Mali : le déclin

16 Sept 2015 - 11:30
Mis à jour: 11 ans
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Mali : le déclin Succession d’espoirs avortés, banalisation des plus grands vices, détournement impuni des deniers publics, corruption, népotisme, délinquance financière, insécurité….Le Mali sombre, peu à peu, dans la dépression. Elu, il y a deux ans, avec un score de plus de 77  % des voix, IBK peine à redonner espoir à ses concitoyens. En Afrique, et au Mali en particulier, nous avons trop cru à la providence. Nous avons été, trop longtemps, optimistes. Avec les résultats qu’on connaît. « L’esclavage est fini, nous sommes sauvés. Tout ira bien, désormais ! »,  disaient  nos ancêtres. Vint, ensuite, la colonisation. « La loi cadre de 1956 a supprimé les travaux forcés. Nous sommes libres ! », s’extasiaient nos grands-parents, avec un optimisme béat. Pourtant, jamais nous n’avons autant travaillé  pour les autres. « L’indépendance est, enfin, là. Nous allons développer nos pays, rendre à nos populations leur dignité et leur fierté ». Le résultat crève les yeux : jamais notre pays n’a été aussi dépendant de l’ex-colonisateur.   L’éternel recommencement   Puis arriva la première République, avec à sa tête le charismatique Modibo Keïta. « Nous voilà, enfin, souverains ! », s’écriaient nos pères, en bombant la poitrine. Mais les dérives du régime socialiste d’alors et la terreur, que la milice faisait régner sur les populations, ont fini par sonner le glas de la première République. Réunis au sein du Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN), un groupe de jeunes officiers prennent le pouvoir. C’était en 1968, à l’issue d’un coup d’Etat mené par le lieutenant Moussa Traoré. Du coup, les populations se remettent à chanter et à danser en scandant « liberté ! ». Mais en lieu et place, nos populations auront droit à une dictature militaire, qui aura duré 23 ans d’affilée. Avec, à la clé, des arrestations arbitraires, des tortures et la déportation des leaders politiques d’alors au Bagne de Taoudéni d’où, ils ne reviendront jamais. Du moins, pour la plupart. Aussi, le détournement des fonds publics est devenu un sport national. Les caisses de l’Etat étaient vides. Désespérément, vides. La corruption est d’un naturel insoupçonné. Privés de salaires, durant trois ou quatre mois, les fonctionnaires usaient de tous les moyens, même illicites, pour joindre les deux bouts. Réclamée par le Mouvement démocratique d’alors, et les organisations de la société civile, l’ouverture démocratique a été réprimée dans le sang. C’est ainsi qu’en mars 1991, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) décrète une grève illimitée, jusqu’à la démission du général Moussa Traoré, président de la République. Le pays est paralysé. Les Forces armées et de sécurité sont déployées dans les rues de la capitale, tirant à balles réelles sur les manifestants. C’est dans cette confusion, générale et généralisée, qu’un autre groupe d’officiers, avec à sa tête un certain ATT, procède à l’arrestation du général Moussa Traoré. C’était dans la nuit du 26 mars 1991. Comme il fallait s’y attendre, c’était la liesse populaire. Longtemps bâillonnés, les Maliens ne boudent guère leur plaisir. Avec la conviction ferme, cette fois-ci, que rien ne sera comme avant. « La corruption sera combattue, le népotisme et le détournement des fonds, aussi », promettaient les nouveaux maîtres du pays. Après une transition réussie, le Mali organise des élections libres et démocratiques. C’était en 1992. Les présidentielles avaient été sanctionnées par l’élection du président Alpha Oumar Konaré. La suite, on la connaît. Tous ceux qui ont chanté, ont fini par déchanter.   