FEMAFOOT : une short-list qui déçoit

Dans le cadre du processus de recrutement du nouveau sélectionneur des Aigles, la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a publié une short-list de cinq entraîneurs.

21 Mai 2026 - 10:24
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FEMAFOOT : une short-list qui déçoit

Force est de constater que ces choix laissent, pour le moment, beaucoup d’observateurs sur leur faim.

Après avoir examiné plus d'une vingtaine de dossiers, la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a retenu cinq techniciens pour mener les Aigles du Mali au cours des prochaines années : le Congolais Florent Ibenge, le Malien Mohamed Magassouba, le Marocain Badou Zaki, ainsi que les Portugais António Conceição et Anthony Da Silva. La FEMAFOOT indique que les critères essentiels de sélection reposaient sur les diplômes (Licence CAF ou UEFA Pro), l’expérience et le projet sportif. Sur cette base, une première liste de 11 postulants a été retenue. A l’issue de l’analyse approfondie des dossiers, la Commission a établi une liste restreinte de candidats jugés les plus aptes à répondre aux exigences techniques et stratégiques de la sélection nationale.

Pourtant, cette liste suscite de sérieuses réserves et met en lumière un manque flagrant de cohérence de la FEMAFOOT. On peut à ce niveau faire plusieurs constats. Tout d’abord, aucun entraîneur de calibre international (sans faire injure à ceux qui ont postulé) ne s’est bousculé au portillon des Aigles. Signe que notre sélection nationale a perdu de son attractivité. Ce n’est pourtant pas par faute de talents et de potentialités.  Plus grave encore, la présence de certains profils contredit directement les critères fixés par l’instance fédérale. C’est le cas d’Anthony Da Silva, qui n’a jamais entraîné la moindre équipe nationale lors d'une Coupe d’Afrique des Nations (CAN), à plus forte raison d'y faire ses preuves.

Ensuite, si l'on examine le parcours continental des autres candidats, le doute s’installe. Certes, Florent Ibenge, Badou Zaki et António Conceição ont déjà atteint le dernier carré d'une CAN par le passé. Mais le bilan est bien plus modeste pour Mohamed Magassouba, qui n’a jamais réussi à franchir le cap des huitièmes de finale lors de ses deux tentatives consécutives à la tête du Mali.

 Quant à Badou Zaki, s'il est le seul de la liste à avoir disputé une finale de CAN avec le Maroc, cette performance commence sérieusement à dater, puisqu’elle remonte à 2004 en Tunisie. De plus, sa présence sur cette liste fait polémique : actuellement en poste au Niger, le technicien a lui-même exprimé sa surprise de voir son nom retenu, bien qu'une source proche du dossier à la FEMAFOOT affirme le contraire.

En définitive, si l'on excepte les parcours relativement récents de Florent Ibenge et d’Antonio Conceição, aucun de ces techniciens ne fait partie aujourd'hui du gratin des sélectionneurs du continent. C’est là que réside la déception. Il est difficile d'accepter qu'une sélection comme celle du Mali (régulièrement abonnée aux quarts de finale mais ambitieuse au point de viser le dernier carré) soit incapable d'attirer des sélectionneurs de premier plan.

Cette situation traduit un problème majeur. Soit le nouveau comité exécutif de la FEMAFOOT a manqué de méthode et de persuasion lors de sa campagne de prospection, soit notre football national souffre d'un déficit d'image. Dans les deux cas, le constat est inquiétant. De nombreux sélectionneurs compétents sont pourtant disponibles sur le marché, mais encore faut-il déployer la bonne stratégie pour les démarcher.

En se focalisant sur cette liste de cinq noms, la FEMAFOOT affiche malheureusement un manque d'ambition. C’est un signal regrettable pour le football malien, qui mérite une tout autre envergure.

Abdrahamane SISSOKO / maliweb.net