Affaire Adama Sangaré : Mohamed Ali Batchily en situation d’abus de pouvoirs

18 Jan 2014 - 17:16
Mis à jour: 13 ans
17
[caption id="attachment_174862" align="aligncenter" width="620"] Ministre malien de la Justice, Garde des sceaux, M.Mohamed Ali Bathily Ministre malien de la Justice, Garde des sceaux, M.Mohamed Ali Bathily[/caption] La tête du maire du district du district, Adama Sangaré, déplait-elle autant au ministre de la justice qui cherche à obtenir son incarcération à tout prix? L’on peut se poser la question vu les tournures juridico judiciaires que l’affaire est entrain de prendre avec le refus de deux magistrats, Daniel Tessougé et Mohamed Sidda Dicko, respectivement Procureur Général près de la Cour d’Appel, et juge anti-corruption, de céder à la pression du Ministre de la justice Garde des Seaux, Mohamed Ali Batchily.       Ministre de la justice, chef hiérarchique du corps de la magistrature, Me Mohamed Ali Bathily, connaît très bien la manière dont fonctionne la justice. Pourtant, dans l’affaire qui l’oppose au maire du district Adama Sangaré, on a comme l’impression que le garde des Seaux -pour des raisons que le commun des Maliens ignore, -veut tourner voire contourner la procédure, préférant user de ses pouvoirs de ministre et dicter au juge Tessougé (Procureur Général près de la Cour d’Appel de Bamako) et Mohamed Sidda Dicko (Juge anti-corruption et non moins Procureur de la République près du tribunal de première instance de la commune III) la conduite à tenir, où qu’il veut qu’ils tiennent dans cette affaire pour laquelle il semble avoir un intérêt tout particulier.     Enfilant quasiment sa toge d’avocat, le ministre Batchily, depuis quelque temps, défraie la chronique par ses sorties spectaculaires dans une de cette affaire où il cherche, de toute évidence, à rendre justice; Mais à qui ?     L’avocat garde des Seaux y gardera longtemps le mystère. Mais, la pression qu’il exerce sur la magistrature et les orientations qu’il veut donner à d’éminents procéduriers, permet de se poser cette autre question : Pour qui roule M. le ministre de la justice ? Car, il faut dire que dans cette affaire on a de la peine à faire la distinction entre le ministre de la justice et…l’avocat. Surtout après la conférence de presse qu’il a organisé, la semaine dernière, pour étaler en public le conflit qui l’oppose à deux éminents magistrats et dans une affaire qui n’a rien d’extraordinaire pour ces magistrats de plusieurs années d’expérience professionnelle : Daniel Tessougué et Mohamed Sidda Dicko.     Dans une première correspondance (en date du 3 octobre 2013), le ministre de la justice adresse au Procureur général près de la Cour d’appel une plainte «Pour ouverture d’enquêtes». La lettre est signée du secrétaire général de son département et fait référence  dans l’affaire Mairie de la commune IV contre le maire du district de Bamako.       Dans une deuxième correspondance en date du 14 octobre 2013, le ministre envoie directement au Procureur de la République du tribunal de la commune III, une plainte contre Adama  Sangaré pour «Faux et usage de faux ». Dans ses conclusions (pardon dans sa lettre) le ministre Batchily écrit ceci : «Selon les renseignements, de graves suspicions de faux et usage de faux pèserait sur le sieur Adama Sangaré, maire du District dans l’attribution des terres dans sa circonscription se traduisant par l’extorsion de biens d’autrui, des attributions de parcelles sur les titres fonciers d’autrui. C’est pourquoi, je vous instruis de faire procéder par le Procureur près du tribunal de première instance de la commune III à l’ouverture d’une enquête sur ces faits pour établir la vérité, en rassembler les preuves et procéder à l’arrestation d’Adama Sangaré pour les besoins de la dite enquête.. ».     Il faut dire que le ministre de la justice n’a pas été satisfait des résultats auquel est parvenu le juge anti corruption.     En effet, celui-ci, quelques jours après la lettre du ministre, écrit à son tour au Garde des Seaux, à qui il explique l’impossibilité qu’il y a d’incarcérer Adama Sangaré contre lequel ses enquêtes n’ont, selon lui, révélé aucune faute susceptible d’être retenue comme infraction commise par le maire du district.     Le Garde des Seaux ne s’attend pas à une telle conclusion et pique une colère. Il demande néanmoins au juge anticorruption d’incarcérer le maire du district disant détenir lui-même les preuves ( ?) que celui-ci a bel et bien fauté. Une méthode cavalière que le juge Dicko n’a pas voulu cautionner, disant au ministre qu’il préfère bien perdre son poste que de perdre sa dignité.     En prenant en main les destinées du pays, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita (nul ne l’en veut pour ça), a déclaré qu’il sera intraitable sur la lutte à mener contre la corruption et la délinquance financière. Mais, il a aussi dit et redit que cela se fera dans le strict respect du droit.     Le  Ministre de la justice doit dès lors se doit de se conformer à cette volonté politique. Le bras de fer qu’il a engagé avec la magistrature n’augmentera pas forcément sa cote auprès du chef de l’Etat, dont le combat est de refonder l’Etat dans tous ses pans, sans tomber dans l’abus de pouvoir…     Papa Sow/Maliweb.net  

