Paix et réconciliation nationale : Les «Peulhs» viennent corser une équation déjà aux multiples inconnues

29 Juin 2016 - 07:42
Mis à jour: 10 ans
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Paix et réconciliation nationale :  Les «Peulhs» viennent corser une équation déjà aux multiples inconnues
Macina
Le 18 juin, un jeune peul de 27 ans a annoncé la création de l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ). Un autre front qui ne peut que compliquer la tâche à nos forces armées et de sécurité qui sont d’ailleurs la première cible de cette milice. Revendiquant 700 combattants, Oumar Aljannah a déclaré que son mouvement armé vise à répondre aux «massacres commis par l’armée malienne et des milices contre la communauté peule». Même si le gouvernement semble minimiser cette «naissance», il est clair que cela va compliquer la résolution de l’équation de la crise sécuritaire du Mali. Une équation déjà compliquée à cause de la multiplicité de ses inconnus. Depuis la fin de l’Opération Serval, les forces armées et de sécurité du Mali ainsi que les populations du centre de notre pays font face à un Front de libération du Macina d’un fantomatique Amadou Koufa. Aujourd’hui, cette tâche s’est aggravée avec l’apparition de l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ). Ce mouvement résulte de la mauvaise gestion de la riposte contre le Front de Libération du Macina. Ne se revendiquant «ni jihadiste ni indépendantiste», Oumar Aljannah a pris les armes pour «défendre les civils peuls injustement attaqués». Et il assure sur des médias incendiaires avoir rassemblé près de 700 combattants pour cette cause. Certainement, pour montrer sa «bonne foi», il aurait rejoint la Plateforme pour ne pas rester en marge du processus de paix et de réconciliation. Et pourtant, contrairement à la Plateforme, sa cible reste l’armée malienne coupable d’une «répression féroce» contre la communauté peule dans sa lutte contre le réseau de criminels d’Amadou Koufa. Des accusations que, naturellement le  gouvernement nie en bloc. «Il y a beaucoup de désinformation» sur ses supposées exactions a répliqué le ministre de la Réconciliation, M. Zahabi Ould Sidi Mohamed, interrogé par la presse nationale quatre jours après la déclaration de naissance d’ANSIPRJ. Il est vrai que dans cette région, centre du Mali, les conflits communautaires ont toujours existé et font régulièrement des victimes. Et des bavures ne sont pas malheureusement à écarter de la part des forces armées maliennes (FAMA) qui ont lancé ses derniers mois de vastes opérations contre les réseaux terroristes qui écument la zone. Mais, de là a créer un mouvement armé pour combattre l’armée nationale, il y a un pas qui a été franchi à la surprise de nombreux observateurs. Une légitimité loin d’être acquise La création de cette milice d’auto-défense va compliquer la lutte contre le terrorisme au Mali d’autant plus que c’est un autre ennemi qui va occuper les forces armées et de sécurité du pays déjà engagées sur plusieurs fronts. Et de nombreux observateurs parient que, ne pouvant pas engager des combats directs, cette milice  ne pourra que procéder à une guerre asymétrique, c’est-à-dire des embuscades et des attentats contre les forces de sécurité. Les FAMA doivent anticiper et isoler «l’ennemi» dans une zone précise afin d’avoir la main mise sur la situation en contrôlant toutes les voies d'accès. Toutefois, il faut dire que l’Alliance d’Oumar Aldjannah a vu le jour avec un handicap congénital : le manque de légitimité et de crédibilité ! Elle doit d’abord se battre pour avoir la légitimité de représenter les peulhs qui, pour le moment, refusent majoritairement de s’identifier à un mouvement armé. «Prendre les armes n’est jamais la solution à un problème sociopolitique ou identitaire. Face aux exactions dont nos frères et sœurs sont victimes dans la zone de Douentza, Ténenkou, Youwarou…, nous avons tiré la sonnette d’alarme. Après une période d’indifférence, le gouvernement a positivement réagi en manifestant sa détermination à faire la lumière sur la situation. C’est la meilleure approche à