Rétrospection : Occupation du nord du Mali : Des négociations sans le principal concerné

05 Nov 2012 - 03:07
Mis à jour: 14 ans
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Après le Mnla, c’est Ansar Eddine qui veut entrer dans la danse, en fait un ballet diplomatique entre Alger, Ouagadougou et Abuja. Le tout se joue sans le Mali, principale victime des islamistes et indépendantistes.   [caption id="attachment_97147" align="aligncenter" width="610"] Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (à g.), du MNLA, en conversation avec le ministre burkinabè des Affaires étrangères Dijbril Bassolé (à dr.) à Ouagadougou, le 9 juin 2012[/caption] Le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale était à Ouagadougou, le week-end dernier. Le fait qu’il soit chez le médiateur en même temps qu’une délégation d’Ansar Eddine était pur hasard de calendrier. Pourtant au même moment, dans la capitale burkinabé, se discutait le sort de son pays, sans qu’il soit informé ou même consulté a fortiori impliqué. En effet, le week-end dernier, les islamistes d’Ansar Eddine se sont montrés particulièrement actifs. A leur demande, un hélico de l’armée burkinabé a transporté une de leur délégation de Kidal à Ouagadougou. Conduite par Alghabass Ag Intallah, ancien député Adema, cette délégation avait pour mission d’entamer des négociations avec  le médiateur burkinabé sur la participation d’Ansar Eddine au processus en cours d’un retour à la normale dans le septentrion malien. Une perche tendue donc, mais une perche qui ne devrait être saisie qu’à deux conditions fondamentales: la renonciation à l’application de la charia islamique et la démarcation avec les groupes islamistes et terroristes, le Mujao  (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest) et Aqmi. A Alger où une autre délégation se trouve présentement, puis à Abuja où les deux délégations se rendront cette semaine, il s’agit pour les émissaires d’Iyad Ag Ghaly de négocier la paix. Si le chef d’Ansar Eddine cède aux exigences de la Cédéao, en renonçant à l’application de la charia et en se démarquant des autres terroristes, il ne peut exiger en contrepartie qu’une seule chose: sa main mise totale sur la région de Kidal qu’il ne veut pas exposer aux effets ravageurs d’une guerre de libération. Comme en 1991. En effet, lors de la rébellion des années 1990, Iyad Ag Ghaly a été le premier chef rebelle à signer un accord de paix avec les autorités maliennes. A l’époque, sentant la cause perdue, le chef du Mouvement populaire de l’Azaouad (Mpa) s’est rallié, sous l’instigation de ses alliés algériens, à l’issue d’une rencontre tenue les 5 et 6 juin 1991 à Tamanrasset, avant même la signature du Pacte national, le 11 avril 1992 à Bamako. Iyad Ag Ghaly va-t-il rééditer ce haut fait ?  Très certainement si les négociations  et médiations continuent de se faire sans la participation effective des autorités civiles et militaires du Mali. A Alger comme à Ouagadougou et certainement à Abuja, les négociations avec ces groupes criminels se font sans le Mali. Sous prétexte que le problème du nord est une question transfrontalière et internationale, un transfert de souveraineté s’est opéré en faveur de la Cédéao qui s’est saisie de la question malienne. Et joue seule sa partition, pour le compte de cette disparate communauté internationale. Or, on sait que les agissements du Mnla (Mouvement national de libération de l’Azawad) et même d’Ansar Eddine, tous deux des occupants au même titre que les autres, n’inquiètent pas outre mesure l’Occident. Pas seulement parce que tous deux sont composés essentiellement de Touaregs, mais parce qu’ils ne représentent pas de menaces directes contre ses intérêts. Que craint l’Occident ? Que des actes terroristes soient commis sur son territoire, que ses ressortissants soient enlevés et monnayés, que sa jeunesse soit intoxiquée par la cocaïne et d’autres drogues dures. Or, ces faits sont imputés aux groupes islamistes et terroristes que sont Aqmi et le Mujao. Lesquels ne s’en cachent pas. Cependant, s’ils doivent payer pour leurs nombreux crimes passés, présents ou à venir, ceux-ci ne doivent pas être les seuls. Quelques soient leurs degrés de collaboration ou de participation à la lutte de reconquête, le Mnla et Aqmi doivent payer un jour pour les mains et les pieds amputés, pour les coups de fouet donnés en public, pour la lapidation à mort, pour les tortures morales et physiques, pour les viols, pour les vols. Au nom de toutes les victimes de ces deux bandes de criminel, il ne saurait y avoir aucune absolution. C’est ce message que le Mali, après s’être imposé dans les négociations, doit transmettre aux assassins et bandits qui ont pris les armes contre lui, contre leur pays. Cheick Tandina

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Commentaires (6)

