CCMEX : Mme Dalla Dramé plaide pour une prise en compte effective des préoccupations des Maliens de la diaspora

Le mardi 16 décembre 2025, le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) a abrité cette rencontre historique, organisée à l’initiative du ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Moussa Ag Attaher.

10 Jan 2026 - 13:59
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CCMEX : Mme Dalla Dramé plaide pour une prise en compte effective des préoccupations des Maliens de la diaspora

L’objectif : instaurer un dialogue inclusif et durable avec les Maliens de la diaspora afin de renforcer la cohésion, l’unité nationale et la confiance entre les acteurs de la gouvernance migratoire.

Placée sous le haut patronage du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, cette rencontre répond aux recommandations issues des Assises Nationales de la Refondation et des États généraux de la Migration tenus en août 2023. Elle s’inscrit également dans le cadre de la politique nationale de migration et du Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale. Les travaux se sont poursuivis les 16 et 17 décembre 2025.

Prenant la parole, Mme Dalla Dramé s’est dite satisfaite de la mise en place de ce cadre d’échange. Elle a ainsi exprimé son sentiment en ces termes : « C’est un sentiment de joie. Ce cadre nous permet de parler d’une seule voix, d’avoir une voix plus forte pour que les problématiques des Maliens de la diaspora soient véritablement prises en compte », a-t-elle souligné.

Selon elle, les principales préoccupations des Maliens de France portent notamment sur les difficultés administratives, en particulier les problèmes liés à la carte NINA. « Les erreurs sur les cartes NINA ont des répercussions directes sur les titres de séjour, l’emploi et le logement. C’est tout un cercle de difficultés qu’il faut traiter dans sa globalité », a-t-elle expliqué.

Mme Dalla Dramé a tout de même exprimé sa reconnaissance aux autorités maliennes, au ministre de tutelle, ainsi qu’au président du Haut Conseil des Maliens établis à l’extérieur, Habib Sylla, pour la création de ce cadre de concertation.

Des recommandations concrètes formulées

Au cours du deuxième jour des travaux, la délégation des Maliens de France a formulé plusieurs recommandations. Sur une dizaine proposée, trois ont pu être exposées en séance, les autres ayant été transmises par voie électronique pour examen. La première recommandation concerne le rapatriement des corps de compatriotes décédés en situation de détresse en France, notamment ceux sans famille proche sur place. Mme Dramé a souligné l’absence de mécanisme financier dédié au sein des services diplomatiques et consulaires, plaidant pour la mise en place d’un accord-cadre ou d’un dispositif spécifique pour répondre à ces situations humanitaires.

La deuxième recommandation porte sur la situation des retraités maliens ayant travaillé toute leur vie en France et souhaitant se réinstaller au Mali. « Ils ne perçoivent pas leur pension dans les mêmes conditions qu’en France. Nous demandons des négociations afin qu’ils puissent bénéficier de leur retraite intégrale, même en vivant au Mali », a-t-elle indiqué.

La troisième recommandation, jugée prioritaire, concerne les difficultés administratives liées à la carte NINA. Elle propose de doter les consulats des moyens techniques et humains nécessaires pour effectuer sur place les corrections mineures, notamment les erreurs d’orthographe sur les noms et prénoms, afin d’éviter des délais longs et coûteux.

Un espoir fondé sur des engagements concrets

La présidente Dramé s’est montrée confiante quant à la suite du processus. « Un calendrier a déjà été mis en place. Le comité technique se réunira deux fois par an et le comité de pilotage une fois par an. C’est un premier pas important, et nous espérons que les recommandations formulées seront effectivement prises en compte », a-t-elle conclu.

Faut-il le rappeler, la tenue de cette première session du Cadre de concertation constitue une étape majeure dans le renforcement de la collaboration entre la diaspora et le gouvernement. Elle vient combler un vide longtemps ressenti, en établissant un pont de dialogue qui n’avait jusque-là jamais été pleinement concrétisé. Cette rencontre a été suivie par la célébration de la Journée internationale des migrants (JIM), le jeudi 18 décembre au CICB, laquelle s’est achevée par une soirée de gala.