mes yeux», souligne une grande personnalité malienne de Tabital Pulaaku dont nous taisons le nom pour des raisons de sécurité. Il ajoute, «une personne ou une communauté ne peut pas prendre des armes pour représenter tous les peuls du Mali». Dans la communauté peuhle, on se pose beaucoup de questions sur ce jeune enseignant et son alliance. Qui est-il ? Comment a-t-il pu réunir autant d’hommes et de moyens en si peu de temps ? Qui financent ces jeunes rebelles, leur donnent des armes et contribuent à leur propagande sur les médias dits internationaux ? Des questions qui cachent à peine le malaise lié à cette initiative; de la méfiance. «Nous avons demandé au gouvernement de mettre fin aux exactions contre notre communauté. Mais, nous n’avons jamais conseillé à nos enfants de prendre les armes contre notre pays. C’est un combat qui ne nous honore pas», lance une notabilité peuhle à Bamako. «Tout ce que dit Oumar Aldjannah est faux. Il a d’autres motivations personnelles que de défendre les peuhls. ANSIPRJ est comme le MNLA. Elle ne représente ni les peuls ni une autre ethnie. Elle veut juste créer la panique au sein de la population pour profiter de la confusion ou des dividendes de la paix», est convaincu Samba Sankaré, un cadre peuhl. Certains de nos interlocuteurs n’hésitent pas à nous rappeler que le père d’Oumar Aldjannah est tamashek… Il n’est donc pas mieux indiqué à prendre les armes pour défendre ses oncles contre leur patrie. Et ils sont nombreux les observateurs qui pensent que, en ciblant l'armée Oumar expose son ethnie qu'il veut bien protéger. Une vraie enquête sur les présumées exactions En tout cas, comme le dit le doyen Abdourhamane Dicko, «la toile s'est enflammée au Mali à la suite de la déclaration de création de cette alliance». Comme beaucoup d’observateurs, cet expert exhorte le gouvernement à s'interroger réellement sur les reproches faits à l'armée. Et cela d’autant plus que, depuis plusieurs mois, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer et condamner ces exactions. «Une milice n'est pas aujourd'hui nécessaire pour défendre qui que soit. Mais, les personnes ne peuvent pas non plus continuer à mourir inutilement sans qu’une réaction adéquate soit apportée», défend M.  Dicko. D’une façon générale, il est temps que l’Etat tire les enseignements des différentes crises sécuritaires et identitaires auxquelles le Mali est confronté depuis son indépendance. Des conflits qui naissent généralement de  l'impunité et de l'excès d'autorité alimentant les révoltes et les rébellions. Quelles que soient les tares qui peuvent affaiblir l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice, «aucune action ne doit être minimisée dans le contexte actuel du Mali, surtout que la rébellion de 2012 était partie de jeunes que personne ne voyait venir», rappelle cet observateur des crises communautaires et identitaires dans le Sahel. Stratégiquement, les forces armées et de sécurité du Mali sont en mesure d'écraser un petit mouvement de 700 combattants. Cependant, avertit Abdourhamane Dicko, «l'armée ne peut pas prédire les dégâts liés à l'asymétrie d'action de 700 combattants convaincus, mais surtout bien entretenus». Surtout que le contexte général est présentement favorable à tous les types de trafics, au recrutement de combattants à plusieurs milliers de francs CFA, aux tractations de recrutement de combattants pour le processus de DDR. Des raisons suffisantes à pousser «les Maliens à créer une synergie autour de leur beau pays débarrassé des accusations d'exactions, de manque de confiance entre composantes sociales et entre elles et l'Etat». Dans la vie d’une nation, l'injustice, l'inégalité et l'impunité ne peuvent profiter qu'aux ennemis de la paix, de la stabilité, de la République laïque. Comme le dit si pertinemment M. Dicko, «l'Etat et ses représentations doivent donner l'image d'être là pour tous les citoyens et citoyennes. C'est à ce seul prix que les frustrations ne conduiront pas à une révolte armée». Equité et justice pour retrouver la crédibilité requise aux yeux des populations Il est donc nécessaire, pour