L’espoir fout le camp   Certes, le président Konaré a construit des écoles,  des ponts, des routes, des centres de santé, des stades, des monuments……Mais il a oublié l’essentiel : l’homme malien avec une nouvelle mentalité, celle d’un patriote. Conséquence : la corruption a repris du poil de la bête ; le pillage des biens publics, aussi. Censée être le rempart à toutes les dérives, la justice est devenue, selon la célèbre formule de Me Fanta Sylla, « indépendante de tout, sauf de l’argent sale ». Plus grave, l’école était et est encore au bord de la faillite. Nos écoles supérieures, nos instituts de formation et nos universités…. Sont devenus des « fabriques » de chômeurs. L’espoir suscité par la révolution de mars 1991 a fait place au désespoir. Pour l’écrasante majorité de nos concitoyens, c’est un retour au régime militaire. Déçu par sa classe politique,  le peuple malien décide de faire appel, cette fois-ci,  à une candidature indépendante. C’est ainsi qu’ATT est réélu, en 2002, comme président de la République. Mais à l’issue de son premier mandat, marqué par une gestion « consensuelle » du pouvoir   Détournements impunis du denier public   Nul ne met en doute le patriotisme d’ATT, ni son intégrité morale et intellectuelle. Mais sa volonté de combattre la corruption et la délinquance financière avait été prise en otage par son entourage. Qui avait fait du trafic d’influence une source inépuisable de richesses.  S’y ajoutent le détournement du budget de l’armée par des officiers supérieurs connus et le vieillissement continu du matériel militaire. Sous son premier, comme sous son second mandat, ATT a construit des ponts, des routes, des écoles, des stades, des logements sociaux, des hôpitaux, des barrages…. Et donné à notre capitale sa coquetterie actuelle. Mais comme son prédécesseur, ATT a oublié de construire « l’homme malien », modifié par 23 ans de dictature militaire, auxquels se sont ajoutés 10 ans de règne Adema. Nos universités, ou supposées comme telles, sont devenues des usines pour « demi-lettrés ». Et pour des « intellos invertébrés » ; c’est-à-dire des cadres incapables de sortir une phrase de leur bouche, sans secouer le cercueil de Vaugelas. Mais à deux mois de la fin de la fin de son second et dernier, les groupes armés occupent le nord de notre pays. Les murmures, au sein de certaines garnisons, gagnent toute l’armée. Dans certains camps, comme celui de Kati, les soldats réclament plus d’armes ; mais aussi, l’amélioration de leurs conditions de vie. A l’issue de leur rencontre avec le ministre de la Défense d’alors, le général Sadio Gassama, un groupe de sous-officiers pillent le dépôt d’armes de Kati. Avant de descendre dans la rue. Des chars tirent sur le Palais présidentiel. ATT et ses proches quittent la présidence et le pouvoir. Sans coup férir. Un certain Amadou Haya Sanogo, obscur capitaine et chef des putschistes, se déclare « Calife » à la place du Calife. Du coup, les partenaires techniques et financiers suspendent leur aide au Mali. S’ouvre la course aux richesses et aux glorioles. Les membres de la junte militaire s’enrichissent à tour de bras. Les fonds du trésor public sont transférés dans des caisses  au camp Soundiata de Kati où, ils sont partagés entre les chefs de la junte militaire. S’en suivent  l’arrestation des leaders politiques, le pillage des biens publics et privés et les expéditions punitives… Les Maliens, entre désespoir et désespérance   Pour mettre fin à ces dérives totalitaires, la CEDEAO menace le Mali d’embargo. Après une autre transition, dirigée par Pr Dioncounda Traoré, des élections sont organisées en juillet 2013. Elu avec un score de plus de 77 % des voix, IBK a du mal à redonner espoir à ses concitoyens. La misère gagne du terrain. Sept familles sur dix peinent