A l'ONU, le Mali défend sa souveraineté et plaide pour un multilatéralisme reforme : Les vérités assénées par SE le ministre Abdoulaye Diop

Le Mali réaffirme sa détermination à sortir de la crise imposée

3 Octobre 2026 - 03:05
0
A l'ONU, le Mali défend sa souveraineté et plaide pour un multilatéralisme reforme : Les vérités assénées par SE le ministre Abdoulaye Diop

A la tribune de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a porté la voix du Mali au nom du président de la Transition, le général d'Armée Assimi Goïta. De la réforme du multilatéralisme à la lutte contre le terrorisme, en passant par les sanctions, la souveraineté, l'autonomie stratégique, la Palestine, le climat, l'intelligence artificielle et la migration, le chef de la diplomatie malienne a exposé les principales orientations de la politique extérieure du Mali.

Après avoir adressé les chaleureuses félicitations de la délégation du Mali à Son Excellence Khalilur Rahman du Bangladesh, pour sa brillante élection, depuis le 2 juin dernier, à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU, le ministre Diop l'a assuré "de la coopération de la délégation malienne" tout au long de son mandat, non sans rendre hommage à son prédécesseur "pour la conduite remarquable des travaux de la 80e session de l'Assemblée générale".

Pour rappel, ce prédécesseur est Mme Annalena Baerbock, ancienne ministre fédérale allemande des Affaires étrangères. Élue en juin 2025, elle a dirigé cette session historique marquée par le 80e anniversaire des Nations Unies, sous le thème : "Mieux ensemble : plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains". Son mandat, qui a débuté en septembre 2025, s'est officiellement clôturé le 8 septembre 2026.

Le Mali, par la voix de son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Son Excellence Monsieur Abdoulaye Diop, a adressé ses "vifs remerciements à Son Excellence Monsieur António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, pour son engagement, durant les dix dernières années à la tête de notre Organisation commune, au service de la paix, du développement et des droits humains à travers le monde".

Abordant le thème de cette 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU, le ministre Diop précise qu'il est "pertinent et d'actualité, car au-delà de la réflexion qu'il suscite sur la manière dont notre Organisation peut retrouver sa crédibilité et son efficacité dans un contexte international de crises multiples et de remise en cause du multilatéralisme, il appelle surtout à restaurer la confiance entre les Etats membres pour trouver des solutions communes et adaptées aux nombreux défis de notre temps".

En d'autres termes, au-delà des réflexions et déclarations d'intention portées par les discours développés lors de cette Assemblée générale, le Mali appelle surtout à l'action pour "un multilatéralisme réformé" auquel "le Mali réaffirme son attachement indéfectible", précise le ministre Diop, qui rappelle que ce multilatéralisme réformé, auquel le Mali fait foi, doit être "fondé sur le respect des buts et des principes de la Charte des Nations unies".

Dans cet élan, le ministre Diop affirme : "En nous éloignant de ces principes, nous nous rapprochons inéluctablement de cycles conflictuels".

Argumentant de fort belle manière ce point de vue du Mali, S. E. le ministre Abdoulaye Diop rappelle : "Nous le savons tous : les violations flagrantes du droit international, son application sélective, la persistance de la politique de deux poids deux mesures dans la gestion des crises à travers le monde, et le recours abusif à la force, à la menace, les politiques d'hégémonie, d'assujettissement et de domination, en violation de la Charte de notre Organisation, ont considérablement entamé la confiance des citoyens du monde dans les institutions internationales, en particulier les Nations unies".

"Le Mali appelle à la levée des mesures coercitives unilatérales, qui portent atteinte à la souveraineté des États…"

Le porte-parole du Mali, s'exprimant au nom de Son Excellence le général d'armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'Etat, déclare solennellement : "Le Mali appelle à la levée des mesures coercitives unilatérales, qui portent atteinte à la souveraineté des États et mettent en danger la vie et le bien-être des populations de la trentaine de pays à travers le monde affectés par ces sanctions". Il ajoute qu'à "toutes ces pratiques qui fragilisent la gouvernance mondiale actuelle, s'ajoute la lenteur d'anticipation des Nations unies qui l'oblige, a posteriori, à jouer impuissamment les observateurs des crises qui secouent le monde".

