Crise du Nord : Comment Kidal, Gao et Tombouctou ont été sacrifiés par la junte

02 Avr 2012 - 12:10
Mis à jour: 15 ans
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La situation occasionnée par le coup de force du 22 Mars 2012 aura manifestement été chaotique pour les régions du Nord-Mali. Laissées pour compte et abandonnées au profit du confort des putschistes, elles ont croulé les unes après les autres devant l’irrésistible avancée de la rébellion MNLA aidée par AQMI. Il en découle depuis jeudi dernier une partition de fait du pays, une destruction des démembrements de l’Etat et  une insécurité consécutive à l’abandon de l’arsenal de l’armée entre les mains des milices de la marmaille urbaine. Un chaos libérien en perspective.   Le renversement du régime ATT a été systématiquement suivi d’une progression exponentielle des forces rebelles dans le Nord-Mali où l’armée résistait pourtant vaillamment face à la supériorité militaire des assaillants. Esseulé avec l’absence de l’Etat, le Colonel Major Elhaj Gamou a fini par rallier l’ennemi avec des centaines d’hommes, abandonnant du coup la région militaire de Kidal aux envahisseurs. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une débandade jamais égalée dans les rangs d’une armée malienne démoralisée par l’absence totale de commandement. Ainsi, après Kidal, vendredi, ce fut au tour de Gao de tomber aux mains des assaillants, le jour suivant avant que Tombouctou ne tombe à son tour, courant la journée d’hier. Dans le septentrion malien, le vécu quotidien des paisibles citoyens se caractérise, depuis près d’une semaine, par les prémices d’instauration d’un régime de charia, des scènes de pillages, de destruction des édifices publics et de l’administration de l’Etat. Les banques n’ont naturellement pas été épargnées et le feu mis à la direction du trésor public consacre une bonne fois la paralysie de l’administration dont le matériel et les meubles ont été livrés au pillage public. A Tombouctou, les actes de vandalisme n’ont épargné également ni le système d’adduction d’eau ni les installations d’EDM et il est fort probable que la ville soit déjà privé de ces deux denrées précieux que sont l’eau et l’électricité, avec des conséquences probables sur le système sanitaire du pays. Il convient d’indiquer par ailleurs qu’un peu  partout l’installation du chaos a été consécutive à un abandon des populations civiles sans combat par l’armée malienne. C’est ainsi qu’à Gao par exemple, les cars se sont déplacés jusque dans le camp pour évacuer les éléments et les acheminer vers Bamako. Idem à Tombouctou où les porteurs d’uniforme, à défaut d’abandonner la ville, ont abandonné le treillis au profit des tenues civiles pour se confondre à la population. La chute des régions militaires concernées n’a pas seulement consacré la partition de fait de la République Mali dont la partie septentrionale est désormais coupé du reste avec une nette tendance vers les prétentions territoriales du Mouvement National de Libération de l’Azawad. Les promesses de la CEDEAO constituent toutefois un espoir pour inverser la situation, mais le pire reste à circonscrire, même en cas d’éventuelle libération du Mali de la double invasion islamiste et rebelle. En effet, dans chacune des villes occupées, la débandade de l’armée a occasionné une situation inédite qui rappelle les dérives que les rébellions ont provoquées dans certains pays de la sous-région. En effet, en abandonnant les camps aux envahisseurs, les troupes loyalistes maliennes ont en même temps laissé libre cours au pillage du contenu en armements. A Tombouctou comme à Gao, selon les témoins oculaires, les armes commencent à circuler massivement dans les mains des milices urbaines qui commencent enrôler parmi les enfants. De sources concordantes, il suffit d’enregistrer son identité pour être en possession d’une Kalachnikov dans les deux villes concernées. Idem à Mopti où d’autres sources confient que les populations civiles commencent également à s’en procurer depuis l’annonce d’un assaut de la ville par les combattants islamistes et du MNLA. Pis encor, il semble que la prise de Gao a permis a occasionné l’élargissement de tous les détenus. Dans un contexte de circulation et de trafic massifs d’armes, il est à craindre fort logiquement que le Mali ne verse dans les dérives comparables à celles du Libéria et de la Sierra-Léone, avec son lot d’enfants soldats, de maquisards, etc. C’est à tout ce péril que l’armée malienne, sous le règne de la junte conduite la le Capitaine Amadou H. Sanogo, a abandonné la partie septentrionale du Mali, à l’issue des assauts rebelles de la semaine dernière. La junte n’aura donc pas été une alternative crédible au système défensif du régime qu’il a renversé.   N’Tji Diarra

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Commentaires (27)