à se procurer trois repas par jour. Les affaires se succèdent, sans discontinuer : achat du Boeing présidentiel, équipements militaires, engrais frelatés… Selon le dernier rapport du Vérificateur général, près de 150 milliards CFA auraient été passés à la casserole par les « bouffecrates » de la Rue publique. En dépit de la signature de l’accord de paix, les 15 mai et 20 juin derniers, l’insécurité a gagné toutes les régions du Mali. Ou presque. A quelques jours de la plus grande fête musulmane (Tabaski), les Maliens ne savent plus à quel sein, pardon à quel saint, se vouer. Pour fuir les regards interrogateurs de leurs enfants, certains chefs de famille quittent le domicile conjugal, dès l’aube, sur la pointe des pieds. Parce qu’ils ne disposent pas, encore, d’un mouton à la maison. Ou des 1.000 CFA, nécessaires pour faire bouillir la marmite. Considéré comme le seul candidat, capable de mettre fin  à la crise du Nord,  de lutter contre la corruption et la délinquance financière, IBK a été élu avec un score inédit de 77,3 % à l’élection présidentielle de juillet 2013. Deux ans après, la promesse des fleurs n’a pas tenu celle des fruits. Requiem ! Oumar Babi

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Commentaires (68)

User
nfp
nfp 11 ans
"Nul ne met en doute le patriotisme d’ATT, ni sonNul ne met en doute le patriotisme d’ATT, ni son intégrité morale et intellectuelle.." son intégrité morale et intellectuelle???? 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O J'ai relu 3 fois pour voir si j'avais bien lu! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Mais bon, je vois que le "papier" (pas si mauvais que ça d'ailleurs) est signé Oumar Babi, il n'ya donc rien d'étonnant à ce qu'on y trouve de grosses conneries! :mrgreen: :mrgreen: Mais quand même, parler D'INTEGRITE 8-O 8-O 8-O en parlant d'ATT, c'est un peu comme si on parlait de COMPETENCE et de DROITURE en parlant d'Ibk! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: Seul Babi pouvait nous en sortir une de ce calibre! :lol: :lol: :-P :-D Houbien? :-P
LeLong
LeLong 11 ans
Je dirai meme plus. Au pays d'IBK et de Haya Sanogo, ATT est un integre et AOKonare est un saint. Nfp, houbien?
nfp
nfp 11 ans
Vu sous cet angle bien sur, J'ADMETS! :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
yugubané
yugubané 11 ans
Au pays de IBK un homme comme ATT peut etre considere' comme integre non ? :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D :-D
DIRECTEUR
DIRECTEUR 11 ans
L’acte qui confirme que l’ancien président ATT était un narcotrafiquant de classe mondiale fut sa volonté de faire disparaître les traces du Boeing incendié de Tarkint. Selon ce document, la SE (Sécurité d’Etat) a bouclé la zone pendant trois semaines, après la découverte de l’épave, empêchant l’autorité nationale de l’aviation civile (ANAC) d’y accéder et interdisant à la brigade des stupéfiants de la police de procéder à une enquête. Une affaire qui en dit long sur les pratiques criminelles qui avaient cours au sommet de l’Etat. Comme si cela ne suffisait pas, Baba Ould allait encore faire parler de lui peu après, cette fois en tant qu’émissaire d’ATT auprès d’AQMI, afin de faire libérer un otage français, du nom de Pierre Camatte, suite à un chantage de déballage que le Président Sarkozy faisait peser sur les autorités maliennes. Le document n’informe pas sur le niveau d’information de Sarkozy par rapport à ces activités criminelles, encore moins s’il avait ou pas de quelconques intérêts directs ou indirects sur ce trafic de drogue de la dimension du cartel de Medellin. La plupart des suspects arrêtés ont été libérés sur ordre d’ATT; le cas de Mohamed Ould Awainatt, un narcotrafiquant de Gao, en est une parfaite illustration.
