La Journée de la souveraineté retrouvée : Me Mountaga Tall dresse « un bilan amer et décevant »
Quatre ans après l’instauration de la Journée de la souveraineté retrouvée au Mali, le bilan suscite interrogations, frustrations et remises en question au sein d’une partie de l’opinion nationale.
Pour Me Mountaga Tall, cet avocat au barreau du Mali, le 14 janvier journée de la souveraineté retrouvée présentée à l’origine comme un symbole fort de reconquête de la dignité nationale et de rupture avec les dépendances extérieures, est aujourd’hui marquée par la désillusion de nombreux acteurs de la première heure.
« Les inspirateurs, initiateurs, concepteurs et animateurs majeurs de la toute première Journée de la souveraineté nationale sont, pour la plupart, absents de la scène publique », a souligné Me Mountaga Tall. Il faut rappeler quatre ans après cette mobilisation géante des Maliens contre les sanctions de la CEDEAO, la plupart des inspirateurs de la manifestation sont proscrits, d’autres incarcérés, écartés des centres de décision ou relégués à une position de simples spectateurs.
Pour Me Mountaga Tall, la souveraineté ne saurait se réduire à un discours ou à des symboles. « Croire que la bonne sourate apprise suffit à atteindre un objectif est une douce illusion », a-t-il ironisé, estimant que la volonté politique doit s’accompagner de moyens, de méthode et d’efficacité. Ce que d’aucuns résument par la nécessité de la “Adad” ou de la “Houdada”. À défaut, préviennent-ils, l’inefficacité est inévitable.
L’exemple cité par Me Mountaga Tall pour illustrer ce décalage entre discours et réalité reste le monument de l’Indépendance, qui peine aujourd’hui à retrouver sa vocation de grand lieu de rassemblement populaire. Depuis longtemps, a-t-il poursuivi, aucun événement d’envergure n’y a mobilisé massivement les citoyens, à l’exception notable des partis politiques, dont la tentative de rassemblement avait été empêchée le 9 mai 2025, suscitant une vive controverse.
Au-delà du symbole, souligne toujours l’auteur du texte, de nombreux Maliens attendent que la Journée de la souveraineté retrouvée soit aussi celle de résultats concrets. « Les aspirations demeurent fortes : cohésion nationale réelle, éthique publique retrouvée, amélioration de la situation sécuritaire, respect des libertés fondamentales, justice équitable, renforcement du pouvoir d’achat, accès régulier à l’électricité et disponibilité du carburant », a affirmé M Tall. Concluant que ce quatrième anniversaire de la journée de la souveraineté apparaît ainsi moins comme un acquis définitif que comme un chantier inachevé. «Pour une frange importante de la population, elle ne pourra être pleinement « retrouvée » que lorsqu’elle se traduira, dans le quotidien des citoyens, par des progrès tangibles et durables », a-t-il insisté.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net