faucher l’herbe sous les pieds des fondateurs d’ANSIPRJ, que des enquêtes soient menées sur les présumées exactions de l'armée sur les peuls. Il ne s’agit pas de les balayer d’un revers de la main. Le gouvernement doit faire toute la lumière sur la situation pour savoir s’il y a eu des exactions, qui sont les coupables et quelles sont les sanctions qui ont été prises. Cela est l’un des principes clés de l’Etat de droit. Le peuple veut tout savoir sur ces présumées exactions. Il est donc nécessaire, pour faucher l’herbe sous les pieds des fondateurs d’ANSIPRJ, que des enquêtes soient menées sur les présumées exactions de l'armée sur les peuls. Il ne s’agit pas de les balayer d’un revers de la main. L’Etat doit faire toute la lumière sur la situation pour savoir s’il y a eu des exactions, qui sont les coupables et quelles sont les sanctions qui ont été prises. Cela est l’un des principes clés de l’Etat de droit. Le peuple veut tout savoir sur ces présumées exactions et il a le droit de savoir. Ce qui n’est pas possible tant que l’Etat ne s’assume pas pour exercer ses missions régaliennes. Cela devient très urgent d’autant plus que tous les plans machiavéliques qui visent à déstabiliser notre pays depuis des décennies découlent de la faillite de l’Etat. Comme l’écrivait la semaine dernière un jeune confrère sur Maliweb, les autorités politiques doivent aujourd’hui comprendre que «ce pays ne peut plus être dirigé sur la base de la culture de l’injustice, du favoritisme et de la corruption. L’Etat doit accepter ce fait-là et retourner auprès de ses citoyens pour vraiment assouvir leur soif de justice, de sécurité et de bonne gouvernance». C’est une piste crédible pour résoudre l’équation sécuritaire à laquelle nous faisons impuissamment face depuis des décennies ! Moussa Bolly

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Commentaires (99)

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Sidibe Abdoulaye
Sidibe Abdoulaye 10 ans
Bonsoir sanogo C est pour te faire savoir que je voudrais te répondre d une manière violentes mais j ais vu que tu est comédien C est pourquoi j ais préféré me garder en silence parce qu' on répond l imbécile par le silence
Sidibe Abdoulaye
Sidibe Abdoulaye 10 ans
Sanogo je te répondrais dans quelques instant
Djibi
Djibi 10 ans
L 'état malien doit garantir la securité de toutes les communautés.Suite aux affrontements entre communautés ,l 'etat et la justice sont restés muet donc complice.Il fallait éviter d'en venir à cette situation et eviter les discours guerriers.Le cas du Rwanda est un exemple.Le Mali ne merite pas ça. L 'ARMÉE malienne est convalescente,elle doit etre républicaine .Elle connait bien les ennemis du mali
T.Sankara
T.Sankara 10 ans
"Toutefois, il faut dire que l’Alliance d’Oumar Aldjannah a vu le jour avec un handicap congénital : le manque de légitimité et de crédibilité ". Les REBELLES TOUAREGS EN AVAIENT-ILS? ET POURTANT AUJOURD'HUI, ILS "DIRIGENT" LE MALI
LE GENERAL SANOGO
LE GENERAL SANOGO 10 ans
Il s'appelle OUWEYMIR AL DJAHANAMA!!!! LE MALI EST DIRIGE' PAR DES MALIENNES ET DES MALIENS!!!! IL FAUT EVITER L'ESPRIT ETHNOCENTRISTE ET RACISTE!!!! LE REGIME D'IBK EST TRES LEGITIME! IL A ETE' DUMENT ELU PAR LES MALIENNES ET LES MALIENS QUI SONT ALLE'S AUX URNES!!!!!! L'ENFANT PEULH THOMAS SANKARA ETAIT UN FAISEUR DE COUP D'ETAT QUI ETAIT ARRIVE' AU POUVOIR PAR UN COUP D'ETAT QUE SES AMIS ET LUI AVAIENT ORGANISE' CONTRE LE GENERAL SANGOULE' LAMIZANA PUIS CONTRE LEUR PROPRE COMPAGNON LE MEDECIN-COMMANDANT JEAN BAPTISTE OUEDRAGO. LORSQUE CE DERNIER ECARTA SANKARA, LE CAPITAINE BLAISE UTILISA SES HOMMES DE PO POUR FAIRE UN COUP D'ETAT ET IMPOSER SANKARA COMME PRESIDENT DU FASO. NOUS SAVONS QUE LA FOLIE DU POUVOIR POUSSA BLAISE A ABATTRE SANKARA POUR SE PROCLAMER PRESIDENT!!!! Je te rappelle ici que T. Sankara ne connaissait pas les urnes!!! SA CREDIBILITE' ET SA LEGITIMITE' ETAIENT VENUES DE SON... CANON!!!!! T Sankara, RAMADAN MOUBARAK!!! IL SEMBLERAIT QUE FIDEL CASTRO AUSSI EST DEVENU PROFESSEUR DE DEMOCRATIE A' L'UNIVERSITE' DES HAUTES ETUDES EN IDIOLOGIE DE DABANANI! RIRE!!!!!!!!!!!!!!!
