Médias : Trump a promis 410 millions de dollars à des pays africains pour l’accueil de migrants
L’administration du président américain Donald Trump prévoyait de verser au moins 410 millions de dollars à des gouvernements d’Afrique et d’Amérique latine ainsi qu’à des organisations internationales dans le cadre d’accords conclus avec des pays tiers pour l’accueil de migrants expulsés. C’est ce qu’a rapporté le 21 septembre le Washington Post, citant des documents internes du département d’État.
Depuis janvier 2025, Washington a conclu de tels accords avec 35 États ; au total, au moins 25 000 personnes n’ayant auparavant aucun lien avec ces pays tiers y ont été envoyées.
Selon le journal, l’essentiel des fonds était destiné à des organisations internationales : 179 millions de dollars à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et 124 millions de dollars au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Quatre-vingt-un millions de dollars supplémentaires devaient être versés directement à 13 gouvernements.
Selon les documents du département, les États-Unis ont conclu en décembre 2025 avec le Cameroun un mémorandum permettant à Washington d’y envoyer des personnes sans lien avec le pays. Le même jour, les États-Unis ont approuvé un programme quinquennal d’aide sanitaire au Cameroun de près de 400 millions de dollars, puis ont annoncé en janvier l’octroi de 30 millions de dollars supplémentaires au HCR dans le pays pour favoriser le retour volontaire des réfugiés et lutter contre la migration irrégulière.
Le premier avion transportant des personnes expulsées des États-Unis est arrivé au Cameroun le 14 janvier.
Le Washington Post relève que certains accords prévoyaient un paiement direct pour l’accueil de migrants. Ainsi, l’Eswatini a perçu plus de 5 millions de dollars au titre d’un accord prévoyant l’accueil de 160 personnes au maximum. Depuis juillet 2025, au moins 32 migrants y sont arrivés.
Selon le journal, ces accords ont été conclus sur fond de réforme du département d’État et de création, en 2025, d’un Bureau de la remigration. Le 18 septembre, une cour d’appel fédérale américaine a toutefois jugé que la politique d’expulsion de migrants vers des pays tiers violait leur droit à une procédure régulière, faute de leur avoir laissé suffisamment de temps pour contester leur envoi vers un autre pays.