À l’heure du Mali : L’immatériel au service du Mali Kura
Bâtir un Mali Kura n’est plus un slogan : c’est la trame de la refondation de l’État malien, à un moment où des projets funestes tentent de l’ébranler. Les sceptiques d’un Mali souverain, en lutte pour préserver le socle de son identité ancienne et profonde, continuent de prédire une plongée abyssale sans retour. Mais le vieux pays tient. Il avance sur un terrain semé d’embûches, sous une cascade d’attaques barbares et lâches, fruits d’un terrorisme mûrement réfléchi pour devenir l’arme fatale de la dislocation des États africains en quête de dignité..
Si le Mali résiste, c’est parce qu’il incarne des valeurs ancestrales solides, taillées dans le roc des royaumes et empires qui ont marqué son histoire. Le renouveau du Mali s’adosse à ces valeurs que le Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, s’attache à préserver à travers le Programme national d’Éducation aux Valeurs (PNEV), lancé le 23 avril 2024 au Palais de Koulouba. Sa vision est claire : réaffirmer les valeurs culturelles et traditionnelles du Mali comme fondement de la refondation nationale, afin de forger un citoyen nouveau, porteur de son identité culturelle, capable de relever les défis contemporains.
C’est le lieu d’ouvrir une fenêtre sur la Vision Mali Kura Ɲɛtaasira Ka Bɛn San 2063, notamment l’objectif spécifique 4.1.3 de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033) : « Faire émerger un citoyen malien doté de vertus et de hautes qualités humaines et sociales, toujours prêt à répondre “présent” à l’appel de la patrie ». Plusieurs politiques convergent vers cet objectif : la Politique nationale de la citoyenneté et du civisme (2024-2028), le Programme national d’Éducation aux Valeurs, la Charte d’Éthique et des Valeurs du Mali, ainsi que les recommandations des États généraux de la Jeunesse (EGJ) sur la citoyenneté et le civisme.
En regardant dans le rétroviseur, il faut reconnaître qu’un Maliden kura se dresse désormais sur le champ d’honneur, prêt à défendre la patrie. Les Maliens savent qu’une nation se forge en transcendant les difficultés, qu’elles soient conjoncturelles — terrorisme, changements climatiques, flambée des prix des denrées — ou structurelles, nées des réformes en cours.
Conscients qu’on ne peut vivre d’amour et d’eau fraîche, les Maliens acceptent le sacrifice ultime pour leur pays. Ils puisent leur résilience dans l’héritage ancestral. La culture et la religion nourrissent chaque jour l’élan de sauvegarde de la patrie. C’est le sens de la Journée du Rassemblement national pour l’unité des musulmans, organisée samedi dernier par le Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) sous le thème : « Rôle et place de la foi dans la quête du dialogue, de la solidarité et de la préservation de l’unité nationale ».
Les fidèles, réunis sous l’égide du président du HCIM, Chérif Ousmane Madani Haïdara, et en présence du parrain de l’événement, le Général de corps d’armée Ismaël Wagué, ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, ont invoqué la paix et la concorde. Ce moment de communion a mis en exergue le poids de la foi, du dialogue et de la solidarité pour le vivre ensemble, dans le respect des diversités et des religions, au service d’un Mali uni et indivisible.
Cette quête d’un Mali porté par ses fils et ses filles s’appuie sur la conservation et la transmission des valeurs à travers de grandes initiatives politiques, telles que l’érection de l’année 2025 en année de la culture, ou encore 2026 comme année de la culture et de l’éducation. Dans ce sens, la Transition a donné une force particulière à deux événements majeurs de ce mois de juin, en présence du Premier ministre, Chef du Gouvernement.
D’abord, les Journées nationales du patrimoine culturel, dont la cérémonie d’ouverture, le jeudi 18 juin 2026, a été présidée par le Général de division Abdoulaye Maïga. Le thème : « Rôle et responsabilité du Corps des Danbe Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel » illustre la volonté d’orienter les nouvelles générations vers un chemin vertueux. Le Chef du Gouvernement a rappelé le passé glorieux du Mali, terre de rencontres et de civilisations issues de grands empires, riche d’un héritage culturel exceptionnel.
Ensuite, le mardi 9 juin 2026, la cérémonie d’ouverture des activités de la Journée internationale des Archives, également présidée par le Premier ministre. La Transition met en avant la préservation des archives comme un devoir national, à l’heure de l’intelligence artificielle et du numérique. Les archives touchent au cœur de nos souvenirs et des actes posés par nos devanciers.
L’AMAP joue ici son rôle de gardien de la mémoire collective nationale, avec les archives de L’Essor, de l’agence de presse et de Kibaru. En cours de numérisation, elles rappellent que de grands hommes et femmes ont laissé un héritage immense, dont la Transition et l’ensemble des Maliens usent avec délicatesse pour porter le combat de la souveraineté — sur le plan matériel comme immatériel.
Alassane Souleymane