Les Maliens voteront en juillet pour la présidentielle, mais comment ?
A quatre mois du scrutin, les autorités n’ont pas encore choisi de solution technique pour l’identification des électeurs et la transmission des résultats.
« Difficile, sinon impossible, à mettre en place »
Le comité de pilotage des élections a d’ores et déjà validé cette proposition, le 23 février. Le ministre de l’administration territoriale a demandé début mars au gouvernement « de bien vouloir autoriser la conclusion du marché ». Cela n’a pas manqué de provoquer l’ire du président malien, selon l’un de ses conseillers qui dit, sous couvert d’anonymat, craindre« une prédation économique » et redouter des dysfonctionnements techniques que l’opposition pourrait pointer. Comme ce fut le cas lors de l’élection présidentielle contestée d’août 2017 au Kenya, où OT-Morpho avait fourni les tablettes utilisées pour la reconnaissance biométrique et la transmission électronique des résultats, soupçonnés d’avoir été manipulés. « L’offre retenue me semble difficile, sinon impossible, à mettre en place à quatre mois du scrutin sur un territoire où la couverture Internet et d’électricité reste faible, poursuit un proche conseiller du premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. On pourrait tout aussi bien s’orienter vers une solution peu coûteuse avec l’usage d’encre indélébile et la signature de registres, comme en France. » Associé de la société OT pour la fourniture de passeports biométriques, l’homme d’affaires malien Samba Bathily reste lui aussi circonspect et se défend d’avoir soutenu le projet d’Idemia. « J’ai investi conjointement avec OT pour les passeports, mais je n’ai rien à voir avec le dossier concernant ces élections, piloté par Morpho, dit-il. Je l’ai expliqué à Idemia : je ne crois pas en leur offre et, au regard du calendrier très serré, une solution plus classique me semble préférable pour le Mali. » Contactée, la société Idemia n’a pas souhaité réagir. Le président Ibrahim Boubacar Keïta et son chef de gouvernement devront trancher dans les prochaines semaines. Lors d’un entretien accordé au Monde fin février, le chef de l’Etat avait déclaré faire confiance à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) tout en précisant : « J’ai mission de faire en sorte que la démocratie soit confortée au Mali. Je ne peux pas prendre le risque d’un quelconque glissement du calendrier électoral. » Après des protestations de l’opposition auprès de la CENI et des autorités, le gouvernement a confié l’audit du fichier électoral à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).Quelle est votre réaction ?
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