Dans les coulisses d’une fête nationale vibrante et souveraine

Dès 7 h ce mardi matin, bien avant l'arrivée des officiels, l'atmosphère était déjà électrique. Sous une fine pluie matinale, une foule immense de jeunes et de mères de famille avait bravé le temps et convergé vers les lieux.

22 Sep 2026 - 17:07
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Dans les coulisses d’une fête nationale vibrante et souveraine

Venus parfois de très loin, des confins des quartiers périphériques ou même de l'intérieur du pays, ils affichaient la ferme volonté de ne rien rater. « Je suis debout depuis l'aube et j'ai fait des kilomètres pour être là. Voir notre Président et célébrer nos 66 ans de liberté, ça n'a pas de prix. C'est notre fierté à tous ! », souligne Mariam, jeune citoyenne drapée aux couleurs nationales. Les agents de la Direction des services urbains de voirie et d’assainissement (DSSUVA) de la Mairie du District de Bamako étaient à pied d’œuvre pour nettoyer et rendre les abords du monument impeccables. Autour d'eux, l'énergie de la foule s'intensifiait. Les groupes se massaient le long du site, de la Bourse du travail à la Dirpa, sur le côté opposé de la station Shell, en attendant impatiemment l'arrivée du Chef de l’État.

La sécurité, hermétiquement bouclée par les forces spéciales, le Groupement spécial de la sécurité présidentielle (GSSP) et les forces de l’ordre appuyées par des véhicules blindés, n'entament en rien la joie communicative des spectateurs. Le Monument était somptueusement paré aux couleurs nationales, complété par un panneau géant affichant le portrait du Président et ses vœux de bonne fête.

Des banderoles rendant hommage au feu Général d’armée Sadio Camara étaient fièrement brandies par les jeunes visiteurs, tandis que de nombreuses femmes scandaient le nom du Président Goïta pour témoigner de leur soutien indéfectible aux autorités. « Nous sommes venues soutenir le Mali nouveau. Nos enfants, nos frères officiers et soldats protègent nos frontières, et nous, nous sommes là pour porter haut l'étendard de la patrie », fait remarquer Awa, venue en groupe avec des amies. Le bruit assourdissant des vuvuzelas et des sifflets amplifie cette ambiance survoltée, transformant l'attente en une véritable fête populaire.

Aux alentours de 8 h 20, trois gros hélicoptères de combat ont survolé le toit du monument, suivis d'un second passage dix minutes plus tard, déclenchant l'euphorie totale et des cris de joie dans la foule. Vers 9 h, l’arrivée d’un motard a redoublé l’enthousiasme général, annonçant l'entrée en scène du convoi officiel.

Aux environs de 9 h 10, le Chef suprême des Armées est arrivé sur les lieux, accueilli par cette foule en liesse. Sous un beau temps radieux ayant succédé à la fine pluie, l’ambiance est devenue à la fois solennelle, émouvante et fraternelle. L’accès au Boulevard de l’Indépendance, strictement filtré sur présentation de badges ou de cartes d'invitation, a cédé la place à un moment de communion intense. La cérémonie s’est poursuivie par les saluts protocolaires des ministres, des présidents d’institutions et des officiers supérieurs, avant qu’un bain de foule mémorable, immortalisé par une marée de téléphones portables et de drapeaux levés, ne vienne clore ce premier temps fort.

Dès 9 h 35, une marée humaine s'est ébranlée de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) vers le Génie militaire. Malgré un goulot d'étranglement temporaire au niveau de la petite entrée du site, la vigilance et la réactivité des services de sécurité ont permis d'encadrer parfaitement le flux de spectateurs. À 10 h 20, le Chef de l’État a fait son entrée sur la place d’armes du Génie militaire pour lancer le traditionnel défilé.

À travers cette marée humaine massée dès l'aube dans les rues de Bamako, c'est toute l'histoire d'un peuple résilient qui s'est exprimée. Proclamée le 22 septembre 1960, la République du Mali démontre chaque jour que les tempêtes ne sauraient détruire l'État. Soixante-six ans plus tard, la ferveur de cette jeunesse témoigne de cet attachement viscéral à une patrie où les drapeaux vert, or et rouge flottent fièrement.

Sous les yeux des hautes autorités, les forces aériennes ont offert un spectacle saisissant, mêlant la polyvalence logistique des Mi-8 à la puissance redoutable des hélicoptères d'assaut Mi-24 et Mi-35. « Ce défilé militaire a été particulièrement impressionnant. C'est une immense fierté nationale. L’armée est prête, et j'appelle le peuple à maintenir son soutien indéfectible envers ses forces armées. », fait savoir le Colonel-major d’aviation à la retraite Banta Cissé.

Le défilé s'est achevé sous les saluts respectueux adressés au Chef de l'État et aux chefs d'état-major des armées, marquant la fin d'une édition 2026 placée sous le signe de l'excellence militaire et de la fierté nationale. À la sortie de notre équipe de reportage, vers 12 h 58, la foule était encore nombreuse et refusait de rentrer, massée des abords de la grande porte du 34e régiment du Génie militaire jusqu’au boulevard de l’Indépendance.

Souleymane SIDIBE