Citant le cas du Sahel, S. E. Monsieur Abdoulaye Diop rappelle que cette partie de l'Afrique, depuis plus d'une décennie, est confrontée à une crise sécuritaire, provoquée notamment par l'intervention militaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (Otan) en Libye en 2011.

"Aventure militaire aux risques non maîtrisés, l'action militaire de l'Otan en Libye a considérablement aggravé la situation sécuritaire, politique, humanitaire et des droits humains dans notre région, notamment par la propagation du terrorisme et de l'extrémisme violent", dénonce le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, avant de déclarer : "Face à ce sombre tableau, il est légitime de s'interroger sur l'efficacité des leviers dont dispose notre Organisation. C'est pour cela que nous avons accueilli favorablement le processus de revue stratégique du Bureau régional des Nations unies en Afrique de l'Ouest et au Sahel, qui doit aboutir à un schéma plus conforme aux réalités et préoccupations des populations concernées".

Condamnation ferme du terrorisme international et dénonciation des  Etats qui le soutiennent

Du haut de cette tribune qui permet de faire entendre la voix du Mali dans le monde entier, le chef de la diplomatie malienne réitère d'une voix ferme la condamnation du terrorisme international, mais aussi et surtout, il dénonce les États qui soutiennent ce qu'il qualifie de "crime organisé transnational".

Ainsi s'exprime-t-il : "Le gouvernement du Mali réitère sa ferme condamnation du terrorisme international et de ses sponsors étatiques étrangers, qui financent, arment, fournissent la logistique et les renseignements à ce crime transnational organisé".

Dans la foulée de cette condamnation solennelle, S. E. Monsieur le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali ajoute : "Après les premières déclarations de l'Ukraine, qui dès 2024 assumait son soutien aux groupes terroristes opérant au Sahel, ce pays a réitéré publiquement, au Sommet de l'Etat, son ingérence en Afrique".

"Agissements inacceptables de l'Ukraine"

S. E. Monsieur le ministre Abdoulaye Diop cite nommément l'Ukraine pour dénoncer publiquement, du haut de la tribune de l'ONU, les agissements nuisibles de ce pays, en contradiction flagrante avec lui-même : "Au-delà de nos Etats, d'autres sources indépendantes corroborent aujourd'hui ces agissements inacceptables de l'Ukraine. Voici là un pays qui prétend défendre son intégrité territoriale et qui, sous d'autres cieux, notamment en Afrique et au Sahel, apporte un appui clair et assumé à des groupes terroristes et à d'autres groupes mafieux pour porter atteinte à l'intégrité territoriale de notre pays".

Dénoncer ne suffit pas ! Il faut interpeller. Mieux, il faut mettre au-devant de ses responsabilités la communauté internationale restée dans une passivité complice : "Face à l'histoire, la communauté internationale, et particulièrement l'Afrique, ne peuvent continuer à garder un silence coupable face aux agressions de l'Ukraine, aux conséquences énormes pour les pays africains et bien au-delà. Nous ne sommes pas dupes, l'Ukraine n'est que la partie visible de l'iceberg de la déstabilisation de nos pays afin de briser leur volonté d'émancipation d'une tutelle coloniale à jamais révolue".

Les trois formes du terrorisme expliquées par le ministre Abdoulaye Diop

Le terrorisme, "entretenu et soutenu, se manifeste essentiellement sous trois formes", explique le ministre Diop : "D'abord une forme armée qui s'attaque aux populations civiles et à nos Forces de Défense et de Sécurité ; une forme économique qui vise à asphyxier nos pays ; et une forme médiatique à travers la désinformation organisée et systématique de la part de certains médias dont nos pays sont victimes de certains médias nostalgiques d'un passé colonial révolu".

La preuve de cette "connexion dangereuse", dénonce le ministre : "Les attaques complexes et coordonnées des 25 avril et 4 juillet 2026 dans plusieurs localités au Mali, ayant causé de nombreuses victimes".

