SENARE 2026 : Abdoulaye Maïga appelle à faire de la réconciliation un réflexe national

Lancée mardi 15 septembre, la 5e édition de la Semaine nationale de la réconciliation (Senare) entend placer le dialogue, la cohésion sociale et l'unité nationale au cœur de la dynamique de paix.

19 Sep 2026 - 09:46
 0
SENARE 2026 :  Abdoulaye Maïga appelle à faire de la réconciliation un réflexe national

A cette occasion, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a appelé à faire de la réconciliation non plus un simple rendez-vous annuel, mais un engagement quotidien. Voici l'intégralité de son discours.

Je tiens tout d'abord, au nom de Son Excellence le Général d'Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l'État, à souhaiter la bienvenue à tous les participants à cette Semaine nationale de la Réconciliation. En son nom, je transmets à toutes et à chacun des vœux de réussite et de succès aux organisateurs de la SENARE.

Distingués Invités ;

Mesdames, Messieurs,

Il est des moments où une Nation doit s'arrêter un instant. Non pas pour regarder derrière elle avec regret, mais pour regarder devant elle avec responsabilité. Nous sommes précisément à l'un de ces moments. Car lorsque la Nation traverse des épreuves, elle ne peut se contenter de panser ses blessures. Elle doit en tirer des leçons. Elle doit restaurer la confiance. Elle doit renforcer les liens. Elle doit surtout transmettre aux générations futures les raisons de croire encore en l'unité et la communauté de destin. C'est tout le sens de notre présence ici aujourd'hui. Nous ne sommes pas simplement réunis pour ouvrir une nouvelle édition de la Semaine nationale de la Réconciliation. Nous sommes réunis pour réaffirmer une conviction fondamentale : Aucune Nation ne peut être durablement forte si elle est divisée. Et aucune paix ne peut être durable si elle ne repose sur la confiance, le dialogue et la volonté de vivre ensemble. C'est dans cet esprit que je prends la parole aujourd'hui, avec l'insigne honneur de représenter Son Excellence le Général d'Armée Assimi Goïta, Président de la Transition,  pour le lancement officiel des activités de la cinquième édition de la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE).

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs ;

La réconciliation n'est pas un mot de circonstance. Elle n'est pas une formule que l'on prononce une fois par an. Elle est une exigence nationale. Elle est une responsabilité collective. Elle est un choix.

Le choix de nous retrouver, de nous comprendre et de nous respecter. Le choix, surtout, de faire prévaloir le Mali sur tout ce qui pourrait nous opposer.

Réconcilier, ce n'est pas demander au peuple d'oublier son histoire. C'est lui permettre de l'assumer sans qu'elle ne devienne un obstacle à son avenir. Réconcilier, ce n'est pas effacer les différences. C'est apprendre à faire de nos différences une force au service de la Nation.

Voilà pourquoi la SENARE occupe une place particulière dans notre vie nationale. Espace privilégié de dialogue, de réflexion et de mobilisation en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de l'unité nationale, la SENARE est plus qu'un rendez-vous annuel. Elle doit devenir un réflexe de dialogue, de tolérance, de solidarité et de paix.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

La réconciliation ne se décrète pas. Elle ne peut être réduite à des cérémonies ou à des discours. Elle se construit. Elle se vit. Elle se transmet. Elle commence dans la famille, lorsque nous apprenons à nos enfants le respect de l'autre. Elle se poursuit à l'école, lorsque nous enseignons non seulement le savoir, mais également le respect, la tolérance, le civisme et le sens du bien commun. Elle se consolide dans nos quartiers, nos villages et nos communes, lorsque nous privilégions le dialogue à la méfiance et la solidarité à la division. Elle s'enracine dans la société lorsque nous cessons de considérer nos différences comme des menaces et que nous les reconnaissons comme une richesse.

C'est toute la portée du thème choisi pour cette cinquième édition, je cite : "Éducation, culture et réconciliation : bâtir une citoyenneté résiliente pour une paix au sein de l'AES et de la sous-région." Fin de citation.

L'éducation, parce qu'elle forme les esprits, développe le discernement et donne à chacun les moyens de comprendre et de construire son avenir.

La culture, parce qu'elle nous rappelle qui nous sommes, d'où nous venons et tout ce que nous avons en partage. Elle constitue un trait d'union entre les générations et un puissant facteur de cohésion nationale.

La réconciliation, parce qu'elle nous enseigne à dépasser les blessures, à respecter nos différences et à reconstruire, ensemble, la confiance nécessaire au vivre-ensemble. Ces trois dimensions sont intimement liées et constituent les fondements d'une citoyenneté consciente, responsable et solidaire. À cet égard, la décision de Son Excellence le Général d'Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l'État, de consacrer la période 2026-2027 à l'Éducation et à la Culture revêt une portée toute particulière. Elle nous donne l'occasion de réinterroger nos priorités.

Car investir dans l'éducation, ce n'est pas simplement construire des salles de classe, c'est construire des consciences. Investir dans la culture, en plus de préserver des traditions, c'est préserver ce qui nous rassemble. Investir dans la jeunesse, en plus de préparer l'avenir, c'est décider de l'avenir.

