Création de l’Office malien de substances précieuses : Le CNT donne son feu vert
Cette structure sera chargée notamment de constituer des réserves d'or et de promouvoir la transformation locale du métal jaune sur place
Réunis en séance plénière, ce mardi 30 juin 2026 au Centre international de conférences de Bamako, les membres du Conseil national de Transition (CNT) ont adopté le projet de loi portant ratification de l'ordonnance du 10 avril 2026 portant création de l´Office malien de substances précieuses (OMASP). Les travaux étaient dirigés par le 1er vice-président de l’Organe législatif, Hameye Founè Mahalmadane.
L’initiative de création de l’OMASP est inspirée du model de gestion et de régulation du secteur aurifère artisanale du Burkina Faso. Il ressort d’une mission d'immersion effectué dans ce pays que la production artisanale et mécanisée est passée de huits tonnes en 2024 à 42 tonnes l'année dernière à travers la Société nationale des substances précieuses (SONASP) du Faso. « C'est ainsi qu'il est proposé de créer l’OMASP », souligne le rapport de la Commission Mines du CNT saisie pour l'étude au fond. Le document soutient que la création de l´Office s'inscrit en droite ligne avec la loi relative au contenu local et les nouvelles orientations du Code minier de 2023 pour transformer le secteur aurifère en un levier de croissance plus performant et transparent. La structure vise à faire une capture d'au moins 70% de l'or artisanal dès les premières années en réduisant significativement les pertes fiscales, indique le rapport de la Commission Mines du CNT.
L’OSMAP étant un établissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière, est " seul habilité à exporter les substances précieuses de notre pays, issues de l'orpaillage et des petites mines".
« A cet effet, il est chargé entre autres de contribuer au développement de la chaine de commercialisation et de la protection de l'environnement » précise le document.
C'est le ministre de l´Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo qui a défendu ce projet de loi. Selon lui, la création de cet Office est un instrument extrêmement important dans l'assainissement du secteur minier et la capacité du Mali à s'approprier ses ressources naturelles. « C'est pourquoi cette structure sera chargée de centraliser la commercialisation, de sécuriser les flux physiques et financiers, de constituer des réserves d'or et de promouvoir la transformation locale de l'or sur place », a-t-il précisé, soulignant qu’en définitive l’objectif est de contribuer de façon substantielle à l'augmentation des recettes de notre pays.
Le texte a été voté à l'unanimité par les 120 membres du CNT présents.
Bembablin DOUMBIA