Donald Trump annonce la reprise du dialogue avec l’Iran après avoir menacé de les « anéantir » devant l’ONU
Le président américain a évoqué une « très bonne » réunion entre des représentants de Washington et Téhéran, alors que la réouverture du détroit d’Ormuz est au cœur de l’Assemblée générale de l’ONU.
Quelques minutes : c’est le temps qu’il aura fallu à Donald Trump pour passer de la menace d’anéantir l’Iran à la tribune de l’ONU à l’annonce d’une reprise du dialogue avec Téhéran, ce mardi 22 septembre.
Selon la télévision d’État iranienne Irib, Téhéran a communiqué lors de ces pourparlers ses conditions pour une réouverture du stratégique détroit d’Ormuz.
« J’ai une grande décision à prendre : un accord sera-t-il conclu avec l’Iran ? », a déclaré le président américain devant l’Assemblée générale des Nations unies. « Ou est-ce que j’anéantis la République islamique (...) ? Est-ce que je les envoie en enfer ? ».
« J’espère qu’ils prendront les bonnes décisions avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il ajouté peu après, pendant une réunion avec des dirigeants de pays du Moyen-Orient.
Une rencontre de « trois heures »
Donald Trump a toutefois estimé qu’un accord était possible après les élections législatives de mi-mandat aux États-Unis en novembre, lors desquelles le Parti républicain risque de perdre le contrôle du Congrès en raison notamment du prix élevé des carburants à cause de la guerre. Puis il a ainsi annoncé la reprise du dialogue entre Téhéran et Washington, interrompu depuis juin.
« C’est une rencontre qui a duré trois heures », a dit le président américain, en parlant d’une « très bonne » réunion et en assurant qu’une autre discussion était prévue « dans un futur très proche ».
« Nous avons mené de longues discussions avec la délégation iranienne par l’intermédiaire des médiateurs » en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a dans la soirée écrit sur X l’émissaire américain Steve Witkoff. Ces derniers, qui « ont fait la navette entre les deux parties tout au long de la journée », « ont mené à bien un cycle de discussions qui, nous l’espérons, s’avérera constructif et prometteur », a-t-il ajouté.
Les conditions de l’Iran pour le détroit d’Ormuz
Plus tôt dans la journée, Steve Witkoff avait affirmé qu’il se sentait « très bien » à propos de ces échanges. Il a mené ces discussions avec le gendre du président américain, Jared Kushner.
Côté iranien, le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a participé à la réunion, a rapporté la télévision d’État iranienne. Selon Irib, le ministre iranien a déclaré à Steve Witkoff que les conditions de Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz comprenaient « la levée immédiate du blocus naval (américain, ndlr), le versement rapide de l’ensemble des avoirs iraniens gelés, ainsi que la fin de la guerre sur tous les fronts ».
L’intervention ce mercredi à la tribune de l’ONU du président de la République islamique iranienne, Massoud Pezeshkian, sera aussi particulièrement scrutée par la communauté internationale, lui qui a d’ores et déjà promis de « défendre fermement » les positions de son pays.
« C’est le vainqueur qui s’empare du butin »
Les autres thématiques évoquées par Donald Trump devant l’ONU ont également été émaillées de promesses de paix aussi bien que de déclarations martiales. « Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix », a assuré le dirigeant républicain, auquel les électeurs reprochent au contraire de n’avoir pas tenu sa promesse de tenir l’Amérique à l’écart des conflits du monde.
Il a notamment vanté l’opération militaire ayant conduit à la capture début janvier du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, et l’accès gagné par les États-Unis aux réserves pétrolières du pays. « C’est le vainqueur qui s’empare du butin », a-t-il commenté.
Dans l’ensemble, l’argumentaire nationaliste de Donald Trump, même belliqueux par moments, n’a pas créé à New York la même commotion que l’an dernier. Enlisé dans son conflit avec Téhéran, Donald Trump a, de manière inhabituelle, suivi son prompteur et adopté un ton plus mesuré que l’année passée dans la même enceinte.
Source: https://www.huffingtonpost.fr/