21 mai 2016, une date historique : l’opposition bat le pavé

25 Mai 2016 - 00:19
Mis à jour: 10 ans
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21 mai 2016, une date historique : l’opposition bat le pavé
Gestion chaotique du Mali : Après les dénonciations, l’opposition montre ses muscles
La marche de l’opposition a mobilisé une marrée humaine de la Place de la liberté à celle de l’indépendance. Cette marche, qui a eu lieu le 21 mai, avait pour but de dénoncer la mauvaise gouvernance du pouvoir actuel. Elle a regroupé dix partis politiques de l’opposition ainsi que certains partis de la mouvance présidentielle. Tout au long de l’itinéraire de la marche, les manifestants scandaient des slogans contre la vie chère. En présence de tous les chefs de l’opposition. Selon l’opposition, cette marche pour le Mali est une démonstration de force au pouvoir en place, en lui montrant qu’elle peut faire mieux encore, mais d’une manière pacifique. Ce sont des milliers de personnes qui sont sorties pour participer à cette marche de l’opposition. Les manifestants brandissaient plusieurs banderoles, sur lesquelles on pouvait, lire entre autres : «nous marchons contre la vie chère, les coupures d’électricité et d’eau» ;  «nous marchons contre l’insécurité et l’insalubrité, l’arrogance et le mépris ; la mauvaise gouvernance, la corruption généralisée, l’ingérence de la famille dans les affaires de l’Etat ; la dilapidation des maigres ressources du pays, la mauvaise gestion du nord, la partition de fait du pays, le détournement des ressources destinées à la défense et à la sécurité du pays». À côté de ces protestations, il y a avait également des revendications adressées au pouvoir : l’emploi des jeunes, la paix et la réconciliation nationale, le retour du président ATT au bercail, la tenue d’assisses/ concertations nationales en vue de sauver notre pays. Faut-il le préciser, la marche était à l’initiative d’une dizaine de partis politiques : Urd, Fare, Pdes, Pids, Psp, Parena, Pla, Ancd-Mali, Fcd… Le chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé, a demandé aux marcheurs d’observer une minute de silence en la mémoire des disparus de tous bords politiques, avant d’ajouter, après avoir donné un carton jaune au gouvernement, et que celui d’aujourd’hui est rouge. Et comme pour galvaniser la foule, M. Cissé lui a posé ces questions : Est-ce que ça va dans le pays ? Est-ce que ça va au Mali ? Il a ensuite expliqué aux marcheurs les raisons de la marche inédite de l’opposition. «Nous sommes là parce que ça ne va pas ! Et pourtant nous avons alerté ! Oui, nous avons toujours dénoncé toutes les dérives qui caractérisent la gouvernance de notre pays ! Et pour toute réponse, nous avons eu le mépris des autorités et la diffamation publique. Nous avons été traités d’apatrides, de «hassidi» !» précisera-t-il. Pour le chef de file de l’opposition, «notre Mali est en terribles souffrances sociales, en persistantes déviances affairistes, en misères économiques grandissantes et en méfiances inquiétantes de la communauté internationale et des investisseurs. Plus de 30 mois d’immobilisme, voire de recul ont anéanti l'espoir, le bonheur et l'honneur tant promis. Or, notre peuple n’aspire qu’à la paix, à la quiétude dans la solidarité et le partage». D’où, dit-il, toute la pertinence de la Marche pour le Mali, «pour faire entendre le cri de désespoir de notre peuple. Le cri du peuple est notre cri à tous et c’est ensemble que nous devons désormais nous engager au chevet de notre pays pour le bien-être des populations, au-delà de tous les clivages politiques…». De même, dans sa déclaration, il a exigé que la priorité soit donnée à une paix durable, avant de demander de refuser catégoriquement la partition du pays dont les conséquences diviseraient notre peuple, et exiger avec force la création massive et pertinente d’emplois pour les jeunes ; de soulager la souffrance du peuple par des subventions de denrées de première nécessité. Selon Tiébilé Dramé, membre de l’opposition, le pays vit dans l’incertitude, «les Maliens ont la nette impression d’une action publique sans but, sans visibilité, d’un exercice du pouvoir qui tourne à vide, de l’absence de réformes, de direction et d’engagement». D’après lui, les Maliens s’interrogent sur le manque d’ambitions de la gouvernance actuelle, car les incantations ne peuvent tenir lieu de réponses à leur angoisse. «Aujourd’hui au Mali, des centaines d’écoles sont fermées, des milliers d’écoliers sont privés d’études. Aujourd'hui au Mali, des centaines de centres de santé sont fermés, des milliers de Maliens sont privés de soins primaires ; aujourd’hui au Mali, des centaines d’enseignants, des fonctionnaires sont au chômage faute de classes, de bureaux, venant s’ajouter aux milliers de jeunes sans emploi ni espoir. Aujourd'hui au Mali, tous les foyers sont privés d’électricité de jour comme de nuit à cause des coupures intempestives ; aujourd'hui, les Maliens peinent à avoir de l'eau potable à cause des coupures incompréhensibles», a-t-il affirmé. Et de poursuivre : «Aujourd’hui au Mali, les communautés maliennes s’affrontent à coup d’armes de guerre après des millénaires de cohabitation fraternelle et pacifique ; aujourd’hui au Mali, personne ne peut s’aventurer en dehors des grandes villes au risque de se faire tuer ; aujourd'hui, le Nord du Mali est caractérisé par l'absence totale de l'État et les populations abandonnées à elles mêmes». Toutes choses, selon lui, qui incitent à s’atteler à la redéfinition du rôle de l'État. Même son de cloche chez les marcheurs, selon lesquels,  «depuis trente mois, notre peuple attend toujours que l’État affirme son autorité, qu’il prenne ses responsabilités, et d’abord ses responsabilités en matière de sécurité et de défense du territoire. Depuis trente mois, notre peuple réclame le respect des lois, une justice égale pour tous ; depuis trente mois, notre peuple souhaite que le pays connaisse la stabilité, que l’action des autorités publiques soit transparente et contrôlable». Revenant à la déclaration lue lors de la marche par le chef de file de l’opposition, il a rappelé que le 12 avril 2016 «les partis politiques de l’opposition républicaine et démocratique ont décidé solennellement de se retirer du cadre de concertation ministère de l’administration/présidents des partis politiques, pour ne plus s’associer à une quelconque concertation qui ne prend pas en compte les vrais problèmes politiques et institutionnels du pays. Douze mois après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, le gouvernement est toujours au stade de tâtonnement et de tergiversation là où il a pris des engagements explicites». À l’en croire, ces constats affligeants dénotent de la politique de fuite en avant qui caractérise l’action gouvernementale au Mali depuis deux ans et demi. «Pour toutes ces raisons et tant d’autres, l’opposition républicaine et démocratique marche pour le Mali et prend à témoin le peuple malien et la Communauté internationale pour exiger fermement du Gouvernement de la République, ce qui suit : des Assises Nationales pour la Refondation de l’État, le retour du Président ATT pour une vraie réconciliation nationale, la fin de la dilapidation des ressources publiques, l’emploi pour les jeunes, une meilleure dotation des FAMAS pour la défense de l’intégrité du territoire et la sécurisation des personnes et de leurs biens, une gestion transparente des ressources allouées aux FAMA, un allègement de la souffrance quotidienne des ménages, la fin de la gestion patrimoniale de l’État, une meilleure présence de l'État et de ses démembrements (Éducation, Santé, Administration...) sur toute l'étendue du territoire national, le retour au dialogue pour contenir un malaise social grandissant», a déclaré M. Cissé. À noter que les partis politiques de l'opposition républicaine et démocratique demandent par ailleurs au gouvernement la plus grande attention. Ousmane DIAKITE/Stagiaire

