Le président tchadien confirme la mort d'Abou Zeid. Selon Idriss Déby, les forces tchadiennes ont abattu l'un des principaux chefs d'Aqmi. Mais des doutes demeurent.

01 Mars 2013 - 20:05
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_131093" align="aligncenter" width="610"]Abou Zeid, le chef d'Aqmi, ici en 2009. © Sipa Abou Zeid, le chef d'Aqmi, ici en 2009. © Sipa[/caption] Selon d'autres sources, l'un des principaux chefs d'Aqmi aurait perdu la vie dans un combat contre les forces françaises, avec une quarantaine de ses hommes. La confusion demeure autour de la mort supposée du chef djihadiste Abdelhamid Abou Zeid. Vendredi soir, le président du Tchad, Idriss Déby Itno, annonçait que les troupes tchadiennes avaient abattu celui qui est l'un des chefs les plus craints d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). "Le 22 février, nous avons perdu nos soldats dans le massif des Ifoghas après avoir détruit la base des djihadistes. C'est la première fois qu'il y a eu un face-à-face avec les djihadistes. Nos soldats ont abattu deux chefs djihadistes, dont Abou Zeid, et ils ont libéré Tessalit", a-t-il déclaré. La veille, la chaîne de télévision algérienne Ennahar rapportait que c'étaient les forces françaises intervenant au Mali qui auraient tué Abdelhamid Abou Zeid. D'après Ennahar, bien informée auprès des services de sécurité algériens, 40 combattants islamistes, dont Abou Zeid, ont été tués il y a trois jours par les forces françaises dans les contreforts du massif de l'Adrar des Ifoghas, près de la frontière algérienne. Cette information a été confirmée au Monde jeudi soir par "une bonne source proche des opérations militaires en cours dans le nord du Mali". Abou Zeid a été tué lors d'''opérations militaires en cours dans le nord du Mali", écrivait le journal sur son site internet. Selon nos informations, la mort d'Abou Zeid n'est confirmée au Mali que par les Touareg Chamanamas de Menaka, et non ceux de la région des Ifoghas. Or, la bataille acharnée qui se déroule actuellement a lieu dans le massif du Tigharghar, au coeur des Ifoghas, comme nous l'expliquions vendredi matin. Par ailleurs, il n'y a pas de confirmation pour le moment, mais il semblerait que les Algériens aient récupéré l'ADN d'un des combattants pour vérifier s'il s'agit bien d'Abou Zeid. Vendredi matin, le quotidien algérien El Khabar rapportait que des tests ADN ont été pratiqués en Algériesur deux membres de la famille d'Abou Zeid, afin de tenter de confirmer son identité.

Informations "très crédibles" (un responsable américain)

Selon un responsable américain interrogé vendredi, les informations sur la mort d'Abou Zeid sont "très crédibles". "Si cela est vrai, ce serait un coup important porté à Aqmi", a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat. Un responsable militaire français, qui n'a pas voulu s'exprimer spécifiquement sur Abou Zeid, a confirmé pour sa part qu'une quarantaine d'islamistes avaient été tués lors de violents affrontements dans la région du massif de Tigharghar sur la semaine écoulée. Dix sites logistiques et de fabrication d'explosifs ont été détruits dans l'opération, ainsi que 16 véhicules, précise-t-on. Quelque 1 200 militaires français, 800 soldats tchadiens et certains éléments de l'armée malienne combattent toujours dans le secteur du sud de Tessalit, ajoute-t-on. À Paris, le ministère français de la Défense a refusé de s'exprimer à ce sujet. Les autorités algériennes et maliennes n'ont pas confirmé l'information. "Des informations circulent, je n'ai pas à les confirmer, parce que nous devons aller jusqu'au bout de l'opération", a pour sa part déclaré le président français François Hollande, qui évoquait l'opération militaire au Mali dans un discours à Paris consacré à l'aide au développement. Dans cette allocution, il a affirmé que l'opération déclenchée le 11 janvier pour chasser les djihadistes du nord du Mali était "sans doute dans sa phase ultime", consistant à aller les chercher dans une zone montagneuse où ils sont réfugiés au nord-est du pays.