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Azizoudiawara
Azizoudiawara 14 ans
Nous devons savoir que avec blaise compaore rien ne peux être à la vaveur du Mali.blaise était traite il est la pour le pétrole et le dollar.pourquoi nous devons négocier avec des algériens Mauritanie pour dirige notre pays.nous devons savoir que notre ennemi ce blaise assassin
nonalinertie
nonalinertie 14 ans
Mais pourquoi Ouaga et Alger n’invitent pas ces MNLA/ANESARDINE à venir s’installer chez eux ? A prendre la nationalité burkinabé ou algérienne ? Tout le monde serait heureux, parce que nous maliens dans notre immense majorité y compris surtout la grande majorité des touaregs, nous ne voulons guère commercer avec ces criminels, simplement parce que nous ne voulons pas être flagellé, amputé, estropié, saccagé, profané, volé, violé, assassiné, enlevé, exilé, sous-développé, exclavagisé ou drogué. A cause du MNLA/ANE SARDINE qui ont amené les djihadistes au Mali, tous les projets de développement, réclamés à corps et à cris par les nordistes depuis des décennies et dont l’exécution avait même démarré, sont suspendus : barrage de Taoussa, Route Niono-Tombouctou, Route Bourem-Kidal, etc. etc. Moralité : Seuls intéressent, le MNLA/ANESARDINE : i) le sous-développement du Nord Mali qui reste un fonds de commerce pour eux, un moyen de chantage continu de l’Etat malien pour disposer d’argent frais de temps en temps, ou d’un poste juteux pour leurs rares cadres ii) le trafic de drogues et d’armes, les enlèvements. Mais, c'est aux maliens d'accepter ou pas d'être des victimes éternelles...
esprit_clair
esprit_clair 14 ans
Le Mali n'aura la parole que de façon purement formelle. Les solutions seront trouvées sans lui et la communauté internationale a les moyens de lui imposer. La communauté internationale ne se fait aucune illusion sur le MNLA et Ançar-Dine. Ce sont des assassins et des gens sans parole. Elle vise juste à les sortir des combats. Mais l'Armee Malienne a aussi ses crimes et exactions. Tortures des berets rouges, precheurs mitraillés, et surtout le récent massacre de touaregs pres du camp de Diabaly, leur rappelant d'autres massacres de ce type dans des guerres précédentes. Avec les intimidations à la presse et le racket des populations, y compris de ceux fuyant le Nord, cela fait beaucoup. Mais militairement ils ont perdu Douentza et sont incampable de tenir une ligne de front étanche. Par contre ils tiennent le gouvernement. Voici pourquoi la parole des Maliens n'est pas entendue. De la corruption d'ATT à l'empireur SANOGO, la tete de l'Etat n'est plus crédible. Aux Maliens de reproduire ce qu'ont fait leurs parents en mars 1991 en chassant Moussa TRAORE. Puis en sachant lutter contre la corruption sous toutes ses formes, ce qui sera bien plus difficile qu'un simple changement de numéro de la Republique.
Adama83
Adama83 14 ans
Alger a des intérêts dans la région de Kidal et veut que les frappes ne s'arrêtent qu'à Gao et à Tombouctou! C'est simplement le jeu! Il faut donc tout faire pour écarter ançardine du conflit, et, du coup, écarter Kidal!
brahm
brahm 14 ans
Merci Monsieur, Vous avez donné une description et une analyse tres pertinentes de la situation, sans oublier son évolution historique. Mais, un fait marquant manque à votre analyse : le coup d'état du 22/03/12. Votre analyse l'occulte complètement, comme s'il n'avait pas eu lieu, ou comme si c'était un fait mineur, alors même que ce coup d'état est considéré par beaucoup comme la cause immédiate qui a précipité le chutte du Mali, sans pour autant n'avoir su apporter la moindre petite reponse au problème pour lequel il a semblé avoir été commis. Peut etre que je ne suis pas dans la même logique que vous, mais en réalité, je suis parmis ceux qui considère que le coup d'état a non seulement affaibli et divisé l'armée la rendant innopérante pour un certain temps, mais, a engendré un grave bouleverement de la structure socio politique et institutionnelle du pays, faisant ainsi deborder la crise du nord sur le terrain socio politique, ou, pendant des mois, elle a été le déclencheur de la grande discorde et de la division radicale de la classe politique malienne. Mais au dela, la conséquence la plus marquante du coup d'état a été l'isolement du Mali, le départ des partenaires et des investisseurs avec suspension et arrêt de la coopération économique et financière de la plupart des partenaires au dévellopément du pays. Tous ces facteurs découlant directement du coup d'état, n'ont eu comme effet que d'aggraver la crise et rendre plus complexe et plus improbable toute recherche de solution. Votre analyse aurait donc été plus complète a mon avis, si elle n'avait pas occulté cet autre haut fait qui, à l'intar de l'occupation des 2/3 du pays par des mouvements insurgés, laissera des empruntes indélébiles dans l'histoire de notre pays.
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