PSG - Arsenal : la presse anglaise refuse de dézinguer l’arbitrage de Daniel Siebert
Malgré plusieurs décisions jugées litigieuses par certains membres d’Arsenal après la finale perdue contre le PSG, la presse anglaise a refusé de faire de Daniel Siebert le principal responsable de l’échec des Gunners. Un traitement particulièrement mesuré au lendemain d’une soirée pourtant riche en polémiques.
Cette finale de Ligue des Champions entre le PSG et Arsenal devait consacrer un roi d’Europe. Elle risque aussi de laisser derrière elle une immense polémique arbitrale. Au terme d’un match étouffant conclu aux tirs au but et remporté par les Parisiens (1-1, 4-3 t.a.b.), une grande partie des débats d’après-match ne concernera pas uniquement les performances des joueurs ou les choix tactiques de Luis Enrique et Mikel Arteta. Au cœur des discussions : la prestation de l’arbitre allemand Daniel Siebert. Dans une rencontre extrêmement tendue, marquée par de nombreux duels, des contestations permanentes et plusieurs situations litigieuses dans les deux surfaces, l’officiel allemand a souvent laissé jouer, provoquant la colère des deux camps. Le premier gros sujet de discorde concerne évidemment Arsenal. Dès la première période, les Gunners ont réclamé un penalty après une main parisienne dans la surface sur une situation initiée par Bukayo Saka. Une action qui a immédiatement fait bondir le banc londonien mais qui n’a pas donné lieu à une intervention de la VAR.
Plus tard, les joueurs de Mikel Arteta ont également estimé que certaines fautes parisiennes auraient mérité davantage de sanctions disciplinaires, notamment lorsque Hakimi a semblé retenir Kai Havertz à la gorge près de la ligne de touche. Le latéral marocain s’en est sorti sans avertissement. En prolongation, c’est Noni Madueke qui a déclenché une nouvelle séquence de protestations après un duel avec Nuno Mendes dans la surface parisienne. L’ailier anglais s’est écroulé et a réclamé un penalty avec insistance, sans parvenir à convaincre Daniel Siebert. Une décision qui a rendu fou le banc des Gunners déjà particulièrement tendu après plusieurs situations jugées défavorables. Au coup de sifflet final, Arteta n’a d’ailleurs pas mâché ses mots. «En revoyant les images, il y avait clairement un penalty. Les choses ne se sont pas passées comme on le voulait. Un penalty a été accordé au PSG, aucun penalty ne nous a été accordé sur Madueke, et puis la séance de tirs au but… Cela fait 22 ans que nous n’avons pas atteint la finale de la Ligue des champions, il faut reconnaître la saison que nous avons réalisée, on n’a perdu aucun match en Ligue des Champions (dans le jeu) mais pour le moment, personne ne pourra effacer notre douleur».
Les médias anglais refusent d’attaquer Siebert
Mais Paris aussi possède plusieurs arguments pour alimenter le débat. Pendant une grande partie de la rencontre, les Parisiens ont dénoncé l’extrême permissivité de l’arbitre concernant les nombreuses séquences de gain de temps d’Arsenal. Il a fallu attendre la 48e minute pour voir Cristhian Mosquera être averti pour avoir trop retardé une remise en jeu alors que les Londoniens cassaient déjà le rythme depuis de longues minutes. Les joueurs de Luis Enrique ont également longtemps réclamé davantage de protection face aux fautes répétées destinées à couper leurs transitions offensives. Surtout, les champions d’Europe ont estimé qu’un premier penalty aurait pu être sifflé dès la première période sur une main litigieuse dans la surface anglaise. Une situation qui a nourri la frustration parisienne alors que le PSG dominait outrageusement la possession sans parvenir à faire sauter le verrou adverse. Et forcément, l’action qui restera au centre de toutes les analyses est celle du penalty accordé au PSG à la 62e minute. Après consultation vidéo, Daniel Siebert a sanctionné le tacle maladroit de Cristhian Mosquera sur Khvicha Kvaratskhelia dans la surface. Une décision jugée logique côté parisien mais déjà contestée en Angleterre où certains observateurs estiment que le contact était insuffisant pour provoquer une telle chute. Ce penalty transformé par Ousmane Dembélé a totalement changé la physionomie de la finale et permis au PSG de revenir dans la rencontre. Pourtant, alors que certains membres du clan Arsenal ont laissé transparaître leur agacement après la rencontre, la presse anglaise a fait preuve d’une étonnante retenue.
Là où beaucoup s’attendaient à voir les médias britanniques s’attaquer frontalement à Daniel Siebert, les principaux journaux du pays ont préféré mettre en avant la cruauté du scénario plutôt que les décisions arbitrales. Le Mirror évoque un « cœur déchiré pour les Gunners » après une élimination cruelle aux tirs au but. Le Sun parle d’une « désillusion crève-cœur » qui met fin au rêve de doublé des Londoniens. Sky Sports insiste également sur cette « cruelle désillusion » vécue par Arsenal tandis que le Telegraph s’attarde surtout sur l’analyse de la séance de tirs au but et sur les détails qui ont fait basculer la rencontre. Aucun de ces médias ne fait de l’arbitrage le sujet central de la soirée. Cette attitude contraste fortement avec les réactions à chaud observées autour du club londonien. Là où certains supporters et observateurs anglais pouvaient être tentés de chercher des circonstances atténuantes, les grands titres de la presse britannique ont majoritairement reconnu que la finale s’était jouée sur des détails sportifs. Le Guardian résume ainsi la soirée en expliquant que «le rêve européen d’Arsenal s’est envolé aux tirs au but face à un PSG qui conserve sa couronne continentale». Même le Daily Mail préfère mettre l’accent sur les moqueries visant Arsenal après la rencontre et sur les déclarations passées de Mikel Arteta plutôt que sur Daniel Siebert. Une forme d’élégance éditoriale qui tranche avec les débats enflammés autour de l’arbitrage. Quelques heures après la finale, la presse anglaise a choisi de parler football, là où beaucoup auraient pu chercher un coupable. Derrière, chaque coup de sifflet a été vécu comme une bataille psychologique jusqu’à la séance de tirs au but. Au-delà du sacre historique du PSG, Daniel Siebert va se retrouver au cœur d’un immense débat européen dans les prochaines heures. Et du côté d’Arsenal, la frustration risque de mettre très longtemps à retomber.
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