Sidy Coulibaly

 

Encadré :

CCMEX, un cadre de dialogue historique, juge le président du CSDM Gabon, Abdoulaye Baba Sylla

Ce mardi 16 décembre 2025, le Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a accueilli la première Réunion du Cadre de Concertation avec les Maliens Établis à l’Extérieur (CCMEX). Cette initiative, portée par le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, M. Moussa Ag Attaher, vise à instaurer un cadre structuré et pérenne de dialogue avec la diaspora malienne, afin de renforcer la cohésion, l’unité et la confiance entre les acteurs de la gouvernance migratoire.

Placée sous le haut patronage de Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations issues des Assises Nationales de la Refondation ainsi que des États généraux de la Migration tenus en août 2023. Elle s’aligne également sur la Politique nationale de migration et le Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale. Les travaux se sont déroulés sur deux jours, du mardi 16 au mercredi 17 décembre 2025.

À l’occasion de la cérémonie de clôture, M. Abdoulaye Baba Sylla, président du Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne au Gabon (CSDM Gabon) et secrétaire chargé des conflits et de la médiation du Bureau international, a salué le bon déroulement et les résultats de cette première session du CCMEX. « La première réunion que nous venons de tenir durant ces deux jours a été un véritable succès. Le dialogue, le partage et la concertation ont été au cœur de cette rencontre, qui représente le cadre réel de concertation tant attendu par la diaspora », a déclaré le président du CSDM Libreville Gabon, non moins secrétaire chargé des conflits et de la médiation du Bureau International.

Selon lui, chaque représentant de la diaspora a eu l’opportunité d’exposer, en fonction de son pays de résidence, les difficultés rencontrées par les compatriotes maliens à l’étranger. Ces préoccupations ont été portées à la connaissance du ministre et de son cabinet.

« La partie technique a pris bonne note de toutes les interventions et en a fait une synthèse soumise à monsieur le ministre, qui la transmettra au comité de pilotage composé de membres du gouvernement. Ce comité décidera, approuvera et veillera à l’exécution des décisions au moment opportun », a-t-il précisé.

M. Sylla a également tenu à féliciter les autorités de la Transition pour cette initiative, qu’il qualifie d’innovante et porteuse d’espoir pour la diaspora malienne.

« Nous disons bravo à nos gouvernants, à commencer par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, ainsi qu’au ministre Moussa Ag Attaher, à l’origine de ce cadre de concertation dédié aux Maliens établis à l’extérieur », a-t-il souligné. Il s’est enfin réjoui de la perspective de restituer les conclusions de ces travaux aux communautés maliennes vivant à l’étranger.

« C’est un réel plaisir pour nous de retourner dans nos pays de résidence afin d’expliquer à nos compatriotes ce qui a été discuté, ce qui a été approuvé et les actions envisagées pour la défense de leurs droits, leur réintégration, leur retour au pays, ainsi que l’accompagnement des retraités et des personnes confrontées à des difficultés de logement social. Désormais, ces préoccupations ne seront plus oubliées. Toutes les instances nécessaires seront mises en place pour soutenir la diaspora malienne et lui permettre de contribuer davantage au développement de notre pays », a-t-il conclu.

À noter que la tenue de cette 1ère session du Cadre de concertation constitue une étape majeure dans le renforcement de la collaboration entre la diaspora et le gouvernement. Elle vient combler un vide longtemps ressenti, en établissant un pont de dialogue qui n’avait jusque-là jamais été pleinement concrétisé. Cette rencontre sera suivie par la célébration de la Journée internationale des migrants (JIM), prévue pour ce jeudi 18 décembre au CICB, laquelle sera achevée par une soirée de gala.

Sidy Coulibaly