Liban, détroit d’Ormuz, accord fantôme... Le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran déjà sur un fil

Conclu sans document formel, le cessez-le-feu repose sur des engagements flous, déjà contestés par Téhéran et Washington. Ce alors que des négociations doivent débuter au Pakistan samedi.

09 Avr 2026 - 07:05
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Liban, détroit d’Ormuz, accord fantôme... Le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran déjà sur un fil

À peine annoncée, la trêve entre Washington et Téhéran paraît déjà fragilisée. Annoncé in extremis par Donald Trump, moins de deux heures avant l’expiration de son propre ultimatum dans la nuit de mardi 7 à mercredi 8 avril, le cessez-le-feu de deux semaines a exposé dès ses premières heures des désaccords majeurs entre les belligérants. Tant sur son périmètre que ses conditions d’application.

Le président américain a suspendu ses menaces de frappes massives pour deux semaines, évoquant des discussions « très avancées » et un plan en dix points proposé par l’Iran, qu’il juge « exploitable ». Téhéran a de son côté confirmé accepter un cessez-le-feu temporaire. Ça, c’est pour ce qui fonctionne.

Le Liban pomme de discorde

Mais le premier point de friction concerne le Liban. Un cessez-le-feu dans ce pays ami fait partie des « conditions essentielles » de la proposition iranienne. Le président Massoud Pezeshkian l’a rappelé lors d’un échange avec Emmanuel Macron, ce dernier estimant d’ailleurs lui aussi qu’un accord ne peut être « crédible et durable » sans extension au pays du cèdre. De la même manière, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a qualifié les frappes israéliennes de « grave danger » pour le cessez-le-feu.

Les États-Unis et Israël, eux, défendent une lecture strictement opposée. La Maison-Blanche affirme que la trêve ne concerne que l’Iran et exclut explicitement les opérations contre le Hezbollah. Un aspect confirmé par Donald Trump, qui qualifie le Liban de conflit distinct. Israël a d’ailleurs mené mercredi des frappes de grande ampleur au Liban, faisant au moins 182 morts et des centaines de blessés selon les autorités locales. Pour Téhéran, ces opérations remettent directement en cause l’accord de cessez-le-feu, au point que le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, estime que plusieurs clauses ont déjà été « violées ».

Cette divergence sur le territoire d’application de la trêve est au cœur des tensions diplomatiques. Les médiateurs pakistanais, qui ont facilité les échanges, affirment au contraire que le cessez-le-feu devait s’appliquer à l’ensemble des fronts, y compris le Liban.

Le vice-président américain JD Vance évoque de son côté un « malentendu » et assure que le Liban n’a « jamais fait partie » de l’accord. « Si l’Iran veut que cette négociation capote à cause d’un conflit dans lequel il se fait étriller au Liban, qui n’a rien à voir avec lui, et dont les États-Unis n’ont jamais dit qu’il faisait partie du cessez-le-feu, c’est son choix », a-t-il dit. Il affirme que les discussions se poursuivent et doit conduire samedi une délégation américaine au Pakistan, accompagnée notamment de Steve Witkoff et Jared Kushner.

Aucun document écrit

À l’image de cet exemple libanais et de l’incompréhension (ou la mauvaise foi) qu’il suscite, les incertitudes portent ainsi sur le contenu même de l’accord. Comme l’a concédé JD Vance, pourtant censé être au fait des négociations, plusieurs versions du plan en dix points circulent, ce qui complique les discussions.

À ces divergences s’ajoute un élément central : l’absence de cadre formel. Selon CNN, aucun document écrit ne détaille les termes du cessez-le-feu, qui reposerait uniquement sur des engagements verbaux ou informels.

Dans ce flou, Israël assure toutefois avoir été pleinement associé à la décision. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a affirmé que la trêve avait été décidée « en pleine coordination » avec Washington, précisant que son pays n’avait pas été pris de court par l’annonce de Donald Trump.

