De 91 à nos jours, le Mali aurait mal partout : Faut-il remettre en cause la démocratie ou les hommes chargés de l’animer ?

19 Août 2019 - 01:22
Mis à jour: 7 ans
29
De 91 à nos jours, le Mali aurait mal partout : Faut-il remettre en cause la démocratie ou les hommes chargés de l’animer ?
Et pourtant, c’est au prix du sang des martyrs, dont l’on craint qu’ils soient pour pas grand-chose, que le Mali a conquis la démocratie en 1991. Cette démocratie que le peuple malien, dans son écrasante majorité a préférée à la dictature militaire ne semble pas produire, pour l’instant, les résultats escomptés. L’administration publique comme privée est gangrenée par la corruption, l’école, espoir d’une Nation, meurt à petit feu, l’armée, notre outil de défense, hier source de fierté, est sur le point de s’effondrer, l’unité, ciment de notre Nation est en train d’aller à vau-l’eau. Qu’est-ce que la démocratie a apporté aux Maliens lambda,  si ce n’est la désolation ? Voici le tableau peu reluisant de la gestion du Mali sous la démocratie, qui du reste est un bon mode de gouvernance, sous d’autres cieux. Pour venir à bout du régime dictatorial du Général Moussa Traoré, l’élite s’est réfugiée derrière la démocratie en vantant les vertus de ce mode de gouvernance, qui serait le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. De son avènement au Mali à nos jours,  c’est plutôt le contraire que le citoyen lambda a constaté. La démocratie a non seulement permis à une petite minorité de s’enrichir illicitement, mais aussi et surtout, à la naissance de trois  classes comme en France avant la révolution, à savoir la Noblesse, avec la minorité au pouvoir, le clergé, avec les associations et organisations religieuses inféodée à la classe politique et enfin le tiers Etats, constitué par la grande majorité et qui est extrêmement pauvre. En trois décennies de gouvernance démocratique, le tableau est peu reluisant, car les secteurs clés que sont l’éducation pour préparer les citoyens de demain, la santé pour une population en bonne santé afin qu’elle produise mieux et enfin la création des richesses pour un  développement harmonieux  afin d’améliorer le  cadre de vie des populations, ont été des rêves jusque-là irréalisés. Le bilan de la gestion du pays sous l’ère démocratique est très largement en deçà de l’espoir que son avènement avait suscité. Il se résume à une corruption endémique, une éducation bafouée, une santé réduite au strict minimum et un développement qui ne se limite qu’à des discours. Tous les présidents ont échoué dans ces domaines ; même si c’est à des degrés différents. D’Alpha Oumar Konaré, à Ibrahim Boubacar Keita, en passant par Amadou Toumani Touré, aucun n’a véritablement réussi à endiguer les fléaux qui ont caractérisé la gestion des affaires sous le  régime dictatorial de Moussa Traoré, au point que certains nostalgiques pensent à tort ou à raison que la gestion du général  Moussa Traoré était  mieux que celle  des présidents qui se sont succédés après lui.  Pour les défenseurs du Général Moussa Traoré, malgré l’extrême pauvreté, les maliens avaient préservé certaines valeurs comme la dignité, l’honneur, la droiture, la probité et l’intégrité, toutes choses qui sont  rares aujourd’hui. Et de conclure que la démocratie a juste permis à certains intellectuels de s’enrichir au détriment de la grande majorité. En définitive, les hommes chargés d’animer la démocratie ont tellement déçu que nombreux sont les citoyens qui pensent qu’une dictature à la Sankara ou à la Mouammar Kadhafi vaut mieux qu’une démocratie qui, à part l’alternance, n’a jusque-là pas permis aux peuples africains de sortir de la torpeur et du traintrain quotidien. Alors, vivement un mode de gouvernance à cheval entre la démocratie et la dictature, si et seulement si, il peut apporter des solutions aux nombreux problèmes auxquels les peuples sont confrontés. Une Démocratie à l’Africaine bien sûr. Youssouf Sissoko 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (29)

User
COCO
COCO 7 ans
LA LETTRE CONFIDENTIELLE DU MALI (LLCM) N°025 • 19 août 2019 N°025 Paris, le 19 août 2019 ET ...en page 3 : SAISIE DE PLUS DE 10 MILLIONS D’EUROS SUR DES COMPTES BANCAIRES DE LA BMS EN FRANCE Les choses se compliquent pour la Banque malienne de solidarité .... ..de quoi retrouver le moral ...si on l avait perdu ...naturellement !
Nfp
Nfp 7 ans
Placebo Dembele "Tout simplement parce qu’on ne construit rien avec une masse de gens sans éducation sans formation sans metier et sans culture. 98% des maliens serait incapable de donner une signification claire de la démocratie. Comment construire une oeuvre si 98% des bâtisseurs ne savent pas ce qu’ils sont en train de construire ? Le Mali est exactement dans cette situation aujourd’hui." ?????????????????????????? Respect mon frère... Il est (hélas) beaucoup trop rare de lire un commentaire d'une telle pertinence sur Maliweb ! Pour notre plus grand bénéfice à tous, tu devrais écrire plus souvent !??