TOTO INTELLIGENT
TOTO INTELLIGENT 11 ans
Affaire ‘’ air cocaïne ’’ : ATT dans de sales draps L’Enquêteur Parce que, vouloir instaurer une justice digne de ce nom dans ce pays sans les éclairages de l’ex Président ATT sur ces affaires, c’est organiser un gigantesque cirque pour distraire les maliens. La conséquence immédiate la plus grave si cette histoire n’est pas tirée au clair, c’est qu’aucun pays sérieux ne prendra le Mali au sérieux. Le Mali d’ATT aurait croulé sou le poids de la cocaïne. Un cartel de la drogue nommé le Mali. L’auteur principal de la crise politique et sécuritaire majeure au Mali s’appelle Amadou Toumani Touré, alias ATT. C’est la cupidité de ce général de l’armée malienne, actuellement en fuite au Sénégal, qui est à la base de tous nos malheurs: commerce d’otages, trafic de drogue, complicité avec les groupes armés, corruption, sont, entre autres, les éléments déclencheurs de l’effondrement de l’Etat. A force de jouer avec la République, ATT a fait du Mali la risée du monde. Ce politicien de la vingt-cinquième heure a contribué à l’enrichissement illicite de nombreux acteurs actuels des milieux économico-financiers maliens, avec l’argent de la drogue. Faut-il procéder à leur dépollution systématique par un nettoyage général avec le balai de la justice, ou suffit-il simplement de faire recours au recyclage à travers un blanchiement fastidieux mais légal des ressources incriminées ? That is the question ! Dans tous les cas, l’Etat ne peut pas se soustraire à cette responsabilité managériale, s’il veut promouvoir la bonne gouvernance et lutter contre les crimes organisés et la délinquance financière. L’heure du bilan a sonné et on ose attendre de la justice que lumière soit faite et toutes les responsabilités situées.
nfp
nfp 11 ans
Toto L'intelligent Tu ne voles pas ton pseudo, ton post est juste magistra! :wink: :wink: :wink: Par contre, je m'étonne que tu écrives: "Dans tous les cas, l’Etat ne peut pas se soustraire à cette responsabilité managériale, s’il veut promouvoir la bonne gouvernance et lutter contre les crimes organisés et la délinquance financière. " Comment cet état, largement aussi pourri et corrompu que celui d'ATT (et plus rapide encore dans les détournements massifs!) pourrait-il avoir la moindre intention de "promouvoir la bonne gouvernance et lutter contre les crimes organisés et la délinquance financière. " Il est justement LE TOUT PREMIER ACTEUR de la délinquance financière qui fait du Mali la risée de tous les pays sérieux! 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O
KADIA
KADIA 11 ans
Je ne comprends rien dans ce long et compliqué article. Il faut être comme DAK qui nous propose tous les jours des articles moins courts et compréhensifs.
STADE
STADE 11 ans
Mais DAK est un véritable con de tous, en plus il saute de coq à l'âne.
KADIDIATA
KADIDIATA 11 ans
ATT a trahi toute une nation toute entière, C’est lui qui a livré le Mali a s’est ennemie, c’est lui qui a anéantir l’armée malienne. La majeur partie des maux qui rendent presqu’impossible la gouvernance sous le régime d’IBK sont les maux qui ont pris de l’ampleur sous le régime d’ATT par sa mauvaise gouvernance.
SONY
SONY 11 ans
Avec un système d’oligarchie bien huilé et tentaculaire, le Président ATT était parvenu à mettre tous les acteurs politiques, la hiérarchie militaire, les cadres de l’administration et une grande partie des médias maliens dans son réseau nébuleux. C’est la raison de la levée de boucliers instantanée depuis que l’Etat a brandi l’éventualité du jugement d’ATT et de son clan. Pour sauver leurs têtes et protèger leur mentor contre le sabre de la justice malienne, ses inconditionnels n’ont pas lésiné sur les moyens pour distraire l’Etat. Ainsi, le clan des délinquants à col blanc se sentant menacé par le système IBK, qui fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, a mis en branle des campagnes médiatiques très agressives contre le nouveau régime et ses dirigeants. Cette communication à outrance, adossée sur une stratégie bien pensée de victimisation, avait bien fonctionné jusqu’à un passé récent, mais elle a fini par perdre toute sa pertinence, du fait d’un phénomène normal de saturation. Ayant oublié de s’inscrire dans une dynamique temporelle bien maîtrisée, par incompétence ou sous l’effet de la peur, les animateurs de cette communication tout azimut ont fini par produire de la pollution médiatique qui entraîne immédiatement l’effet pervers d’un rejet instinctif et massif des argumentaires répétitifs de la part de la cible; représentée ici par l’opinion publique. Avec son système extrêmement pervers, ATT est parvenu à dribbler tout le monde avant de prendre la poudre d’escampette sous la furie de sa propre troupe trahie.
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