Moyen-Orient : un nouveau pétrolier attaqué à Ormuz, Washington intensifie ses frappes en Iran
Pour la dixième nuit consécutive, les affrontements se sont poursuivis dans le Golfe entre l'Iran et les États-Unis. Ce mardi 21 juillet, le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), milice paramilitaire iranienne, a déclaré avoir de nouveau frappé des installations militaires américaines dans la région, ont rapporté les médias d'État.
Les Gardiens ont assuré avoir touché deux systèmes de défense aérienne et un radar sur deux postes américains distincts à Bahreïn, ainsi que des radars de défense antimissile et des systèmes de réception satellite au Koweït. "Avec ce balayage radar, l'ennemi doit se préparer à des vagues encore plus décisives et puissantes d'attaques de drones et de missiles", est-il écrit dans un communiqué.
Téhéran a également ciblé la Jordanie, qui a dit avoir intercepté trois missiles qui visaient le royaume.
Les tensions se poursuivent également dans le détroit d'Ormuz. Le CGRI a déclaré avoir arrêté deux pétroliers qui avaient emprunté la "route sud", non reconnue par Téhéran, a précisé l'agence de presse officielle IRNA.
Le centre britannique United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) a indiqué avoir reçu des rapports faisant état d'un pétrolier touché par un projectile non identifié dans cette voie navigable au large d'Oman. Une attaque revendiquée par les Gardiens de la Révolution.
"L'équipage a abandonné le navire et se trouve actuellement à bord d'un canot de sauvetage", a-t-elle précisé dans un message publié sur X.
"L'Iran et les groupes favorables à l'Iran pourraient cibler d'autres intérêts américains à l'étranger ou dans des lieux associés aux États-Unis et aux Américains dans le monde entier", a prévenu le Département d'État américain dans un nouvel avertissement adressé aux citoyens états-uniens.
Washington poursuit ses frappes en Iran
De leur côté, les États-Unis ont poursuivi leurs frappes en Iran, pour tenter de prendre le contrôle du détroit d'Ormuz et contrer la capacité de Téhéran d'attaquer les navires transitant par ce détroit.
"Les forces américaines ont frappé des centres de commandement militaires iraniens, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des systèmes de défense aérienne, afin de réduire la capacité de l'Iran à continuer d'attaquer les navires commerciaux traversant le détroit d'Ormuz", a indiqué, ce mardi, le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) dans un communiqué publié sur X.
"Les forces américaines restent déployées et prêtes à tenir l'Iran pour responsable de son agression injustifiée envers les marins civils qui cherchent à transiter librement et ouvertement par le détroit", ajoute le communiqué.
Le prix du pétrole de nouveau en hausse
Ces derniers jours, les combats se sont intensifiés entre Téhéran et Washington pour le contrôle du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale, par laquelle transite environ un cinquième de tout le pétrole brut et le gaz naturel commercialisés en temps de paix.
En conséquence, le trafic dans le détroit est quasiment à l'arrêt, ce qui a de nouveau fait grimper les prix du pétrole. Le Brent, référence internationale, a gagné 3,2 % à 90,95 dollars le baril, tandis que le brut américain de référence a progressé de 2,8 % à 84,04 dollars.
Une lueur d'espoir
Malgré cette escalade, le Pakistan, médiateur clé du conflit, semble poursuivre ses efforts diplomatiques.
Lundi, le ministre iranien de l'Intérieur, Eskandar Momeni, est arrivé à Islamabad pour deux jours d'entretiens avec le Premier ministre Shehbaz Sharif et d'autres responsables pakistanais. On ignore toutefois encore si ces discussions seront liées aux efforts de médiation du Pakistan.
Dimanche, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré aux journalistes que les États-Unis restaient ouverts à la négociation avec l'Iran mais que "cela doit être sérieux". "Si la porte de la diplomatie s'ouvre, si ceux qui veulent faire quelque chose de productif pour l'Iran l'emportent et prennent le contrôle de ce système, ou prennent le contrôle des négociations, ce serait un développement très positif", a-t-il assuré. "Ce n'est malheureusement pas là où nous en sommes ce soir."
Source: https://fr.euronews.com/