Rappelant que les réponses régionale et internationale, y compris le déploiement de forces internationales, n'ont pas permis d'endiguer ces crises sécuritaires complexes et les massacres des populations sahéliennes, S. E. Abdoulaye Diop affirme : "C'est la raison pour laquelle Leurs Excellences le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l'Etat et président de la Confédération des Etats du Sahel (AES), le général d'armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'Etat de la République du Mali et le général d'armée Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger, chef de l'Etat, ont pris la décision historique de créer, le 0 juillet 2024 à Niamey au Niger, la Confédération des Etats du Sahel, afin de prendre en main le destin de nos pays".

La délégation du Mali adhère au discours prononcé par Son Excellence Monsieur Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, au nom de l'AES Après avoir rappelé que, de sa création à nos jours, la Confédération AES a permis de réaliser des progrès réels et encourageants dans ses différents périmètres d'action, le ministre déclare : "Je réaffirme ici la détermination de nos trois Chefs d'État à poursuivre et à intensifier cette lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations. La délégation du Mali adhère pleinement au discours qui sera prononcé par Son Excellence Monsieur Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, au nom de la Confédération des Etats du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, la République du Mali et la République du Niger".

"Il n'y a pas de bon ou de mauvais terroriste"

Après avoir souligné que les Forces maliennes, seules, et dans le cadre de la Force unifiée de l'AES, ainsi qu'avec l'appui de la Fédération de Russie, "sont aujourd'hui sur le front de la lutte contre un terrorisme imposé, une guerre hybride par procuration dont l'enjeu dépasse notre espace et menace d'autres régions", le ministre salue "l'ensemble des partenaires qui continuent de soutenir le Mali et les pays du Sahel dans ce contexte difficile", avant de déclarer : "La victoire contre le terrorisme, cette menace existentielle globale, appelle à la mutualisation des efforts et des moyens, mais aussi et surtout à une compréhension partagée du phénomène terroriste, car contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, il n'y a pas de bon ou de mauvais terroriste".

Disons-le haut et fort : un bon ou un mauvais terroriste, cela n'existe évidemment pas. Un terroriste le reste et ne peut être qualifié de bon ou de mauvais. Cette allusion faite par le ministre vaut son pesant d'or, car elle a le mérite de rappeler à l'ordre ceux qui, de mauvaise foi, tentent de faire le départ entre de bons et de mauvais terroristes afin de chercher à disculper des amis sous leurs ordres. Alors que ces prétendus bons terroristes sont des semeurs de troubles et de désolation partout où ils passent, autant que ceux présentés comme mauvais. C'est donc une diversion qui ne passe pas. Telle est la portée de ce passage de la déclaration du Mali à l'ONU. Il y a donc lieu de rappeler, devant l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, que les trois pays membres de la Confédération AES restent ouverts à la coopération avec tous les partenaires, mais il faut préciser, à l'instar du ministre Diop, qu'il s'agit des partenaires "qui le souhaitent et qui respectent les principes cardinaux qui gouvernent désormais l'action publique de nos pays, à savoir le respect de la souveraineté, et de l'intégrité territoriale de nos États, le respect de nos choix stratégiques et de partenariats, ainsi que la prise en compte des intérêts de nos populations. Nous n'avons pas, à cet égard, d'injonction à recevoir, nous attendons plutôt une collaboration et un partenariat sains et sincères dans le respect mutuel".

Réaffirmation des principes directeurs de la diplomatie malienne

Il résulte de cette dynamique que le Mali, "conformément aux principes et buts de sa politique extérieure, continuera d'inscrire son action diplomatique dans la dynamique de promotion des relations de bon voisinage, de respect de la souveraineté, de respect mutuel, de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats et de règlement pacifique des différends", martèle le ministre Abdoulaye Diop, qui saisit l'occasion pour s'incliner devant la mémoire de toutes les victimes de la lâche barbarie terroriste et qui sont héroïquement tombées au champ d'honneur. A ce niveau, il a rendu un hommage particulier au général Sadio Camara. Ensuite, le ministre a rendu un vibrant hommage aux Forces maliennes de défense et de sécurité.

