Tiébilé Dramé analyse la crise malienne à la loupe : « Il nous faut un processus politique de refondation de notre démocratie »

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Lors de son intervention à la tribune  de la 13ème édition du Forum de Bamako le vendredi 15 février dernier, l’ancien ministre des Affaires étrangères et leader du parti pour la renaissance nationale (PARENA), Tiébilé Dramé a établi un diagnostic sans complaisance de la crise politico-sécuritaire que traverse le Mali depuis plusieurs mois. Dans une communication intitulée  » Crise du Nord : Négocier ? Avec qui ? Pour quels résultats ? Pour des discussions inter-maliennes inclusives « , cet ancien médiateur de l’Onu dans la crise de Madagascar appelle à  » enclencher, sans délai, un processus politique pour la refondation de la démocratie et des institutions et pour poser les jalons d’un nouveau  Pacte national de paix, de réconciliation et de cohésion « . Nous vous proposons cette intervention.

Tiéblé Dramé, un des artisans du rassemblement des forces vives du Mali

Tiéblé Dramé, un des artisans du rassemblement des forces vives du Mali

On ne le dira jamais assez : l’intervention française a stoppé une double aventure : celle des terroristes qui avaient programmé d’aller prier, le vendredi 11 janvier,  dans l’une des grandes mosquées de Mopti après avoir pris Konna , l’aéroport et la base militaire de Sévaré ; celle d’une  coalition de partis et de  groupes pro-putsch qui avaient planifié le renversement des institutions de la Transition et l’avènement d’un régime d’exception avec la mise en place d’un « Conseil National de Transition pour le Changement  » (CNTC), tel que clairement mentionné dans leur plateforme rendue publique le 8 janvier à la Maison de la Presse.

Sans même attendre l’expiration de l’ultimatum qu’ils ont adressé, par voie de presse,  au Président par intérim, à l’effet d’organiser des  « concertations nationales immédiates », les partis et groupes favorables au coup d’Etat ont lancé, à partir du 9 janvier, des manifestations violentes qui ont paralysé Bamako et dont le point culminant devait être la neutralisation du Président, dans la nuit du 10 au 11 janvier 2012 peu après la prise de Konna  par  AQMI et alliés.

Cette double aventure aurait plongé le pays dans le chaos, l’anarchie et la guerre civile avec des conséquences inimaginables pour l’existence même de notre Nation.

Les Maliens soutiennent, unanimement, l’intervention française parce qu’elle nous libère de l’humiliation et de l’oppression mais aussi parce qu’ils savent ce qu’elle nous a épargné en termes de sang et de destruction.

Après les défaites infligées aux groupes terroristes, cette opération doit se poursuivre jusqu’à la sécurisation complète de l’ensemble du territoire malien. Toutefois, la France ne doit pas être seule à supporter le fardeau de la lutte contre le terrorisme international au Mali.  L’Afrique et le reste du monde y prennent part sous la forme de la MISMA et de nombreuses  contributions volontaires en hommes, en moyens logistiques et en argent.

La  mutualisation pourrait se faire de la meilleure manière dans le cadre d’une opération onusienne dont le mandat sera clairement défini par une nouvelle résolution du Conseil de sécurité portant création d’une mission de sécurisation et de stabilisation au Mali, dont  « Serval » devrait être l’épine dorsale.

Disons-le clairement, haut et fort, Serval, la MISMA et une opération onusienne ne seront pas suffisantes pour restaurer une paix durable après le tsunami que nous avons vécu depuis cette année 2012 de malheur : rébellion, effondrement de l’armée, coup d’Etat, effondrement de l’Etat, discrédit des institutions, partition du pays,  occupation des ¾ du territoire national avec instauration d’un régime barbare et obscurantiste de négation complète des libertés et droits fondamentaux et des centaines de milliers de déplacés internes et de réfugiés.

Un indispensable processus politique doit être enclenché, sans délai, pour la refondation de la démocratie et des institutions et pour poser les jalons d’un nouveau  Pacte national de paix, de réconciliation et de cohésion.