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0883mhara
0883mhara 15 ans
ce journaliste est vraiment malhonnéte, sanogo est venu pour ramasser ce qui est ramassable et refaire l'armeé. Il etait ou ATT pendant ses 10ans? tu fais honte le journaliste de merde, tu dois etre surment un ami de la bande à ATT.
le malien est faible de nature a part les dogons et les touregs. tout ce qui interesse le malien, c'est l'argent et la polygamie. au lieu de parler de la liberation du mali des rebelles, vous parlez d'elections et de sanogo. organizez vous en mouvements de liberation comme l'ont fait les patrotes ivoiriens face a leurs rebelles.
Je ne reconnais plus mon pays!!! Il est divisé, on dirait le soudan. Nous avons comis la pire erreur du siecle en mal gerant le crise du nord. On ne nous dit rien de ces centaines de jeunes soldats (majoritairement dans la 20enne et de familles sans voix) qui meurent tous les jours au front. Mon frere et ses amis sont restés ds l'attaque de Gao. Dieu seul sait combien ont subit le meme sort dans les trois regions. :( :(
Achill 15 ans
Mali : les Salafistes d' Ançar Dine chassent le MNLA de Tombouctou Publié le 2012-04-02 20:30:50 | French. News. Cn Taille du texte BAMAKO, 2 avril (Xinhua) -- Les combattants d' Ançar Dine d' Iyad Ag Ghali, auraient pris le contrôle de Tombouctou tombée dimanche dernier entre les mains des rebelles touaregs du MNLA. Cette information a été confirmée par plusieurs sources (administration, notabilités, populations) jointes au téléphone. "Les islamistes sont entrés à Tombouctou ce matin en chassant les combattants du MNLA. Ils ont arraché et brûlé le drapeau du MNLA et hissé celui du Mali sur plusieurs drapeaux. A côté des couleurs nationales, flotte un autre drapeau sur lequel on peut écrire : Allah Akbar (Dieu est Grand)", témoignent plusieurs sources selon lesquelles, les nouveaux maîtres de la ville ont appelé les populations à vaquer normalement à leurs occupations. Ançar Dine est fréquemment présenté dans la presse comme un sous-marin d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ou son allié objectif car l' un des cousins d'Iyad Ag Ghali, (Abdelkrim Taleb) dirige l'une des Katibas (sous-branche d' AQMI). Mais, selon de nombreux observateurs, si Iyad Ag Ghali ne cache pas ses intentions de faire appliquer la charia dans les zones sous son contrôle, il est aussi engagé dans un combat qui s'inscrit dans l'histoire de la région et de celle des touaregs avec leurs rivalités. Iyad Ag Ghali était l'un des acteurs principaux de la rébellion touareg de 1990 où sa rivalité avec Al Hadji Gamou trouve son origine. Ce dernier vient d' ailleurs de faire défection des rangs de l' armée pour rejoindre le MNLA après la chute de Kidal vendredi dernier. A présent, il compte devenir le leader de la tribu des Ifoghas. Toute chose, selon les observateurs, pourrait avoir des répercussions importantes lorsque le Mali retrouvera la paix. Jusqu' à hier, Iyad Ag Ghali était le maître de Kidal, évacuée par les dernières troupes loyalistes vendredi matin, tandis que les forces d'Ançar Dine, en collaboration avec des unités du MNLA, prenaient les camps militaires et la ville en tenaille. Il tient aussi la région de Tessalit, et le plus gros de la région montagneuse de l'Adrar des Ifoghas. Et si la prise de Tombouctou par ses forces se confirmait, il contrôlerait alors une grande partie du nord-Mali et va alors beaucoup peser dans le retour définitif de la paix dans le septentrion malien.
"You break it, you own it". Aussi moribonde ou imparfait qu'etait le regime ATT, Capitaine Sanogo, tu l'as casse. Et Maintenant, ce qui en reste t'appartient. Mais quoi? Le Mali? Quel Mali? Tu porteras a jamais la fletrissure. Le 22 Mars deja, je te le disais: vous avez casse la poudriere ou depot de munition et d'arme, pris les armes; pourquoi alors ne pas s'etre directement dirige vers le Nord. C'est la raison qui a motive la prise du pouvoir par "tes jeunes", n'est pas. Ou comme tu l'as dit aussi, tu as vu le fruit mur et tu t'es dit "pourquoi ne pas profiter de l'occasion? La bravoure ne se limite pas au nombre de coup de canon et de mitrailleuse tire contre les objectif civils ( a Bamako, le Palais), mais a la capacite de resistance que vous devrez demontrer contre les rebelles. Maintenant, il ya une occasion pour toi de te racheter:al a la prochaine rencontre entre ton comite, la societe civile et les partis politiques, transfere le pouvoir a Dioncounda qui assurerait l'interim jusqu'au 8 juin, quand au cours d'une Conference Nationale, un President serait designe pour une periode indeterminee, disons jusqu'a ce que les conditions seraient reunies pour des elections presidentielle et legislative.
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