté d’informer et où commence l’atteinte à la vie privée ?
Autant de questions qui se posent quotidiennement dans les rédactions et auxquelles les professionnels des médias doivent apporter des réponses juridiques, éthiques et déontologiques. Ainsi, durant deux jours, les participants se sont familiarisés d’une part avec le cadre juridique et institutionnel de la protection des données à caractère personnel, et d’autre part avec le droit au respect de la vie privée face à la liberté d’expression, deux thématiques développées par les experts de l'APDP.
L’ASSEP est profondément convaincue que le renforcement des capacités constitue l’un des moyens les plus efficaces pour permettre à la presse malienne de relever les défis auxquels elle est confrontée. C’est pourquoi elle ne se lassera jamais de promouvoir ce type d’initiatives au bénéfice de ses membres. « Notre association ne peut se contenter de défendre les intérêts matériels et professionnels des éditeurs. Elle doit également contribuer à renforcer leurs compétences, leur professionnalisme et leur capacité à exercer leur métier dans le respect des lois, de l’éthique et de la déontologie », a souligné Boubacar Yalkoué.
La nécessité de l’équilibre de l’information
Le président de l'Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), le Pr. Mamoudou Samassékou, a de son côté insisté sur l’importance de cette problématique. Selon lui, la protection des données à caractère personnel doit progressivement devenir une véritable culture professionnelle au sein des rédactions. « Cette culture doit commencer par la sensibilisation, se poursuivre par la formation et se traduire par de bonnes pratiques quotidiennes. C’est tout le sens de cette initiative », a-t-il souligné.
S’adressant aux participants, il a indiqué que leur rôle est déterminant pour instaurer cette démarche au sein des médias. « Cette culture ne doit pas être perçue comme une contrainte supplémentaire, mais comme une exigence professionnelle », a précisé M. Samassékou. L’APDP est pour sa part pleinement consciente de la nécessité de préserver l’équilibre de l’information. « Sa mission n’est pas de limiter la liberté d’expression, encore moins d’entraver le travail des journalistes », a-t-il rappelé.
Le chef de cabinet du ministre de la Communication, de l'Économie numérique et de la Modernisation de l'administration, M. Albachar, a quant à lui mis l’accent sur l’importance de ces deux journées d’échange, qui réunissent les autorités de régulation, les responsables d'entreprises de presse et les journalistes autour d'une question au cœur de la liberté d'expression, de la protection des citoyens et de la confiance dans l'espace public. Il a également rappelé que ces échanges doivent permettre de clarifier les responsabilités, de confronter les expériences et de dégager des pratiques concrètes applicables dans les rédactions.
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par les interventions du représentant de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Mohamed Kanouté, et du vice-président de la Maison de la presse, Daouda Konaté. La rencontre a enregistré la présence d’anciens présidents de l’ASSEP, de doyens de la presse et de nombreuses personnes-ressources.
Abdrahamane SISSOKO / maliweb.net
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