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Commentaires (37)

User
kota
kota 10 ans
Oui la marche contre la vie chère,oui la marche contre la corruption,contre la mauvaise gestion et la délinquance financière,mais nous disons non à une marche qui vise à sauver l’image et la carrière de Soumaïla cissé.Cette marche n’est autre chose que de distraire les maliens et nous faire oublier l’affaire des milliards détournés par soumi voleur,car il est présumé voleur dé tourneur et frondeur de 27 milliard pour le 300 forage,ils veulent juste menacer et faire peur le gouvernement,alors nous,nous ne rentrerons pas dans leur bateau.
yaya
yaya 10 ans
Cette marche de l’opposition a été une manifestation opportuniste avec comme but de tromper une fois de plus la conscience des maliens. Détourner la vigilance des uns les autres. Voiler leur mauvaise foi. Cacher la vraie réalité de leur ignorance et de leur médiocrité en politique. Sinon la mauvaise gestion c’est eux, le mal malien c’est eux, l’erreur malienne c’est eux. Qu’ils aillent se faire voir ailleurs.
Sergent
Sergent 10 ans
Les maliens ont compris le jeu de l’opposition malienne, qui ne voit que le bout de leur nez, le Mali est un pays qui vient d’une crise profonde, cette crise est la cause de leur mauvaise gouvernance, l’histoire est récent, IBK est venu à peine 3 ans et ce n’est une baguette magique qu’il va tout régler. Il est facile de critique, mais la gestion en est une autre. *****************************************
Bauer
Bauer 10 ans
L’opposition de voleur, manipulateur, menteur, les maliens ont compris leur jeu, nous sommes dans une situation ou nous voulons la paix dans tout le Mali, c’est en ce moment que les mauvais fils du Mali, déstabiliser encore le Mali, pour cause cette les arranges.
kant
kant 10 ans
Soumi le voleur, Tièbilé le manipulateur, Modibo et Gassama les menteurs, les maliens ont compris votre jeu, la marche oui la marche, pour quoi, pour la mauvaise gouvernance, Soumi tu ne peux pas nous dire ça, ton affaire de 27 milliards où en sommes nous?
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