"La souveraineté du Mali nous est chère et n'est pas négociable…"

Informant l'Assemblée que le "gouvernement s'attèle résolument à la mise en œuvre d'une stratégie globale, intégrée et cohérente de stabilité et de prospérité du pays", S. E. le ministre Abdoulaye Diop rappelle qu'à la faveur de cette stratégie, "l'État garde la main tendue à tous ceux qui sont prêts à déposer les armes et à rejoindre la République, conformément aux conclusions du Dialogue inter-malien et à la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale. Déjà, des milliers d'ex-combattants qui remplissent les conditions ont soit rejoint les rangs de nos Forces de défense et de sécurité, soit intégré des fonctions civiles". Il rappelle, à haute et intelligible voix, que "la souveraineté du Mali nous est chère et n'est pas négociable. Elle ne se limite pas à la défense du territoire mais doit également permettre à notre pays de maîtriser ses choix économiques, de contrôler et valoriser ses ressources naturelles, de renforcer son économie productive et de créer davantage d'opportunités pour sa jeunesse". C'est dans cet esprit, explique-t-il, que le Gouvernement demeure engagé pour la mise en œuvre de la Vision Mali Kura 2063 et de la Stratégie nationale pour l'émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033). "Ces deux programmes, tant ambitieux que structurants, visent à répondre, de manière cohérente et durable, aux aspirations légitimes des populations maliennes. Ils constituent le pacte des générations et traduisent la volonté de bâtir un Etat souverain, une économie compétitive, une société juste et un pays où chaque citoyen pourra se réaliser et s'épanouir dans la dignité".

"La relance économique et le bien-être des populations, maillons indispensables à l'atteinte de la paix et de la stabilité durables"

Rappelant que le gouvernement a placé au cœur de son action la relance économique et le bien-être des populations, maillons indispensables à l'atteinte de la paix et de la stabilité durables, S. E. Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, déclare : "Ainsi, à travers des réformes appropriées, outre la gouvernance politique, le Gouvernement a considérablement amélioré la gouvernance économique, notamment la gestion efficiente des affaires publiques et la mobilisation accrue des ressources intérieures et je dois le dire, nos pays travaillent ardemment pour pouvoir générer en notre sein des ressources nécessaires car nous restons convaincus que l'aide internationale, aussi utile soit-elle, n'a jamais développé un pays".

"Nos pays continueront doncà compter sur eux-mêmes pour pouvoir se développer…"

Décidément très en verve, le chef de la diplomatie malienne poursuit ainsi : "Quand nous comparons les niveaux de l'aide internationale par rapport aux besoins de financement de nos pays, la prise en charge des millions de jeunes gens qui arrivent sur le marché du travail au Mali, au Burkina, au Niger et en Afrique, nous constatons que l'aide au développement ne nous permettra jamais d'inverser la tendance. Il nous faut générer des ressources en notre sein, il nous faut avoir confiance en nous-mêmes et générer de nouveaux types de financement non avilissants, sans considérations géopolitiques qui mettent nos pays en retard. Nos pays continueront donc à compter sur eux-mêmes pour pouvoir se développer tout en gardant ouverte la porte à ceux qui souhaitent travailler avec nous".

Précisant que les dépenses publiques "sont désormais orientées vers les investissements structurants dans des secteurs productifs et en soutien au meilleur accès des populations aux services sociaux de base, à la formation et à l'emploi des jeunes et des femmes", le ministre déclare : "Cette ambition implique également de renforcer la transformation locale de nos ressources naturelles, de développer les capacités nationales de production et de faire de la jeunesse malienne un acteur majeur de notre transformation économique et sociale".

"Poursuivre sa Refondation nationale afin de garantir durablement la sécurité, la justice et le bien-être…"

Affirmant que le Mali entend poursuivre sa Refondation nationale afin de garantir durablement la sécurité, la justice et le bien-être pour l'ensemble de ses filles et de ses fils, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale rappelle qu'aux plans régional et international, "le gouvernement du Mali reste très attentif à l'évolution de la situation en Afrique et dans le reste du monde. A ce titre, le Mali encourage les efforts en vue de la résolution rapide et durable des différents conflits sur le continent".