Abou Zeid, un chef cruel

Abou Zeid, d'origine algérienne, était l'émir des zones sud contrôlées par Aqmi. Ancien trafiquant devenu djihadiste, il était présenté comme l'un des chefs les plus cruels de l'organisation. On lui attribue l'enlèvement d'une vingtaine d'Occidentaux dans le Sahara ces cinq dernières années, qui ont rapporté plusieurs millions de dollars à Aqmi en paiement de rançons. On estime qu'il a procédé à deux exécutions, celle du Britannique Edwin Dyer en 2009 et celle en 2010 du Français Michel Germaneau, qui avait 78 ans. Robert Fowler, un diplomate canadien qui fut otage au Sahara, a raconté comment Abou Zeid avait refusé de fournir des médicaments à deux otages souffrant de dysenterie, dont l'un avait été piqué par un scorpion. Après la prise de contrôle du nord du Mali par des groupes d'islamistes en avril 2012, Abou Zeid avait pris le contrôle de Tombouctou, mettant en oeuvre une forme de charia extrême avec amputations et détruisant des lieux saints soufis. Des habitants de Tombouctou ayant directement traité avec lui durant l'occupation islamiste de la ville le décrivent comme un homme de petite taille à la barbe grise et à l'allure calme mais stricte, toujours armé d'une kalachnikov. Quand il a fui Tombouctou, avant la prise de l'ancien comptoir commercial par les forces françaises et maliennes, il a emmené avec lui plusieurs otages occidentaux les yeux bandés, racontent des habitants. Né en 1965 dans la région de Debdab dans la province algérienne d'Illizi proche de la frontière libyenne, Abou Zeid avait rejoint le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) durant la guerre civile des années 1990. Le GSPC est ensuite devenu Aqmi. Abou Zeid est réputé pour être sans concessions. Il serait beaucoup plus dur que son compatriote Mokhtar Belmokhtar, cerveau de la prise d'otages massive du mois dernier sur le site gazier d'In Amenas dans le Sahara algérien. La rivalité entre les deux hommes au sein d'Aqmi expliquerait, selon certains analystes, la décision de Belmokhtar prise l'an dernier de fonder sa propre brigade. Le Point.fr - Publié le 01/03/2013

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Commentaires (32)