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (17)

User
Jao
Jao 13 ans
Soyons honnete et un peu objectif... Si Adama est arrete pour les besoins de l' enquete et que sa presomption d innocence aboutisse, il peut se pourvoir ou il veut, c est son droit le plus absolu. Mais Je ne vois pas pourquoi s'opposer a son simple arrestation, est il au dessus de la loi. Si son arrestation est la condition pour enclenche un proces equitable selon le Garde des sceaux ou est le probleme. Beaucoup de gens ont ete arrete et acquittes aevc reparation. Il faut que la justice fonctionne a l, entendement du Ministre, sinon il n aura pas sa raison d etre. Chers amis aide le ministre a faire fonctionner la justice, n'encourageons pas les mauvais comportement de ses collaborateurs qui ne son ni juge ni president de la Rep. Ils sont simples executant des ordres.... Quitte aux juges le verdict final..... Personnellement j en ai ras le bol de cette entorse futule du bon fonctionnement de notre justice
TBarou
TBarou 13 ans
Les journalistes maliens sont en manque cruel de capacite d'analyse sur des sujets ayant trait aux A-B-C du journalisme. Un journaliste doit avoir un raisonnement scientifique focalise sur le sujet a traiter et non sur les personnes ou une quelconque opinion personnelle. Regardez la conclusion de l'article. C'est lamentable ces gars.
kalusha
kalusha 13 ans
Me Bathily est un homme juste et plein de rigueur il doit rendre la justice, adama Sangaré doit être interpellé, jugé et condamné. Me bathily n'a rien contre lui il veut seulement l'application de la loi. Bonne chance et du courage Mr le Ministre
kalusha
kalusha 13 ans
Me Bathily est un home juste et plein de rigueur,il doit interpellé et jugé par rapport aux qu'il a pose. Du courage mr le ministre et bonne continuation
P.kagame2030
P.kagame2030 13 ans
Je ne vois aucun abus de pouvoir de la part du Ministre Bathily dans cette affaire de Adama SANGARE. Cest plutot une honte que le procureur concerne laisse Adama diluer la loi sous le pretexte qu'il a pu restitue les parcelles qu'il avait volees. Une violation de loi est une violation de loi et doit etre punie...restitution ou pas. Car la loi avant tout doit en partie etre une fin en soi. Deja quand on peut restituer cest parce que on a volé assez pour restituer. Au Mali voila comment on restitue un degat: -On paye un avocat corrupteur qui peut faire les demarches -On paye les victimes (affamees et plus souvent entourees de parents mediocres) en cash en plus de leurs parcelles - On paye le procureur - On paye les avocats de victimes Tout cela au detriment de la LOI.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (144)
  • Nfp (69)
  • Citoyen du monde (47)
  • Kankan (25)
  • Coulibaly Yacouba (23)