Le processus politique visera à crever les abcès, panser les blessures,  tirer les leçons des secousses et des épreuves traversées,  dessiner les contours du Mali post-crise et poser des fondations plus solides de l’édifice sur lequel reposera notre commune volonté de vivre ensemble. Le premier volet du processus politique prendra la forme de discussions inter-maliennes pour résoudre la crise du Nord : il s’agira d’une mini-conférence nationale ou d’un congrès des communautés du Nord pour la paix, la cohabitation intra et intercommunautaire, la réconciliation et la cohésion nationales. Ce congrès regroupera les représentants de toutes les communautés du Nord : élus, société civile, chefs traditionnels, leaders religieux, dirigeants des femmes et des jeunes. Les groupes armés qui déposeront les armes et qui se plieront aux lois de la République,  dont la Constitution est la première, devront être invités à y participer.

Rappelons, pour mémoire, que la Constitution de 1992 proclame que le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale (article 25).

Le congrès des communautés du Nord ne sera pas une session de négociations entre l’Etat et les groupes qui ont pris les armes. Il concernera les représentants des communautés songhoy,  arabe, touareg, peule et ceux de la communauté noire Kel-Tamasheq.

Les conclusions de ce congrès des communautés du Nord seront soumises pour amendement et validation aux assisses de toutes les forces vives de la Nation afin de sceller un nouveau Pacte national de paix. Les questions de gouvernance et de sécurité, de représentation des collectivités,  de lutte contre le crime organisé, de développement durable, d’intégration régionale et de réconciliation/cohésion devront, être, entre autres, les sujets abordés lors du congrès.

Bruno Djito SEGBEDJI

 
SOURCE:  du   20 fév 2013.    

14 Réactions à Tiébilé Dramé analyse la crise malienne à la loupe : « Il nous faut un processus politique de refondation de notre démocratie »

  1. GORGUY

    Tiéblé est un fin théoricien. Mais qu’il sache que dans les pays Sahéliens tous les « Tiéblé » du nord qu’ils soient berbères, maures, touareg…..ont toujours considéré les Nègres du sud comme leurs esclaves. Mille assemblées générales hétéroclites des habitants du nord ne seront qu’autant de dialogue de sourd, de palabres sans fin où les « Tieblé » auront toujours le dernier mot.D’autres, Tiéblé préconisent une autre politique de décentralisation au nord. Mon DIEU, pourquoi 2 poids 2 mesures?????Pourquoi une prime à la rébellion???
    Je pense avec un bon rapport de force les insurgés vont courber l’échine
    Salut à tous

  2. maliba

    Posons – nous un instant une question? Pour quoi il y a eu coup d’État au 22 mars 2012?
    La réponse est toute simple.
    1°) c’est le silence coupable de tous les grands hommes du pays qui ne visaient que leurs intérêts aux dépens de la nation,
    2°)ce sont les mêmes personnes qui se sont retrouvés dans quelques partis en prenant ensemble un et unique chemin pour la préservation de leurs intérêts,
    3°)ces actes ont conduit tous les maux qu’une démocratie du peuple par le peuple pour le peuple et avec le peuple ne devait connaître,
    4°)ces maux comme nous le savons ont carrément mis à mal notre démocratie qui n’était en fait une démocratie de façade et au service d’une poignée d’hommes,
    5°)comme ces hommes,à cause de leurs actes, n’étaient en harmonie avec eux-mêmes et n’avaient plus confiance aux services publics qu’ils dirigeaient: leurs enfants étudient à l’étranger, y se soignent ainsi que leurs femmes qui la plupart des cas accouchent et facto leurs enfants obtiennent des nationalités.

  3. daffe

    bonne lecture de la situation

  4. TUFERAIS MIEUX D’ECOUTER CHOGEL K MAIGA. IL POSSEDE PLUS DE BON SENS: « Il faut délégitimer la rébellion pour en finir une bonne fois pour toutes. Le Mali n’a pas plus de Touaregs que le Niger, qui ne connaît pas le même problème que nous et qui est de surcroît frontalier avec la Libye considérée jusqu’à la mort de Mouammar Kadhafi comme la base arrière des rebelles touaregs », a analysé M. Maïga. Selon lui, il faut cesser de donner la prime à la rébellion et arrêter de prendre le Nord comme une zone sous-développée qui serait à l’origine des différentes rébellions. Pour lui, toutes les régions du Mali y compris celles du Sud connaissent des problèmes de développement comme le manque de route entre Bamako et Nioro du Sahel en première région, le manque d’eau potable dans la région de Sikasso, qui nourrit pourtant d’autres régions de notre pays, etc.
    « Le Nord du Mali n’est pas plus sous-développé que le Nord du Niger ou de la Mauritanie », a-t-il affirmé.