User
abdul bah
abdul bah 14 ans
kassin bien dit
Herr mann
Herr mann 14 ans
Je ne comprends pas pourquoi Idriss DEBY revendique la paternite de la mort de Abou Zeid. Alors que tout porte a croire que cela a ete fait par un bombardement aerien du convoi des terrorristes. Donc, l'aviation tchadienne intervienne t elle au Mali?
blanche neige
blanche neige 14 ans
d'aprés Alger ,les tests ADN comparant celui d'Abou Zeid à ceux de deux personnes de sa famille sont positifs . Il est bel et bien mort :!:
coulibaly seydou
coulibaly seydou 14 ans
Bravo a ces hommes qui ont tué ce satan
Kassin 14 ans
La fuite en avant, une épopée malienne 175ème pays sur 187, voilà le rang du Mali dans le classement de l'Indice du Développement Humain 2011 publié par le programme des Nations Unies pour le développement PNUD. Après 52 ans d'indépendance, le Mali, malgré ses ressources en or, son bétail, son coton, ses cours d'eau, ses terres arables et irrigables, sa jeunesse et sa position stratégique en Afrique, reste à la traîne, relégué au banc des nations, malmené par une classe dirigeante insouciante et incompétente, il agonise de Kayes à Kidal comme un éléphanteau privé d'eau dans une savane désertifiée et abandonné par sa maman. Après le temps des indépendances et des ambitions à la Modibo Keïta, le CMLN dort sur le pouvoir en l'absence de tout projet de développement avant que l'UPDM n'endorme complètement un peuple meurtri avec ses "sections pilotes avec palme". Le ras-le-bol, qu'elle suscite au sein de la société civile et de la classe estudiantine conduit aux événements de janvier et mars 1991 et ouvre la voie au multipartisme intégrale et au pluralisme politique au Mali. Mais très vite les "démocrates" transforment le régime politique arraché dans le sang et dans le deuil en "corruption intégrale" et au "pluralisme de médiocrité", à telle enseigne qu'au Carré des Martyrs de Niarela, les victimes de mars 1991 du régime sanguinaire de Moussa Traoré ne dorment plus qu'avec un seul œil. La Médiocrité est désormais dans l'administration, à l'école, dans les centres de santé, dans les partis et associations politiques, dans l'armée, dans la police, dans la gendarmerie, au gouvernement, dans les entreprise et même dans les familles. Corruption à ciel ouvert et falsifications à gogo jusque dans les décrets présidentiels et dans la nomination de ministres conseillers du premier ministre. Partout le laisser aller, la simplicité, et la recherche du gain facile ont pris le pas sur l'ordre public, le travail bien fait et avec vocation, l'engagement et l'amour de la patrie. Les soldats sont délaissés à leur pauvre sort au front loin de leur famille, idem pour les écoliers, les malades, les usagers de l'administration, les petits fonctionnaires, bref tous les sans voix et sans recours du pays. A l'opposé tous ceux qui parlent en leur nom ne manquent pas une seule occasion pour s'en mettre plein les jabots, dans une inconscience inouïe entremêlée de moquerie pour un peuple qui les a pourtant tout donné. Les derniers spécimens de ces nouveaux charognards, ce sont les membres du Comité Militaire de Réforme de l'Armée. Voilà des officiers venus au devant de la scène publique malienne à la grâce d'un coup d'état dans un pays où la constitution l'interdit formellement, pour disent-il "restructurer" la démocratie et l'état au Mali. En neuf mois d'arrestations arbitraires de politiques et de journalistes, d'agressions encagoulées de civils et de militaires désarmés, je n'ai personnellement pas vu quelle est la partie de l'Etat ou de la démocratie malienne que ces ex membres du CNRDRE ont "restructuré". Au contraire j'ai vu le commandement de l'armée malienne se disloquer dans son PC de Gao en fin mars 2012, entraînant la fuite éhontée de l'armée malienne dans les trois régions du nord de notre pays, leur occupation par des groupes islamistes et indépendantistes, avec exactions de nature diverse sur les populations et destructions de nos patrimoines millénaires par les occupants. J'ai vu les soldats de l'armée malienne s'entretuer en plein Bamako quand les trois régions du nord étaient sous occupation obscurantiste. J'ai vu les policiers du GMS se tirer dessus comme un gang de dealers ou de mafieux. J'ai vu une France généreuse sauver Konna , Sevaré, Diabali, avant de libérer Gao, Tombouctou, Kidal et Tessalit. J'ai vu les soldats tchadiens mourir pour le Mali à des milliers de kilomètres de N'Djemena. J'ai vu mes frères africains déployer leurs soldats à la rescousse d'une armée malienne mal formée, mal équipée et délaissée depuis trop longtemps par les dirigeants du Mali. Au moment où frère Idriss Deby annonce que ses hommes ont eu raison de Abou Zeid, dans les montagnes du Tagharghar, je n'ai pas compris, et le peuple malien n'a pas compris, pourquoi Dioncounda, Diango, Yamoussa, Tiena, Mamadou Namory et Tiefing signent un décret pour octroyer une rémunération et des indemnités mirobolantes et indécentes à Sanogo et sa clique se chiffrant à des millions de nos francs. Qu'est-ce qu'ils ont fait dans leur vie pour le Mali, pour mériter des millions de salaires, alors qu'ils ne combattent même pas pour libérer notre pays? S'agit-il d'une prime au coup d'état pour encourager et perpétuer ce "crime imprescriptible" qu'a bannit notre constitution du 25/02/1992? Ou serait-il une autre trahison de nos autorités transitoires dans la pure tradition des autres trahisons de ce peuple meurtri et toujours poignardé dans son dos par ses propres dirigeants? Après tant d'
