ISCA 2026 à Kigali : le Mali plaide pour une autonomie stratégique africaine face aux nouvelles menaces
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a appelé mercredi à Kigali à renforcer la souveraineté et l’autonomie stratégique des États africains, dans un contexte marqué par l’évolution des menaces sécuritaires, l’essor de l’intelligence artificielle et des technologies militaires autonomes.
À l’invitation des autorités rwandaises, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a participé, le 12 août 2026 à Kigali, à la deuxième session de la Conférence internationale sur la sécurité en Afrique (ISCA). Il a notamment coanimé le panel inaugural consacré à l’évolution du paysage sécuritaire africain, aux systèmes autonomes et aux nouveaux défis qui en découlent.
Au cours de ses interventions, le chef de la diplomatie malienne a mis l’accent sur les profondes transformations du contexte sécuritaire africain, notamment sous l’effet du développement des technologies militaires autonomes et de l’intelligence artificielle. Pour le Mali, ces mutations rendent plus que jamais nécessaire le renforcement de la capacité des États africains à décider et à agir de manière indépendante.
Abdoulaye Diop a ainsi placé la souveraineté et l’autonomie stratégique au cœur de son intervention. S’appuyant sur l’expérience du Mali dans la lutte contre les groupes armés terroristes, il a estimé que l’indépendance de décision et la sortie des schémas de dépendance constituent des conditions essentielles à l’accomplissement efficace des missions régaliennes des États.
Le ministre a également évoqué l’aggravation de la menace terroriste au Sahel, qu’il a replacée dans le contexte plus large des conflits asymétriques. Il a notamment dénoncé ce qu’il a présenté comme des formes d’ingérences extérieures, évoquant un « terrorisme militaire, économique et médiatique » ainsi que des soutiens étatiques étrangers à certaines coalitions terroristes, notamment à travers la fourniture d’équipements et de drones.
Pour le chef de la diplomatie malienne, la réponse aux défis sécuritaires ne peut toutefois se limiter aux initiatives nationales. La dimension régionale demeure déterminante pour construire une réponse durable et adaptée aux réalités du continent.
Dans cette perspective, Abdoulaye Diop a présenté la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, comme une illustration de la volonté de ces trois pays de renforcer leur prise en charge collective des enjeux auxquels ils sont confrontés. Il a défendu, à Kigali, l’idée d’un leadership authentiquement africain fondé sur la souveraineté, la coopération régionale et la capacité des États à définir eux-mêmes leurs priorités sécuritaires.
La participation du Mali à cette deuxième session de l’ISCA intervient ainsi dans un contexte où les débats sur l’avenir de la sécurité africaine s’élargissent aux nouvelles technologies, à l’intelligence artificielle et à la nécessité pour les États du continent de renforcer leurs capacités autonomes face à des menaces en constante évolution.
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