  5. fof

    haketo tu es un vrai con

  6. esni

    ON PLUS BESOIN DES POLITIQUES DE CETTE GENERATION. PLUS DE DIFFERENCE ENTRE l’OPPOSITION ET LES DIRIGEANTS CAR TOUT LE MONDE A PARTICIPE A LA DESTRUCTION DE CE PAYS.
    PAS SEULEMENT TIEBLE MAIS TOUS CES HOMMES POLITIQUES DE 1992 A 2012.
    ILS ONT RATE NOTRE BELLE DEMOCRATIE EN EN CONSENSUS POUR DETOURNER NOS MAIGRES RESSOURCES.

  7. bamako2012

    Tiébilé à toujours fait des propositions concrétes que des mal élévés se mettent toujours à injurer sans analyser les propositions c’est du n’inmpote quoi maliweb doit surveiller de près ceux qui n’apportent rien dans la construction d’une nation apaisée démocratique et digne.

  8. Et les 7 nains!

    :lol: :lol: :lol: L’ennui avec Tiébilé DRAME, c’est qu’un marabout, le Cherif de Nioro, lui a dit que s’il épousait la fille du Président Alpha, il sera lui aussi président :lol: :lol: :lol: Et depuis, il chante: les champs fleurissent d’espérance…les coeurs vibrent de confiance :lol: :lol: :lol:

  9. tijo

    merci mon président vous êtes la fierté des maliens

  10. nonalinertie

    A l’image des USA, à l’orée des problèmes logistiques et informatiques des élections du Sénégal et du Ghana, il est essentiel que les prochains scrutins soient étendus sur UNE SEMAINE AU MOINS.

  11. nibolek

    Mr Dramé, on peut être ami de quelqu’un sans pour autant le suivre aveuglement et gober tout ce qu’il dit et fait. Dioncounda ne sera pas candidat, l’ADEMA va bientot éclater en mille morceaux, alors éloignez-vous de ce parti.

    • HAKETO

      Ce monsieur quand tu le vois tu as l’impression qu’il est intelligent mais hélas derrière cette belle carrure se cache une idiotie indescriptible. Sans quoi d’où viendrait cette guerre civile dont vous faites allusion à partir du moment où les masse critique de la population est acquise pour la belle et noble cause.
      Ce que Tièblé ignore est hostilité politique qui devient de plus en plus rude.
      Et ce qu’il a volontaire omis est qu’on aborderait les questions de classe sociale comme critère de choix de président pour la destinée du Mali. Toute chose qui nous éviterait des opprobres infligées aux nobles par les hommes de caste de par leur inconsistance.

      • bamako2012

        Haketo, soyons digne dans vos propos Tiébilé Dramé est descendant d’une grande famille maraboutique qu’on appele Dramé-Kandji dans le Diafounou, tous les hommes politiques maliens savent qu’il est un surdoué en politique, c’est lui qui demandait aux partis politiques maliens de ne pas baisser leurs drapeaux devant ATT, c’est lui qui a démandé en 2007 à ATT de ne pas briguer un second mandat car il allt sortir la petite porte,en signe de répresaille ATT est parti déclaré sa candidature dans la ville natale de Tiébilé Dramé a Nioro du Sahel.
        Ou sont ceux qui applausissaient ATT comme messy.Il a dit qu’on a echappé à une guerre civile ce n’est pas faux si les djihadistes prenaient mopti et sévaré les pro-puchistes s’emparaient de Bko ou seront nous?Respectez chaque citoyen c’est ça la valeur malienneet des écrits injureux.

    • daffe

      nibolek, c ps la position de ladema ke Tiebilé defend ici mai plutot ses propres convictions