Kassin 14 ans
La question Touareg et arabe est la question Sarakolé et Dogon. La crise actuelle du Mali est d'abord une crise de non respect de nos règles en matière de fonctionnement de la société. Que ce soit la crise sécuritaire ou la crise institutionnelle c'est parce que le malien ne respecte pas les lois en vigueur dans son pays qu'il se retrouve dans la merde, avec toutes mes excuses pour les personnes âgées qui visitent ce site. Une république avec la constitution du 25/02/1992 (j'invite tous ceux qui n'ont pas lu cette constitution de le lire au moins trois fois) si la conquête et l'exercice du pouvoir telles que décrites dans cette constitution, et les droits des citoyens tels que décrits dans cette constitution, les attributs des institutions de la république, tels que décrits dans cette constitution avaient été respectés par les maliens, on ne serait pas la aujourd'hui suspendus aux décisions de la Cedeao pour l'issue d'une transition incrédule, à voir les tchadiens mourrir à la place de l'armée malienne et l'Onu et les organisations de droits de l'homme spéculer sur "la question touareg et arabe". Et dire qu'il y'a 3 ans, les maliens avec un air bonasse, fêtaient dans l'allégresse le Cinquantenaire d'une indépendance qu'ils n'ont jamais eu! En 2010, quand je les regardais remplir inconsciemment le lit du fleuve Niger pour un monument bidon de cinquantenaire de 8 milliards de FCFA, comme ci la Jacinthe d'eau qui tue à grand feu le fleuve Niger ne faisait pas assez, je me suis dit que l'insouciance dans ce pays le conduit inéluctablement à sa perte. Voilà que la Cour constitutionnelle et la cour Suprême (dont évoque aujourd'hui la Cedeao dans ce merdier malien) n'ont jamais joué leur rôle pour obliger nos dirigeants à respecter la constitution afin de garantir les droits constitutionnels à chaque malien et cela de manière équitable. Ces deux institutions n'ont jamais été à la hauteur d'une institution judiciaire digne de ce nom pour assurer un pouvoir judiciaire d'un régime démocratique et d'un d'état de droit. C'est donc logiquement que le droit n'a jamais été dit pour régler les problèmes du Mali, c'est pour cela que beaucoup de touareg et arabes et ce sont égarés, perdus pour la république et le Mali, réclamant indéfiniment un Azawad qui n'existe pas et qui n'existera pas. L'assemblée nationale dans le sillage des institutions judiciaires démissionnaires, a aussi démissionné de ses prérogatives d'un pouvoir législatif digne de ce nom pour un pays démocratique. Le député malien ne sait pas pourquoi il est élu par le peuple malien, il ne sait pas pourquoi il vote les lois, il ne connait même pas les lois qu'il a voté. Certains n'ont jamais compris le sens de la république. Voilà pourquoi, quand Iyad Ag Ghali, Ag Mossa, Ag Bahanga et tous les autres Al Caponne du nord de notre pays, se rebellent contre la république, toutes les institutions de la république laissent Koulouba, occupé par un cancre appelé ATT, de régler le problème avec des accords d'Alger bidon, des valises de billets de banque volés à la république pour assouvir les desseins sanguinaires de ces Dalton du sable mouvant. Le droit n'a jamais été dit dans cette affaire Touareg ou arabe au Mali. Sinon venez voir le petit Sarakolé galérer dans le froid parisien pour mériter le Smic dont il envoie la moitié à ses femmes et enfants restés au pays pour qu'ils vivent et partent à l'école parce que l'état n'a jamais pu construire pour eux écoles et centres de santé à fortiori une route goudronnée. Vous allez vous poser la question pourquoi Ag Bahanga et Ag Nijim qui ont pendant des décennies côtoyé Kadhafi et ses pétrodollars, et Iyad Ag Ghali et Ag Bibi, le Qatar et ses pétrodollars, Ag Chérif et Ag Assarid, la Suisse et ses paradis fiscaux, n'ont jamais pu rien faire pour Kidal qui vit dans une misère noire tout comme Badiangara et Yelimani. En voyant nos frères dogon inonder les marchés maliens et sous régionaux avec de l'oignon cultivé dans les falaises impossibles de Bandiagara avec de l'eau transportée sur la tête d'hommes et de femmes à des centaines de mètres plus bas, vous allez tirer votre chapeau pour ces fins connaisseurs de l'astronomie que sont ces Guindo, Dolo et autres Yalcouyé pour ne citer que ceux-ci et saluer leur courage face à la misère. Pourtant Sarakolé et Dogon n'ont jamais pris des armes contre le Mali. Pour vous dire que la question touareg et arabe est la question Sarakolé et Dogon car tous les maliens sont égaux en droit et en devoir dans la république. Il est grand temps de mettre le droit et la justice au cœur du problème malien sinon ça ne se réglera jamais.
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