Lutte contre le terrorisme : Comment intensifier la traque ?
L’Etat malien appuie désormais sur l’accélérateur de la traque des terrorismes et de leurs complices ou alliés. C’est ce que traduit le récent arrêté ministériel édictant un gel des biens économiques et financiers de ces présumés…malfaiteurs.
Après la phase de la mise à prix de la tête de certains chefs terroristes, c’est désormais l’étape du gel des biens et avoirs de certains Maliens auxquels l’Etat reproche certains actes. Il s’agit essentiellement du soutien manifeste, de l’apologie, de la facilitation d’actes terroristes ou d’associations de malfaiteurs.
C’est le sens de l’’Arrêté du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des finances, en date du 18 juin 2026, qui vient d’édicter « l’inscription de certaines personnes sur la liste nationale des sanctions financières ciblées ». Il s’agit de la décision prononçant le gel des biens appartenant à ces personnes, qui sont ainsi reconnues avoir mené ou participé ou jugées complices d’actes terroristes ou présumés tels.
Sont ainsi inscrites sur la liste nationale des sanctions financières ciblées pour une période de six mois renouvelables, les personnes physiques nommées ci-après Malick Konaté, né le 14 mars 1990 à Koulikoro, journaliste de profession, ayant sa résidence habituelle au Mali, avec pour dernier domicile connu Baco-Djicoroni Golf, immeuble Bama. Il lui est reproché des faits comme « soutien manifeste au JNIM et au FLA, promotion et apologie du terrorisme, association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes, facilitation de la perpétration d’actes terroristes ». Idem pour Kadidia Fofana, née le 5 juin 1984 à Bamako, ménagère de profession, dont le dernier domicile connu se situe à Tomikorobougou. Cette dame a, au début de cette Transition, occupé les fonctions de chargée de mission au ministère de la réconciliation nationale et a été une élue municipale dans une commune de Bamako.
D’autres personnes figurent sur cette liste de complices terroristes reconnus comme tels désormais. Il s’agit de Sékou Tounkara, un activiste ou influenceur bien connu sur les réseaux sociaux avec sa formule « très très très urgent… » pour débuter ces « informations les unes plus alarmistes que les autres. Il est enseignant de profession, né le 8 avril 1980 à Treichville (District d’Abidjan en Côte d’Ivoire) et dont le dernier domicile connu est au Badialan I. S’y ajoute Ismaïla Sacko, ingénieur architecte de profession, né le 1er décembre 1972 à Libreville, au Gabon, qui a eu même à occuper des fonctions de chargé de missions à la présidence de la République sous le président IBK. Il a aussi dirigé un parti politique, qui a eu maille à pâtir avec les fervents soutiens des autorités de la Transition. Vient ensuite Boubacar Soumahoro alias Bouba Fané, né le 22 mai 1983 à Bamako, économiste, finance et comptable, dont le dernier domicile connu est situé à Badalabougou.
Le plus âgé de cette liste est sans doute le magistrat Cheick Mohamed Cherif Koné, né le 25 novembre 1959 à Koutiala, dont le dernier domicile connu est Kalaban Coura Cité des Magistrats, rue 305. Ce dernier semble diriger un certain mouvement politique qualifié de «Gouvernement de Transition civile malienne en exil », dont il tient souvent des discours très critiques envers les autorités de la Transition. Il avait même, aux lendemains des événements douloureux du 25 avril 2026, ayant entraîné la mort de l’ancien ministre de la Défense, le Général Sadio Camara, adressé ses « vives félicitations » aux auteurs de ces attaques terroristes, qui ont failli précipiter le pays dans le chaos.
Il est suivi par Youssouf Doumbia alias Delfro, né le 2 février 2004 à Bamako, étudiant réputé très critique contre le pouvoir du Général d’Armée Assimi Goïta.
Il y a aussi Almouzzamil Ag Mohamed, né le 26 avril 1978 à Gourma-Rharous, dans la région de Tombouctou, chef d’entreprise comme profession et dont le dernier domicile connu est situé à Yirimadio, en commune VI du district de Bamako, il y a aussi Boubacar Sididh Ould Taleb Sidi Aly , né le 8 septembre 1966 en Mauritanie, avec pour profession fonctionnaire des collectivités territoriales ; Haballah Ag Hamzatta, né le 5 janvier 4980 à Innakafel, commune de Adjelhoc, cercle de Tessalit, dans la région de Kidal, juriste de profession, dont le dernier domicile connu est Inakafel.
S’y ajoute Mohamed Elmaouloud Ould Ramadane, né le 31 décembre 1985 à Abaradjou, cercle de Tombouctou, dans la région du même nom, un juriste de profession, dont le dernier domicile connu est situé à Magnambougou, en commune VI du district de Bamako.
Il faut préciser que l’un des plus tristement célèbres noms de cette liste est le présumé terroriste Hamada Ag Bibi, né le 31 décembre 1962 à Abéibara, région de Kidal, commerçant de profession, dont le dernier domicile connu est sa ville natale, dans l’extrême septentrion du Mali. Ce dernier a été même élu député d’Abéibara, durant plusieurs législatures sous les régimes antérieurs…. Son nom apparaît depuis les années 2000, en particulier en 2006, dans les premiers pourparlers entre les autorités maliennes et la rébellion d’alors.
Il faut signaler que l’article 2 de cet arrêté indique que « les biens et ressources économiques desdites personnes sont gelées pour une période de six mois renouvelables ». Avant que l’article 3 n’enfonce le clou en édictant que « les assujettis sont tenus au strict respect des dispositions du présent arrêté sous peine de sanctions disciplinaires et pénales ». Mais il faut souligner que presque toutes ces personnes vivent hors des frontières nationales ou sont en clandestinité. Il urge donc que l’Etat mettent en œuvre des moyens adéquats, afin d’aider, le cas échéant, à les mettre hors d’état de nuire. Il est nécessaire que les services de renseignements, les forces de sécurité, la coopération judiciaire et la diplomatie malienne doivent travailler d’arrache-pied pour l’atteinte de ces objectifs.
Boubou SIDIBE/maliweb.net