Inculpé pour injures et menaces : Adama Diarra dit Ben le Cerveau prend 5 ans dont un an assorti de sursis
Arrêté pour menaces et injures par le biais d'un système d'information, Adama Diarra dit Ben le Cerveau était à la barre de la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako, le lundi 27 juillet 2026
Mise en délibéré pour une semaine, il a été reconnu coupable le lundi 3 août 2026. Ainsi, Ben le Cerveau a pris 4 ans d'emprisonnement ferme et une année de sursis.
Rappelons les faits : Courant 2024, le collectif pour le Renouveau du peuple et la Lutte contre la Délinquance Juvénile a constaté sur les réseaux sociaux, un message audio largement partagé dans lequel sont tenus des injures et propos menaçants à l'endroit des autorités de la transition.
Ainsi, à la date du 27 février 2024, le collectif ci-dessus visé a adressé une lettre au Procureur de la République du Pôle National de lutte contre la Cybercriminalité pour dénoncer ces propos qui violent les textes pénaux de leur point de vue. Une enquête a été ouverte à la suite de laquelle, l'une des voix a été identifiée comme celle du sieur Adama Diarra dit Ben le Cerveau. Il a été interpellé pour enquête. C'est ainsi qu'une unité d'enquête a été saisie pour procéder aux investigations nécessaires.
Après l'enquête préliminaire, il a été déféré par devant le Parquet du Pôle National de Lutte contre la Cybercriminalité qui a opté pour l'ouverture d'une information judiciaire contre lui pour injures et menaces commises par le biais d'un système d'information. Tant à l'enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur, l'inculpé a confirmé que l'une des voix dans l'audio incriminée est la sienne et a simplement présenté pour ce faire ses excuses qu'il a estimé sincères.
Ces faits sont constitutifs d'infraction pénale conformément aux dispositions des articles 20 et 21 de la loi N°2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression contre la Cybercriminalité au Mali. Aux termes des dispositions de l'article 20, "Quiconque profère une menace par le biais d'un système d'information, de commettre une infraction pénale envers une personne est puni de la réclusion de 5 à 10 ans et d'une amende de 1.000.000 à 10.000. 000 de FCFA". L'article 21 renchérit en précisant que «Quiconque profère une injure par le biais d'un système d'information envers une personne est puni d'un emprisonnement de six (06) mois à deux (02) ans et d'une amende de 1.000.000 à 10.000.000 de FCFA ou de l'une de ces deux peines». Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé 10 ans d'emprisonnement ferme contre l'inculpé. Pour sa part, le contentieux de l'Etat a réclamé un franc symbolique au titre des préjudices subis.
Quant à son avocat, il a plaidé non coupable en demandant l'acquittement au motif que l'élément matériel de l'infraction n'existe pas.
Dans son délibéré du 3 aout 2026, la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako a déclaré Adama Diarra dit Ben le Cerveau, coupable des faits qui sont reprochés. Il a été condamné 4 ans d'emprisonnement ferme et une année de sursis.
Marie Dembélé