Sidibe Abdoulaye
Sidibe Abdoulaye 10 ans
C est en ce moment que les gens crient quand les peulhs ont été attaqué personne n as crié
LE GENERAL SANOGO
LE GENERAL SANOGO 10 ans
Il faut aller lire nos posts ici sur maliweb et nos reactions ailleurs. Quand on est idiot, on joue avec le feu pensant qu'on ne se brulera pas les doigts!!!! ABDOULAY SIDIBE', TU EST UN IDIOT QUI NE REPRESENTE PAS LES PEULHS! La Guinee de Sekou Toure' avait pense' qu'il y avait un probleme peul. Nous savons comment les peuls ont ete' injustement victimes. Des centaines de milliers de peulhs ont ete' force's a' l'exile. Le jeu dangereux que je constate, me rappelle ce que certains ont impose' a' la Mauritanie avec leur manifeste et leur FLAM (Front de Liberation des Africains de Mauritanie), comme si LES MAURES MAURITANIENS N'ETAIENT PAS DES AFRICAINS!!!! Nous avons vu les extremistes HALPOULAR ET LES EXTREMISTES PARMI LES MAURES CASSER LA BALANCE ET L'HARMONIE QUI EXISTAIENT ENTRE LES POPULATIONS MAURITANIENNES. NOUS SAVONS LES CONSEQUENCES CATASTROPHIQUES POUR LA MAURITANIE. LES EVENEMENTS DE 1989, 1991/1992 EN SONT QUELQUES RESULTATS. PRES DE 30 ANS APRES, QUELQUES POPULATIONS ORDINAIRES PEULHS ET MAURES QUI ETAIENT PIEGE'ES PAR LA SITUATION, CONTINUENT A' VIVRE LES CONSEQUENCES DE LA CRISE!!!!! LE TEMPS A DONNE' RAISON AUX VOIX COMME LA MIENNE QUI PARLAIENT DEJA D'EVITER L'EXTREMISME ET NE JAMAIS PERDRE DE VUE LES RELATIONS MULTIDIMENSIONNELLES ET MILITAIRES QUI EXISTENT ENTRE NOS POPULATIONS!!!! Le Mali ne doit jamais suivre le chemin de l'extremisme!!! NOUS SOMMES UNE MEME FAMILLE. NOUS AVONS DES RELATIONS CULTURELLES ET DES RELATIONS DE SANG TRES SOLIDES! Abdoulay Sidibe', quand on dit que Diallo, Diakite, Sidibe et Sangare sont les peulhs, JE PEUX TE CITER 1000 SIDIBE' FOULA DJALAN!!!! ILS N'ONT DE PEULH QUE LE NOM! Tout comme je peux te citer des milliers de Coulibaly et Traore' qui sont culturellement Peulhs!!! L'EXTREMISME N'EST PAS MALIEN!!!! ALLAH KA BE' SON HAKILI GNOUMAN NA!!!!
LE GENERAL SANOGO
LE GENERAL SANOGO 10 ans
Il faut lire: "les relations multidimensionnelles et MILLENAIRES..." C'EST NORMAL QUE LE GRAND GENERAL SANOGO , L'HOMME LE PLUS GRADE' DES FAMAs, pense en termes... MILITAIRES!!!!! IL FAUT DONC LIRE.... MILLENAIRES!!!!!!! Je n'aime surtout par rappeler aux idiots YUGU et ablay Sidibe' que leur Petit Toure qui se croyait GENERAL (je n'ai rien dit de son ethnie (rire)); a ete' CHASSE' PAR LE GENERAL SANOGO(ne parlons pas de l'ethnie de ce dernier aussi pour calmer les esprits)!!! IL SEMBLERAIT QUE MON TONTON MARAKAKE' GASSAMA AUSSI ETAIT DANS LA COURSE. ATT L'A BATTU PAR QUELQUES SECONDES!!!!! WALAY JE DOIS ETRE IDIOT POUR DIRE FOULAKE' ANI MARAKAKE' BOLILA DEVANT LE GENERAL SANOGO (VOUS POUVEZ RIRE!!!!) RAMADAN MOUBARAK AU GENERAL AMADOU TOUMANI TOURE ET AU GENERAL GASSAMA!!!! WALAY JE SUIS ENTRAIN DE RIRE!!!!! ABLAY SIDIBE' EST UN BLA.KO.RO QUI NE SAIT PAS DE QUOI IL PARLE!!!!!
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