Nous devons donc faire de cette période une véritable dynamique nationale. Une dynamique qui mobilise l'État, les collectivités, les éducateurs, les familles, les acteurs culturels, les leaders communautaires. Il faut surtout mobiliser notre jeunesse, car c'est elle qui héritera du Mali que nous construisons aujourd'hui.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

Le thème de cette cinquième édition nous invite également à élargir notre regard. Il nous invite à penser la réconciliation au-delà de nos frontières dans cette vaste communauté de destin qu'est l'espace sahélien, et plus particulièrement au sein de la Confédération des États du Sahel.

L'AES constitue notre horizon et cet espace partage une histoire, des cultures, des valeurs et des opportunités. Il partage aussi des défis. Face à des défis communs, nous devons avoir le courage de construire des réponses communes.

Notre réponse doit être collective, coordonnée et fondée sur une approche intégrée. La paix ne se gagne pas uniquement sur le terrain de la sécurité. Elle se construit aussi dans les écoles, dans les familles, dans les communautés, mais aussi et surtout dans les esprits. Elle se construit lorsque nos jeunes trouvent leur place, lorsque nos communautés se parlent, lorsque nos cultures sont respectées et valorisées, et lorsque chaque citoyenne et chaque citoyen se sent pleinement acteur du destin collectif.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

Les activités qui marqueront cette Semaine nationale de la Réconciliation traduisent concrètement la volonté du Gouvernement de faire de la réconciliation une réalité vécue au quotidien. Qu'il s'agisse de dialogues citoyens, d'activités culturelles et sportives, d'initiatives éducatives, d'actions de solidarité et de projets portés par les communautés, tout contribue à "laver le linge sale en famille". Car la réconciliation ne doit pas rester enfermée dans les salles de conférence.

Elle doit entrer dans nos familles. Elle doit vivre dans nos écoles. Elle doit se déployer dans nos quartiers, nos villages et nos communes. Elle doit rapprocher les communautés. Elle doit restaurer la confiance. Elle doit recréer les liens. Et surtout, elle doit donner à chaque Malienne et à chaque Malien la possibilité de devenir un acteur de la reconstruction, du développement et de la paix. C'est pourquoi, je lance un appel solennel à toutes les forces vives de la Nation afin que chacune, à son niveau, contribue pleinement à l'œuvre de paix, de réconciliation et de cohésion nationale.

Aux parents, je demande de faire de la famille le premier lieu de transmission du respect, du civisme et du sens du bien commun. Aux enseignants, je demande de faire de l'école non seulement un lieu où l'on apprend à lire, à écrire et à comprendre, mais aussi un lieu où l'on apprend à vivre ensemble.

Aux autorités religieuses et coutumières, je demande de continuer à porter, auprès de nos communautés, la parole de paix, de fraternité, de tolérance, de dialogue et de responsabilité.

Aux artistes et aux acteurs culturels, je demande de faire de leur talent une force de rassemblement, de faire de notre culture un langage commun et de notre patrimoine un trait d'union entre les générations.

Aux médias et aux acteurs des réseaux sociaux, je demande de faire de la vérité, de la responsabilité et de l'apaisement une exigence permanente.

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

Au moment où nous procédons au lancement officiel de cette cinquième édition de la Semaine nationale de la Réconciliation, je voudrais saluer et féliciter l'engagement constant du Ministre d'État, Ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, ainsi que l'ensemble de ses collaborateurs pour les efforts déployés en faveur de la pérennisation et de la réussite de cette importante initiative.

Le chemin de la réconciliation et de la paix est long, certes, les défis sont immenses, mais avec notre volonté commune, la réconciliation est à notre portée et la paix est possible. Nous avons le devoir de faire en sorte que, demain, nos enfants puissent dire : "Ils ont connu les divisions, mais ils ont choisi l'unité. Ils ont connu les épreuves, mais ils ont choisi l'espérance. Ils ont reçu un pays fragilisé, mais ils nous ont transmis un Mali plus fort."

Le Mali Kura est celui où chaque citoyen peut dire avec fierté : "Ce pays est le mien. Cette République est la mienne. Cette Nation est la mienne."

Que la recherche de la paix et de la concorde soit notre comportement de tous les jours. À toutes et à tous, je demande de faire de la SENARE un engagement quotidien en faveur de la paix, de l'unité et de la cohésion nationale. Que cette édition soit le point de départ d'une mobilisation renouvelée, d'un dialogue renforcé et d'une volonté partagée de consolider les liens qui unissent les filles et les fils de notre Nation.

Qu'Allah "Subhana wa ta'ala" protège notre peuple, ses Forces de Défense et de Sécurité, sa jeunesse et toutes ses forces vives. Qu'Il inspire chacun de nous afin que nous soyons dignes de l'héritage de nos ancêtres et à la hauteur des espérances de nos enfants.

Au moment de conclure, permettez-moi de rappeler une vérité essentielle : la réconciliation nationale n'est pas seulement une exigence du présent ; elle est un devoir envers notre histoire et une responsabilité envers les générations futures.C'est dans cet esprit de responsabilité, de confiance et d'espérance en l'avenir de notre pays que je déclare, au nom de Son Excellence le Général d'Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l'État, lancées les activités de la cinquième édition de la Semaine nationale de la Réconciliation.

    Vive la paix et la réconciliation nationale !"