Sangare
Sangare 7 ans
Nfp Loin de moi d'être un ANTI FRANÇAIS. Je ne fais qu'exprimer l'attitude de l'État français au Mali. Bien sûr qu'il y a plusieurs systèmes démocratiques. J'espère que le constitutionnaliste Dr TOMBA fera un article là-dessus pour mieux éclairer les lecteurs de MALIWEB. Nous avons dans certains pays le système basé sur le RÉGIME PRÉSIDENTIEL comme aux états-unis, UN RÉGIME SEMI-PRESIDENTIEL comme en France, RÉGIME PARLEMENTAIRE dans plusieurs pays dont l'Allemagne, l'Angleterre, surtout les pays scandinaves (Suède, Danemark...)...et aussi en Israël où les hautes autorités politiques (président de la république et premier ministre)sont poussés à la démission,jugés et condamnés. Les POUVOIRS des hommes politiques sont très limités dans le régime PARLEMENTAIRE. C'est dans ces pays qu'on constate une inculpation fréquente des hommes politiques pendant l'exercice et après car la justice est entièrement indépendante. C'est aussi dans ces pays que si un homme politique fait des depenses non prévues, il est immédiatement poussé à la démission pour répondre des faits. Les petites dépenses comme les billets d'avion non prévues sont automatiquement remboursées. Ces sanctions sont possibles car il y a une AUTORITÉ INDÉPENDANTE de l'AUTORITE POLITIQUE qui veuille à l'exécution des depenses et aux comportements des hommes politiques. DANS AUCUN PAYS AU MONDE UNE AUTORITÉ POLITIQUE NE PEUT VENIR À BOUT DES DÉRAPAGES BUDGÉTAIRES OU FINANCIERS CAR LA NATURE MÊME DE LA POLITIQUE FAIT QU'ON FAVORISE SES PARTISANS AU RISQUE D'ÊTRE IMPOPULAIRE DANS SON PROPRE CAMP. Il faut NÉCESSAIREMENT une AUTORITÉ INDÉPENDANTE dont les membres ne sont pas désignés par L'AUTORITÉ POLITIQUE. En France l'exécutif intervient dans toutes les nominations des structures dites indépendantes. C'est pourquoi, il faut des enquêtes minutieuses des journalistes décidés comme mediaparte pour pousser la justice à intervenir. Dans les pays comme l'Allemagne, les scandales ne viennent pas des journalistes, mais de L'AUTORITÉ INDÉPENDANTE qui suit CONSTAMMENT les activités des hommes politiques et l'exécution des depenses publiques. En France la SÉPARATION DES POUVOIRS n'est pas respectée alors qu'en Allemagne, elle est parfaitement respectée. Les pays francophones se sont inspirés du système démocratique français basé sur le RÉGIME SEMI-PRESIDENTIEL dont le président de la république est considéré comme le chef des juges, attitude impensable en Allemagne. OSER LUTTER, C'EST OSER VAINCRE! La lutte continue.
Behanzin
Behanzin 7 ans
Je suis d'accord que pour le moment, le Mali n'a eu d'hommes politiques pendant l'ère de la démocratie, capables de hisser le pays à hauteur d'espérance. Mais je refuse d'admettre la comparaison à Moussa par qui tous les maux dont souffre le pays proviennent. 1) L'école et la santé. C'est avec le tyran Moussa que le Mali a connu le PAS qui a obligé notre pays à fermer les écoles de formation de maîtres et mettre à la retraite par anticipation de valeureux enseignants et agents de santé. Les démocrates ne sont pas parvenu à inverser la tendance. 2) Avec Moussa, il n'y avait ni dignité, ni honnêteté. Ce ne sont pas les enseignants de cette époque qui peuvent dire le contraire, eux qui se cachaient de leurs créanciers. 3) C'est avec Moussa que notre armée a été défaite par moins de 1000 rebelles contraignant le gouvernement à signer l'accord e Tamanarechet. Ne déformez pas l'histoire. Les faits sont têtus.
Kinguiranke
Kinguiranke 7 ans
Les faits sont tres tetus! Notre Malheur a commence par GMT et depuis nous n'avons eu d'equilibre sur le plan developpement depuis 1968 et avec Boua IBK c'est devenu pire car un veritable eleve de GMT le "republicain"!
Kinguiranke
Kinguiranke 7 ans
Honnetement le Mali n’a pas eu de chance car il va mal depuis 1968, la dictature comme la democratie ont ete ou sont animes par des hommes mediocres sans amour reel pour ce pays. GMT, AOK, ATT, IBK c’est la meme racaille, Bonnets Blancs et Blancs Bonnets, tous des faux jettons qui n’ont jamais aime leur patrie.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (147)
  • Nfp (84)
  • Citoyen du monde (42)
  • kan (27)
  • Kankan (26)