Bataille judiciaire pour le contrôle de Telecel Faso et 3e licence au Mali : Apollinaire Compaoré entre deux feux ardents

02 Mai 2013 - 09:26
Mis à jour: 13 ans
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De rebondissements en rebondissements, Planor avait fini par remporter le contentieux qui l’opposait au groupe Emirati  Etisalat, concernant le contrôle de la société de télécommunications du Burkina Faso, Télécel. C’est ainsi qu’Apollinaire Compaoré, président directeur général de Télécel, est resté le seul patron à bord de Télécel. Mais le groupe Emirati est revenu à la charge pour relancer la bataille judiciaire, au moment où Appolinaire doit aussi faire face à une situation tendue concernant la troisième licence de télécommunications au Mali.   Apollimaire CompaoreCe feuilleton judiciaire entre le groupe Planor représenté par Apollinaire Compaoré et le groupe Etissalat des Emirats Arabes Unis, à travers sa filiale Atlantic Télécom, ne cesse de dérouler ses différents épisodes et l’on se demande bien jusqu’où ce combat pourrait mener les deux protagonistes. En effet, même si en un moment donné on a pensé que l’affaire était close, pour que l’opérateur économique burkinabé s’installe enfin confortablement aux commandes de Télécel Burkina, arguant qu’il avait gagné le procès, il semble bien que le groupe Emirati n’ait pas raccroché. Il entend rester dans le réseau. En effet, Etisalat vient de tout chambouler, suite à la saisine de la Cour de cassation de Paris qui a annulé, le 28 mars 2013, toutes les décisions précédemment prises dans ce dossier dont principalement, l’annulation de la déchéance prononcée contre Etisalat (donc au profit d’Apollinaire) sur Télécel. Il faut noter que cette affaire remonte à l’année 2004, suite à un différend entre Apollinaire Compaoré et Atlantic Télécom, tous deux actionnaires dans Télécel. En ce temps-là, Télécel accumulait les mauvais résultats et Planor, qui assurait la présidence du Conseil d’administration de l’opérateur, avait porté plainte contre Atlantic Télécom pour exproprier ce dernièr afin de rester seul propriétaire de l’entreprise. Depuis lors, les deux parties sont devenues des acteurs d’un long feuilleton judiciaire dont les épisodes se jouent sur différentes scènes juridictionnelles dont des tribunaux nationaux, régionaux et internationaux. Notons que, dès le départ, les tribunaux burkinabés s’étaient déclarés incompétents et le contentieux s’est retrouvé devant la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette juridiction avait donné raison à Apollinaire, sans tenir compte de la décision de la Cour arbitrale de la CCI de Paris qui avait tranché en faveur du groupe Emirati, Etissalat. Cette guerre pour le contrôle de Télécel Burkina n’est pas sans rappeler un autre combat du même genre que le même Apollinaire a engagé au Mali afin de sortir de l’affaire de la 3è licence de télécommunication, son ex-associé, Cessé Komé, qui était pourtant son partenaire au sein de la société malienne de droit commun, Alpha Télécom, montée spécialement pour porter cette licence de téléphonie globale au Mali, au moment de la soumission suite àl’appel d’offres international. Il s’y ajoute qu’un éminent avocat de la place, Me Waly Diawara, constitué par des personnes physiques et morales de la société civile malienne, a introduit devant la Section administrative de la Cour suprême du Mali, un recours en annulation de l’attribution par entente directe de ce marché à Apollinaire Compaoré qui a déjà versé 33 milliards Fcfa sur les 55,1 milliards Fcfa promis. Le reliquat est attendu pour au plus tard le 13 mai prochain, date qui marque la fin du délai de 90 jours fixé par le gouvernement, lors de la signature de l’adjudication provisoire. Reste maintenant à savoir comment Apollinaire à qui on colle l’étiquette de se complaire dans les procès, pourra-t-il gérer ces deux conflits en même temps surtout que dans les milieux d’affaires, il est difficile d’avoir des soutiens techniques et financiers avec pareilles turbulences. Birama FALL    

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Commentaires (1)