Chaque camp propose ainsi sa propre lecture de l’accord. L’Iran évoque des violations, tandis que les États-Unis assurent respecter le respecter... en excluant le Liban de son périmètre. Mais sans texte précis ni mécanisme de vérification, l’accord apparaît difficile à faire respecter et particulièrement vulnérable aux incidents.

Le contrôle du détroit d’Ormuz

D’autant que les désaccords de fond restent importants. L’Iran conditionne la signature d’un accord à la levée totale des sanctions internationales qui le visent, au maintien de son contrôle sur le détroit d’Ormuz et à la reconnaissance de son droit à enrichir l’uranium. Autant d’éléments rejetés par Donald Trump, qui affirme qu’il n’y aura « aucun enrichissement d’uranium », tout en évoquant des discussions possibles sur les sanctions.

La question du détroit d’Ormuz demeure donc centrale. Sa réouverture fait partie des conditions de la trêve, mais sa mise en œuvre demeure incertaine. Téhéran affirme que le trafic a été interrompu après les frappes israéliennes au Liban, tandis que Washington insiste sur la nécessité de maintenir le passage ouvert.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la marine des Gardiens de la Révolution iraniens a annoncé que les navires devraient désormais emprunter deux routes maritimes alternatives, longeant les côtes iraniennes, en raison de la possible présence de « mines » sur le couloir habituel plus au large.

Concrètement, les pétroliers sont redirigés vers des trajectoires passant de part et d’autre de l’île iranienne de Larak, un point stratégique du détroit souvent surnommé le « péage de Téhéran ». Ces itinéraires, déjà utilisés ces dernières heures selon les données de navigation, placent le trafic sous un contrôle accru de l’Iran.

Source: https://www.huffingtonpost.fr/

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Commentaires (3)

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Kankan
Kankan 7 mois
According to my reasoning deal is made when both parties have worthwhile options. When at least one party lack worthwhile options agreement is made. We all know agreement could be good or bad but usually compromising when for survival sake. Iran is making agreements for survival sake with Israel seizing moment under Jewish brother Trump leadership to punk Iran in any way feasible seemingly no matter how many lives are loss on either side. That is insanity. Insanity do not lastingly win wars. We are our Brothers' keepers. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
Kankan
Kankan 7 mois
We all knew supposed cease fire was not going to hold. Pakistan who supposedly is to host negotiations between Iran versus Israel plus United States verified Iran had much greater compliance to ceasefire agreement. We all knew punk Jewish would not hesitate to violate cease fire. Big surprise is Trump agreed to ceasefire for Gaza, Lebanon plus Iran but after Israel bombed Lebanon declared ceasefire in Lebanon was not part of agreement. United States was already viewed as unreliable by much of world now it's going to be at all time low. That is not good for future. Acting like punk do not ever work when United States makes diplomacy. I recall this from Vietnam unto now. As soon as North Vietnam perceived it had sufficiently diminished United States will to fight it took bold military actions to overtake plus unite whole of Vietnam unto this day. That was punk minded agreement that led to conditions showing United States diminished will to fight. I hope Mormons implications of United States varying punk mentality that have existed multiple presidential terms is on way out plus America next president will be stable applier plus enforcer of law thereof putting United States back on passage to once more being what best served it which is to be reliable. To think all this ongoing murderous wars in Lebanon, Gaza plus Iran at its base is result Israelis do not want to live in area next to Palestinians with both being sovereign nations is true but unbelievable. Everyone partaking in promoting, planning or/ plus partaking in violence to prevent like actions is despicably antihuman beyond belief. Their insanity is to degree they will find way to destroy planet without using nuclear weapons. They may be step among hundreds above Iranian old guard no one would like to have seen possess nuclear weapons. It seem they all possess punk minded insanity. We are our Brothers' keepers. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
Kinguiranke
Kinguiranke 7 mois
C' est faux il y a un document ecrit et ce sont les 20 points soumis par l' Iran au negociateur Pakistan! Le pedophile Donald Trump et le genocidaire Benjamin Hitler Netanyahu veulent semer la confusion mais il' Iran reste droit dans ses bottes!
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