Mali : le bracelet électronique pour désengorger les prisons comme à la sénégalaise
L’introduction du bracelet électronique dans le système carcéral au Sénégal inspire le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme du Mali.
Une délégation de ce département a séjourné à Dakar, du 31 août au 8 septembre 2026, afin de s’inspirer de l’expérience sénégalaise en matière de surveillance électronique et de port du bracelet électronique.
Le bracelet électronique comme une alternative à la détention, telle semble être l’option que les autorités judiciaires du Mali en envoyant une délégation au Sénégal, qui a instauré cet outil dans son système carcéral. Selon le ministère de la justice, le Directeur général de l’Administration pénitentiaire (DGAP), le Général Sou Daou, le Directeur des Finances et du Matériel (DFM) du ministère de la Justice, Moussa Kissima Traore ainsi que Banzani Dembelé, Directeur de la Cellule de Planification et de la Statistique (CPS) pendant neuf jours pour s’imprégner de l’exemple du Sénégal. Cette mission, explique la cellule de communication du département de la justice, s’inscrit dans la volonté des autorités maliennes de moderniser le système judiciaire et pénitentiaire. Il faut indiquer que le nouveau Code pénal malien prévoit désormais le recours au bracelet électronique, en ce qui concerne les mécanismes de suivi, les conditions de placement sous bracelet électronique et l’organisation du dispositif. « L’objectif est de permettre au Mali de disposer d’un système adapté à son contexte juridique, judiciaire et sécuritaire, tout en s’appuyant sur les enseignements tirés de l’expérience sénégalaise », peut-on lire sur la page Meta du Ministère de la justice.
Désengorger les prisons et favoriser la réinsertion
Au-delà de la seule question de la surpopulation carcérale, le Ministère de la justice souligne que l’instauration du bracelet électronique répond également à un objectif de réinsertion sociale. En permettant à certains condamnés d’exécuter leur peine dans un cadre différent de la détention classique, a-t-il affirme, le dispositif peut contribuer à maintenir les liens familiaux et sociaux et à faciliter, lorsque les conditions sont réunies pour un retour progressif à la vie sociale. Aussi, la surveillance électronique doit parallèlement permettre aux autorités judiciaires d’assurer un suivi des personnes placées sous ce régime, dans le respect des obligations qui leur sont imposées. Pour le ministère malien de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamadou Kassogué, « le bracelet électronique apparaît ainsi comme l’un des outils susceptibles de répondre aux défis auxquels fait face le système pénitentiaire, à la croisée des impératifs de justice, de sécurité, de désengorgement carcéral et de réinsertion ». En attendant que cette mesure entre en vigueur conformément au nouveau code Pénal, cette mission au Sénégal constitue donc une étape dans la préparation de la mise en œuvre effective de la surveillance électronique au Mali.
Au Mali, l’état de la surpopulation carcérale au Mali reste critique. Elle touche la quasi-totalité des maisons d’arrêt du pays. Cette situation est largement critiquée par les organisations de défense des droits de l’Homme puis qu’elles estiment que la surpopulation carcérale constitue de graves violations des droits humains, notamment en matière d'accès à la santé, à l'hygiène et à une alimentation de qualité. Le cas le plus emblématique demeure la Maison centrale d'arrêt de Bamako (MCA). Construite à l'époque coloniale pour accueillir 400 personnes, elle a régulièrement abrité plus de 3 300 à 3 600 détenus ces dernières années, franchissant un taux d'occupation dramatique de plus de 840 %.
Face à cette urgence, les autorités maliennes viennent d'adopter une nouvelle politique pénitentiaire (2026-2030) visant à restructurer le milieu carcéral. Ce dispositif prévoit l’extension de la carte pénitentiaire, la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnationale, la radicalisation et l'extrémisme violent en prison. Enfin, la réduction de la surpopulation carcérale, avec notamment l'introduction d'alternatives à l'incarcération comme le bracelet électronique.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net