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Hassam
Hassam 13 ans
Certaines décisions n’ont a priori qu’un relatif intérêt, ne serait-ce que parce qu’elles ne présentent pas l’attrait de la nouveauté et qu’elles s’inscrivent dans une jurisprudence constante et dépourvue d’originalité. Pourtant, elles revêtent parfois un intérêt pédagogique, pourrait-on dire, parce qu’elles donnent l’occasion de revenir utilement sur des principes et constantes qui sont malheureusement galvaudés dans un but de nuisance par des pseudo- analystes. Pour faire une appréciation objective de l’affaire Planor Afrique et Télécel Faso contre Atlantique Télécom et Etisalat, il convient de situer le contenu exact de la décision du 28 mars 2013, avant d’analyser sa portée et ses implications pour Planor Afrique et la société Télécel Faso. I. CONTENU DE LA DECISION DU 28 MARS 2013 La décision en cause a été rendue par la première chambre civile de la Cour de cassation française. Il convient donc en premier lieu de déterminer quelles ont été les parties à la procédure ayant abouti à cette décision, et ensuite, d’exposer l’objet de leur litige. Dans cette procédure initiée par-devant la Cour de cassation française, le litige portait sur une affaire opposant la. société Atlantique Téléceom aux sociétés Planor Afrique et Télécel Faso. Ainsi, et contrairement aux informations données par une certaine presse, la société Etisalat n’est pas directement impliquée dans ladite procédure. En conséquence, il est aisément notable que la présente décision ne peut avoir pour objet de purger une prétendue « dispute d’actionnaires » entre la société Planor Afrique et la société Etisalat. A ce propos, la question de l’actionnariat a été définitivement tranchée par les juridictions nationales et la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’OHADA (CCJA) à travers les décisions d’exclusion de la société Atlantque Télécom du capital de Télécel Faso. Revenant à la décision du 28 mars 2013. celle-ci a eu pour objet l’annulation d’une décision rendue par le tribunal de grande instance de Paris le 29 juin 2011, laquelle décision conférait l’exéquatur à deux décisions burkinabè, respectivement rendues le 27 février 2008 par le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou et le 15 mai 2009 par la Cour d’Appel de Ouagadougou. Ces décisions rendues au Burkina avaient annulé l’augmentation du capital social de la société Télécel Faso, obtenue en violation des droits de la société Planor Afrique. Ce sont ces décisions d’annulation de l’augmentation du capital faite en fraude aux droits de Planor Afrique qui ont été rendues exécutoires en France à toutes fins utiles. L’exéquatur est une décision qui autorise l’application dans un pays d’un jugement ou un acte étranger. Il permet à une partie qui a obtenu une décision de justice, de la rendre exécutoire dans un pays autre que celui où la décision a été rendue. En termes plus clairs, la décision rendue par la Cour de Cassation française a annulé l’ordonnance qui rendait exécutoires en France des décisions rendues au Burkina Faso. Aussi, faut-il le rappeler, la société Planor Afrique avait demandé que les décisions burkinabè annulant l’augmentation du capital de Télécel Faso puissent avoir force exécutoire en France. Le Tribunal de Grande Instance de Paris avait fait droit à cette requête. Mais, par décision du 28 mars 2013, la Cour de Cassation a annulé cette décision d’exequatur des décisions burkinabè. Comme on peut aisément le constater, la décision du 28 mars n’est pas de nature à mettre la société Planor Afrique en difficulté face à la société Etisalat en ce qui concerne la question de l’actionnariat de la société Télécel, qui a été définitivement tranchée tant par les juridictions nationales que communautaires. Ceci étant, il convient à présent d’analyser la portée de cette décision pour la société Planor Afrique et les conséquences possibles qu’elle peut avoir sur la direction de la société Télécel Faso. II. PORTEE DE LA DECISION DU 28 MARS 2013 Il sera ici question d’une analyse purement juridique de la décision du 28 mars afin de déterminer dans quelle mesure elle pourrait porter atteinte aux intérêts de la société Planor Afrique. 1. Motif de la décision du 28 mars 2013 La décision du 28 mars 2013 a annulé la décision autorisant l’exequatur des décisions burkinabè en France, non pas parce que cette demande n’était pas fondée, mais parce que le Tribunal de Grande Instance de Paris n’a pas recherché, avant de statuer, si un protocole d’accord passé entre les parties en date du 05 septembre 2007, n’avait pas déjà l’autorité de la chose jugée en la matière. Elle a donc estimé que ledit tribunal a ainsi violé une règle de procédure française. C’est ainsi que la Cour de Cassation qui est par définition, la juridiction de contrôle de l’application stricte de la loi, et non pas une juridiction d’appréciation des faits, a annulé la décision du 29 juin 2011 et a renvoyé la cause et les parties pour être rejugées devant le Tribunal de Grande Instance de
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