Soutien total au peuple palestinien

En ce qui concerne la situation au Moyen-Orient, "le Mali réaffirme son soutien total au peuple palestinien frère dans sa lutte légitime d'exister en tant qu'État de plein droit", déclare S. E. le ministre Diop avant de laisser entendre : "Rendons-nous à l'évidence : l'Ordre international est à l'heure du grand basculement et de profondes mutations. L'ignorer nous éloignera davantage des solutions les mieux adaptées…

La question n'est plus de savoir si nous nous dirigeons vers un monde multipolaire, mais plutôt quels seront les acteurs majeurs des différents pôles et comment ces acteurs entendent coopérer pour répondre aux aspirations des Peuples de la planète que nous avons en partage".

"Notre objectif est d'atteindre l'autonomie stratégique du Mali, de l'AES et de l'Afrique"

Pour le porte-parole du jour portant la voix du Mali à l'ONU : "Nous parlons bien de coopération et non de confrontation ni de loi du plus fort pour régenter le monde. Dans ce nouvel environnement international complexe et tumultueux, le Mali entend poursuivre une politique extérieure fondée sur l'égalité souveraine des États, la diversification de ses partenariats, la défense de ses intérêts nationaux et un engagement constructif pour la paix et la prospérité du monde… Notre objectif est d'atteindre l'autonomie stratégique du Mali, de l'AES et de l'Afrique, tant dans le domaine de la sécurité que du développement. Cette autonomie stratégique n'est pas synonyme de rupture mais vise plutôt à faire de l'Afrique un partenaire crédible et indispensable pour la stabilité et la prospérité du monde".

Le changement climatique et la désertification constituant pour le Mali et le Sahel un facteur de vulnérabilité économique, sociale et environnementale, le Mali invite les États membres à mettre l'accent sur l'adaptation, l'accès aux financements climatiques et aux technologies endogènes, ainsi que sur les solutions adaptées aux réalités sahéliennes. "Nous plaidons pour une meilleure articulation entre lutte contre la désertification, sécurité alimentaire, gestion de l'eau, prévention des risques et des conflits et résilience des territoires", dit le ministre.

"L'IA doit être une technologie que nous adaptons à nos réalités et que nous contribuons à développer"

Au sujet des avancées technologiques exceptionnelles que connaît le monde, au nombre desquelles l'intelligence artificielle générative, le ministre reconnaît que c'est "un autre défi au cœur des débats passionnants de nos jours".

Si l'intelligence artificielle "constitue une technologie stratégique qui offre des possibilités considérables et présente également des risques", affirme le ministre, qui ajoute : "Nous devons être lucides : l'IA ne doit pas être uniquement une technologie que nous consommons. Elle doit devenir une technologie que nous maîtrisons, que nous adaptons à nos réalités et que nous contribuons à développer. Cette ambition implique de définir nos priorités et de mettre en place un environnement juridique et éthique adapté".

S. E. Abdoulaye Diop, après avoir rappelé que pour le Mali la souveraineté numérique et technologique "constitue désormais une dimension essentielle de la souveraineté nationale", déclare : "Nous devons notamment investir dans les compétences, la recherche, l'innovation et les infrastructures nécessaires pour que nos jeunes puissent participer pleinement à cette transformation. C'est pourquoi le Chef de l'État a mis en place le Centre d'Intelligence artificielle et de Robotique du Mali, qui favorise la souveraineté numérique du pays".

"Le Mali appelle donc au respect des droits des migrants…"

Sur les questions de migration internationale, le Mali, à la fois pays d'origine, de transit et d'accueil de migrants, renouvelle son attachement à la coopération internationale et estime que la mobilité humaine est une richesse pour l'humanité, laisse entendre le ministre, avant d'affirmer : "Dans cette salle, il est important de le dire, pour nous, les mouvements ne constituent pas une menace, ils ont toujours constitué une richesse.  Tous les pays présents dans cette auguste Assemblée ont bénéficié de la migration, même s'il faut en gérer certains aspects. Le Mali appelle donc au respect des droits des migrants, conformément aux dispositions pertinentes des conventions internationales".      

 

 El Hadj A.B. HAIDARA

 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (0)

User
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (136)
  • Nfp (67)
  • Kan (18)
  • Sylla (17)
  • Coulibaly Yacouba (16)