Renouvellement de la classe politique: Une nécessité qui s’impose

A partir des luttes de l’indépendance de notre pays, en passant par le régime socialiste de l’US-RDA d’exception, le CMLN, le parti unique de l’UDPM à la démocratie, le paysage...

11 Sep 2006 - 12:44
11 Sep 2006 - 12:44
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A partir des luttes de l’indépendance de notre pays, en passant par le régime socialiste de l’US-RDA d’exception, le CMLN, le parti unique de l’UDPM à la démocratie, le paysage politique malien a toujours été dominé par les mêmes acteurs. La particularité étant de changer de fusil d’épaule, au gré de leurs intérêts personnels et égoïste. Il ne fait pas l’ombre d’aucun doute, aujourd’hui, ces derniers ont atteint leur limite. Par conséquent, ils n’ont plus rien à proposer à la jeune génération qui attend impatiemment son heure.
Avant que le pays n’entame une marche arrière, par le fait de ses politiciens sans scrupules, il est urgent que les maliens songent à renouveler leur classe politique. On pensait que l’ère démocratique allait définitivement sonner le glas de la vieille garde. Mais c’était sans compter avec des dinosaures rompus à tous les arcanes de la politique malienne. Ils ont d’ailleurs profité de l’euphorie des événements de mars 1991 pour élaborer des textes qui leur accordent de larges avantages. Aujourd’hui, les jeunes bien formés dans de grandes universités déplorent la rapide dégradation de leur pouvoir d’achat que les vieux roulent carrosse et cumulent les privilèges.
 Des héros de l’indépendance.
Les femmes et les hommes qui ont conduit notre pays à la souveraineté nationale en 1960 ont, sans calcul politicien, œuvré pour le développement et le rayonnement du jeune Etat. Sans exception, ils ont mis leur intelligence, et bien des fois, ils se sont mis à contribution. Pour ces derniers, seul le pays comptait. Cette volonté ne s’est pas fait attendre. Des routes, des usines, des sociétés d’Etat ont vu le jour. Les responsables politiques de l’époque ont réussi des réalisations, lesquelles ont donné l’image d’un pays émergeant à notre Mali, dans une Afrique où les dirigeants avaient difficilement fait un choix politique. L’option socialiste, on ne cessera pas de le dire, avec ses plans : biennal, triennal et quinquennal avaient doté l’ex Soudan français d’un programme de développement dont la réalisation tenait à cœur les leaders du RDA.
Les usines de transformation de nos produits locaux avaient créé de la valeur ajoutée. Les sociétés d’Etat présentes sur l’ensemble du territoire national avaient, elles aussi, participé à leur manière au grand bond économique du nouvel Etat indépendant. L’éducation n’est pas restée en marge de ce sursaut national. Les cadres maliens, formés par le système socialiste avaient du talent à revendre. La population quant à elle avait chaleureusement accompagné le régime Modibo Kéita.
Les ’’ investissements humains’’ ont construit des édifices qui constituent de nos jours, des symboles de la nation. Il s’agit de la maison du peuple qui abrite le cabinet de la primature et la bourse du travail, siège de l’UNTM.
Le mali pouvait aussi se targuer d’avoir une avancée significative sur certains pays africains dont le tissu industriel dépassait à peine cinq unités de production.
 
Les prédateurs de l’économie nationale 
Le 19 novembre 1968,le régime socialiste de Modibo Kéita est renversé. Les maliens longtemps brutalisés par les milices politiques de l’US-RDA ont applaudi, mais c’était sans connaître les ambitions réelles des militaires. Les membres du CMLN au nombre de 14 n’avaient aucun projet de société, ensemble avec leurs complices, ils ont mis notre économie à genou. Pourtant ils avaient annoncé leur retour dans les casernes six mois après le coup d’Etat. Il a fallu attendre 23 ans avant que le président Moussa Traoré et son UDPM ne soient chassé du pouvoir. Ces 23 ans ont été une véritable traversée du désert pour les Maliens. Les fonds publics étaient considérés comme un patrimoine personnel. Les sociétés d’Etat ont vite volé en éclat, chaque membre du CMLN voulant avoir la mise sur chacune d’elle pour étendre son influence : la SOMIEX, l’OPAM, SOCIMA, SOCOMA, SEPAMA…Ces fleurons de notre économie ont au bout de quelques années ont mis la clé sous le paillasson. Ces mêmes hommes convertis en politique avec la création de l’UPDM, ont continué leur système de pillage mis en place par le CMLN. Toutes les usines créées pendant les huit ans du régime socialiste ont commencé à battre de l’aile, plus tard ils ont fini par renvoyer les travailleurs au nom du Programme de l’ajustement structurel(PAS).
Les maliens gardent toujours de très mauvais souvenir des 23 années du régime de Moussa Traoré mais à peine sont-ils sortis de cette tourmente qui ont salué l’arrivée des délinquants financiers, escrocs de tout acabit et politiciens corrompus de la démocratie.
La démocratisation de notre système politique en 1991 avait donné du tonus aux Maliens qui pensaient que certaines pratiques allaient être enterrées à jamais. Mais au regard du tableau de plus de dix ans de gestion démocratique, il n’en est rien, les promesses annoncées avec pompe n’ont jamais été tenues. Les réformes ont tourné au drame. La privatisation qui, selon les démocrates, devait guérir le Mali de toutes ses tares et arriération héritées du long régime de Moussa s’est ainsi révélée être le plus grand gâchis du siècle. C’est regrettable que ce soit ceux-là même qui prétendaient être chargés de défendre et de gérer les intérêts du pays qui ont programmé et organisé cet incroyable gâchis.
Yoro Sow