AES : Traoré plaide pour un nouveau cadre avec la Cédéao
Le président en exercice de la Confédération des États du Sahel (AES), le capitaine Ibrahim Traoré, a réaffirmé lundi la poursuite des consultations avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), confirmant une dynamique de rapprochement amorcée depuis plusieurs mois entre les deux ensembles régionaux.
À l’occasion du deuxième anniversaire de la Confédération des États du Sahel (AES), créée le 6 juillet 2024 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le président en exercice de l’organisation, le capitaine Ibrahim Traoré, a indiqué que les consultations avec la Cédéao se poursuivent afin de définir « un nouveau cadre de relations » fondé sur le respect des décisions souveraines de chaque partie, la préservation des acquis de l’intégration régionale et la défense des intérêts des populations ouest-africaines, notamment la libre circulation des personnes et des biens.
Cette déclaration s’inscrit dans une séquence diplomatique marquée par une reprise progressive des échanges entre les deux organisations après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao.
En mai dernier, une réunion informelle organisée à Lomé en marge de la stratégie Togo–Sahel 2026-2028, sous l’égide du président du Conseil togolais Faure Essozimna Gnassingbé, avait réuni les ministres des Affaires étrangères des trois pays de l’AES, le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, ainsi que le négociateur en chef de l’organisation, Lansana Kouyaté.
Les discussions avaient alors porté sur les contours d’un futur cadre formel de coopération, avec une attention particulière accordée aux questions sécuritaires, aux corridors logistiques et au maintien des acquis de l’intégration régionale.
À l’issue de cette rencontre, le chef de la diplomatie burkinabè avait souligné que « l’AES reste dans un esprit d’ouverture », estimant que « le plus important est de préserver l’essentiel pour le bonheur des populations de l’Afrique de l’Ouest », une position reprise lundi par le président Traoré.
Parallèlement, les trois États sahéliens poursuivent la préparation de leurs futures négociations avec la Cédéao. Réunis à Ouagadougou en juin, leurs experts ont élaboré un document-cadre destiné à harmoniser les positions de la Confédération avant les discussions officielles avec l’organisation régionale.
La relance du dialogue intervient également dans un contexte d’évolution du paysage diplomatique ouest-africain. À Dakar, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a récemment indiqué que le Sénégal disposait de « fortes chances » d’assurer la présidence en exercice de la Cédéao à l’expiration du mandat du président sierra-léonais Julius Maada Bio. Une telle évolution renforcerait le rôle de Dakar, déjà appelé à présider la Commission de la Cédéao pour le mandat 2026-2030.
Des signaux d’ouverture ont également été enregistrés au Bénin. Lors de son investiture en mai, le président Romuald Wadagni a plaidé pour une coopération régionale renforcée face à la menace terroriste, tandis que la participation de délégations malienne, burkinabè et nigérienne à la cérémonie a illustré un début de normalisation après plusieurs mois de tensions.
Dans ce contexte, les propos d’Ibrahim Traoré confirment la volonté de la Confédération des États du Sahel de maintenir le dialogue avec la Cédéao tout en défendant un cadre de coopération reposant sur la souveraineté des États et les intérêts des populations ouest-africaines.
AC/Sf/APA
Source: https://fr.apanews.net/
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