Ibrahim Badou et Mossa Ag Alhassane : Une belle rivalité entre deux élèves exemplaires

Dans un message posté sur sa page Facebook, Abdoulaye Abocar dit «Continental Blokiss», enseignant à Goundam, raconte une histoire d'émulation qu'il qualifie de « belle rivalité» entre le premier national au bac 2026, Ibrahim Badou et un autre élève, Mossa Ag Alhassane.

16 Juillet 2026 - 13:51
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Ibrahim Badou et Mossa Ag Alhassane : Une belle rivalité entre deux élèves exemplaires

Je me souviens encore de l'année 2023, lorsque j'enseignais au Second Cycle de Haribanda/Goundam. Deux élèves se distinguaient par leur sérieux et leur soif d'excellence : Ibrahim Badou et Mossa Ag Alhassane.

Chaque trimestre, ils se lançaient un défi : terminer premiers de la classe

Au premier trimestre, Ibrahim avait décroché la première place avec une moyenne de 17,29, tandis que Mossa occupait la deuxième avec 17,22. Sept centièmes seulement les séparaient. Lors de la remise des bulletins et des prix, j'avais pris une photo des deux élèves pour mes archives. Ironie du destin, c'est aujourd'hui cette même photo d'Ibrahim qui fait la une après son sacre national au Baccalauréat.

Ce jour-là, Mossa m'avait confié qu'il ferait tout pour devenir premier au deuxième trimestre. De son côté, Ibrahim me promettait de conserver sa place. C'était une compétition magnifique, fondée sur le travail, le respect et le dépassement de soi.

Je n'avais aucune préférence entre eux. Ils étaient tous les deux disciplinés, travailleurs, respectueux et obtenaient d'excellents résultats. En tant qu'enseignant, je ne pouvais qu'être fier de les avoir dans ma classe.

Au deuxième trimestre, Ibrahim conserva sa première place. Le jour de la remise des bulletins, Mossa est venu me voir avec un visage un peu sombre. Avec beaucoup d'humilité, il m'a dit qu'il tirait son chapeau à Ibrahim, car il était vraiment difficile à battre. Mais il ajouta aussitôt qu'il continuerait à travailler sans relâche jusqu'à réussir à le dépasser.

Entre eux, il n'y avait ni jalousie ni haine. Bien au contraire, ils entretenaient une belle complicité, et cette saine rivalité les poussait mutuellement à donner le meilleur d'eux-mêmes.

Mossa n'a jamais renoncé à la promesse qu'il m'avait faite. Au DEF 2023, les deux élèves ont figuré parmi les dix meilleurs de la région de Tombouctou. Cette fois-ci, c'est Mossa qui a devancé Ibrahim et qui a eu la chance de participer au Camp d'Excellence.

COMME ON LE DIT SI BIEN,

 LA VIE EST UN LONG CHEMIN

En 2026, Ibrahim Badou est devenu premier au plan national au Baccalauréat, avec une remarquable moyenne de 18,18/20.

À 00 h 27, je reçois un message de Mossa. Un message qui m'a profondément ému. Il écrivait : « Bonsoir Monsieur, j'ai eu mon BAC, mais Ibrahim m'a volé la vedette. Je suis très content pour lui. Goundam, c'est la famille. J'espère sincèrement que nous accomplirons de belles choses pour vous rendre fier. Tout le mérite revient à vous, nos enseignants. En 9ᵉ année, la concurrence entre Ibrahim et moi m'a poussé à donner le meilleur de moi-même au DEF. Vous nous avez toujours encouragés à exploiter tout notre potentiel. Merci pour votre accompagnement !»

Après avoir lu ce message, il m'a été difficile de trouver le sommeil. Les mots de Mossa étaient remplis de respect, de reconnaissance, d'humilité et d'une grande maturité.

Cette histoire nous rappelle qu'une concurrence saine ne divise pas, mais élève. Elle pousse chacun à se dépasser, à progresser et à viser toujours plus haut.

Pour moi, Ibrahim Badou et Mossa Ag Alhassane resteront à jamais deux élèves modèles. Leur parcours montre que l'on peut être de grands concurrents tout en restant de vrais amis, unis par le respect, l'humilité et la volonté de réussir. Puissent de nombreux élèves s'inspirer de leur bel exemple !

Abdoulaye Abocar