Le dossier des fausses immatriculations, qui défraie aujourd’hui la chronique, a connu un réchauffement judiciaire spectaculaire avec l’incarcération de ce haut responsable de la douane, en l’occurrence le patron du BMEX, qui avait été interpellé, il y a quelques jours, par le pole économique.
La procédure judiciaire concernant l’épineux dossier lié aux fausses immatriculations, toujours pendant à la justice, vient de connaître en fin de semaine une évolution spectaculaire : le patron de la BMEX, M. KANTE, interpellé dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur le dossier au niveau du pole économique, vient d’être placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison centrale de Bamako. Ce haut responsable, entendu par le pole économique, en même temps que de nombreux autres cadres de la douane, est donc à ce jour le seul patron de ce service public à être incriminé dans cette procédure judiciaire, enclenchée il y a quelques mois, au niveau des enquêtes douanières.
La semaine dernière, toujours dans le cadre des investigations judiciaires, de nombreux responsables de la douane, dont le directeur général lui-même, ont été entendus au pole économique. Histoire, dit-on, pour le parquet de mieux appréhender le mécanisme des immatriculations de véhicules à travers les faux dossiers décelés par les enquêteurs de la douane, lesquels, il y a environ six mois, sont sur la piste d’un réseau de faussaires. Au niveau de la sous-direction des enquêtes douanières, ce sont à la date d’aujourd’hui quelques 263 cas de faux qui ont été démasqués pour l’année 2006 sur lesquels, selon des statistiques établies, précisément 110 cas ont été saisis. Dans ce lot de voitures saisies, selon toujours les sources proches du dossier, une bonne cinquantaine a été régularisée avec paiement de droits y afférents.
En fait, la suite judiciaire de ce dossier cadre parfaitement avec la logique des enquêteurs de la douane, dès le début de cette affaire, lesquels, au niveau de la division recherche et interventions, avaient misé sur des cas isolés au sein de la douane et non une systématisation de la fraude sur les immatriculations. Ce qui, à leur sens, relèverait d’un risque démesuré et cela, en raison de la nature même du processus d’immatriculation, faisant intervenir, outre la douane, plusieurs services techniques de l’administration publique. Les enquêteurs de la douane, exprimant leur détermination à poursuivre les investigations utiles en la matière, afin d’apporter la lumière sur ce dossier des fausses immatriculations, avaient, en revanche, indiqué qu’il n’y avait pas lieu d’incriminer qui que ce soit pendant que les investigations se poursuivent.
Comme pour dire que la prudence observée par les enquêteurs dans ce dossier, pour le moins sensible, a aujourd’hui payé du fait qu’il ne leur appartenait pas de jeter le discrédit sur qui que ce soit d’autant que les responsabilités pourront être établies à la fin des investigations judiciaires, comme l’a laissé entendre, en son temps, l’un de leurs chefs responsables, lequel en l’occurrence s’était gardé d’enfoncer le clou dans l’accusation au motif qu’il n’en avait pas le droit. Dés le début de cette procédure, on voit nettement que la seule volonté qui animait les enquêteurs de la douane était de remonter la filière de cette fausse immatriculation et d’identifier les différentes poches du circuit des faussaires au niveau des différents services techniques intéressés par cette opération. D’ailleurs, rapporte-t-on de sources concordantes, des missions d’enquête seraient même dépêchées dans les régions dans le but d’élargir l’assiette de ce contrôle administratif et technique. La procédure judiciaire suivra-t-elle le même acheminement ?
Affaire à suivre donc !
Par Sékouba SAMAKE