Vrai-faux carton rouge pour Paredes et bagarre générale : que s'est-il vraiment passé à la fin d'Espagne-Argentine à la Coupe du monde ?

Les minutes qui ont suivi la finale de la Coupe du monde remportée par l'Espagne contre l'Argentine (1-0 a.p.), dimanche à New York, ont donné lieu à des incidents entre les deux équipes. Leandro Paredes aurait même reçu un carton rouge, mais indiqué par erreur par la FIFA. On a revu les images en détails pour y voir plus clair.

22 Juillet 2026 - 07:49
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Vrai-faux carton rouge pour Paredes et bagarre générale : que s'est-il vraiment passé à la fin d'Espagne-Argentine à la Coupe du monde ?

Près de 48 heures après la finale de la Coupe du monde remportée par l'Espagne contre l'Argentine (1-0 a.p.), les incidents survenus en après-match font toujours autant parler. Après avoir annoncé lundi l'ouverture d'une enquête et la nomination d'un procureur chargé des questions disciplinaires et éthiques, la FIFA a livré un détail important à la BBC : principal protagoniste des échauffourées, l'Argentin Leandro Paredes n'a pas reçu de carton rouge après le coup de sifflet final.

L'instance a confirmé ce mardi au média britannique qu'une erreur de saisie avait été effectuée dans le système dédié aux commentateurs, vite corrigée. Après vérification, la feuille de match officielle ne fait en effet aucune mention de cette expulsion. Cela n'a pas empêché la fausse information de se propager dans le monde entier.

Malgré tout, l'ancien Parisien reste sous la menace d'une sanction, au vu de son implication dans les incidents largement relayés sur les réseaux sociaux. Pour se faire une idée plus précise des joueurs concernés différents degrés, il suffit de visionner les nombreuses vidéos diffusées depuis deux jours, sous plusieurs angles, par des anonymes présents dans le stade ou non. La chronologie des faits apparaît alors un peu plus claire.

Molina met le feu aux poudres

Le premier à mettre le feu aux poudres n'est pas forcément celui que l'on croit. Il s'agit de Nahuel Molina. Excédé de voir ses adversaires passer devant lui en hurlant leur joie, le défenseur de l'Atlético de Madrid assène un violent coup avec le bras droit dans le thorax de Rodri. Le capitaine de la Roja stoppe sa course, se retourne et revient confronter son assaillant dans le rond central. Molina ne se démonte pas et poursuit les invectives, presque tête contre tête. Voilà le point de départ de l'échauffourée générale.

Rodri finit par repousser le mauvais perdant avec l'aide d'Eric Garcia, tandis que Borja Iglesias se rapproche à son tour pour calmer les esprits avec un arbitre assistant. L'affaire ne s'arrête pas là. Si Molina parvient à s'extirper de la meute qui s'est formée pour poursuivre, un peu plus loin, son explication musclée avec celui qui a été élu meilleur joueur du Mondial, un autre feu est allumé en parallèle par le pyromane bien connu Leandro Paredes. Impossible pour le bouillant milieu argentin de rester les bras croisés alors que la température ne cesse de grimper.

Après une course de quelques mètres, il se jette sur Garcia pour le repousser, projetant le défenseur du Barça au sol. Malgré l'intervention du même juge de touche de Monsieur Vincic et celle de Thiago Almada, la situation dégénère en un instant. Gavi s'en mêle, donne à son tour un coup sur le torse de Paredes, qui lui rend la pareille en le faisant chuter après l'avoir agrippé par la chasuble dans un chaos général. Entretemps, des membres du staff argentin dont Lionel Scaloni et Walter Samuel ont accouru pour éloigner Eric Garcia. Chacun des participants à la rixe est peu à peu exfiltré sous les yeux d'un Lionel Messi, impassible, qui se tient à l'écart.

Olmo et Williams n'ont rien vu, Yamal à genoux

Tout à leur joie, Dani Olmo et Nico Williams, dans les bras l'un de l'autre à genoux, n'ont en revanche rien vu de la scène. Pas plus que Lamine Yamal, également genoux à terre, les yeux fermés, en train de réaliser ce qui ressemble à une prière. Si, par le passé, il n'a pas été le dernier à voir son nom associé à ce type d'incidents, Nicolas Otamendi est cette fois resté plus mesuré. Même si le vétéran argentin, entré en seconde période, ne s'est pas privé de dire le fond de sa pensée à Rodri, qui passait par là, dans un moment de tension toujours palpable.

« Commence à parler un peu moins, idiot. Parce que vous avez pleuré toute la semaine. Toi et (Aymeric) Laporte. On ne fait pas ce genre de choses. Vous vous êtes constamment plaints des arbitres, mon pote », lance le champion du monde 2022 à son successeur. « J'ai du respect pour toi », lui répond l'Espagnol. Otamendi : « Mais il ne faut pas parler avant le match, tu comprends ? » Rodri : « Qu'est-ce que j'ai dit, moi ? » « Et Laporte ? Tu n'as pas vu ce que Laporte a dit cette semaine ? », ajoute Otamendi, pointant du doigt l'un des fautifs de ces débordements, selon lui, par ses déclarations dans Marca sur l'agressivité argentine, avant la finale.

Au moins deux matches de suspension pour Paredes ?

Ce vif échange terminé, les acteurs mettront de longues minutes avant de revenir à la raison. Paredes sera même aperçu en train de féliciter Pedri et Rodri, comme si de rien n'était. Pour son « comportement incorrect envers des adversaires ou toute personne autre que les officiels de match, en cas de voies de fait (coup de coude, coup de poing, coup de pied, etc.) », il encourt une suspension d'au moins deux matches, selon l'article 49 du code disciplinaire de la FIFA.

L'enquête ouverte devra aussi faire la lumière sur des faits moins visibles dans le feu de l'action, comme un coup prétendument porté par l'entraîneur adjoint argentin Roberto Ayala à Dani Olmo, selon la chaîne de télévision canadienne RDS. Aucun élément ne permet d'affirmer qu'il s'est bien produit, sur les images visionnées. En tournant le dos au podium, pendant que la Roja soulevait le trophée, la délégation argentine ne risque rien. Si ce n'est de détériorer son image, déjà largement écornée. Elle pourrait néanmoins recevoir une remontrance, voire une amende, puisqu'aucun de ses joueurs ne s'est arrêté devant les journalistes, en zone mixte, après la rencontre. Ce qui est contraire au règlement.

Auteur: L'EQUIPE