Mali : l'armée toujours divisée à propos de l’aide militaire ouest-africaine

08 Sept 2012 - 09:01
Mis à jour: 14 ans
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Le président malien DioncoundaTraoré a envoyé mardi au président ivoirien Alassane Ouattara la requête autorisant la Cédéao à apporter un soutien militaire au Mali pour en découdre avec les islamistes qui occupent le nord du pays. Si le ministre de la Défense et l'état-major malien soutiennent clairement cette demande, ils ne sont pas forcément suivis par l'ensemble des troupes, ce qui crée des remous à Kati. Les autorités de la sous-région réclament quant à elles un retour prioritaire du pouvoir constitutionnel à Bamako.
La soirée du jeudi 6 septembre a été chaude à Kati. Dans la caserne qui abrite les ex-putschistes près de Bamako, l'ambiance était électrique autour d'un sujet : le président Dioncounda Traoré n'aurait pas dû autoriser la Cédéao à envoyer des bataillons étrangers dans le nord (3 300 militaires à la disposition du gouvernement du Mali). Selon nos informations, le capitaine Sanogo a dû palabrer longtemps pour calmer officiers et sous-officiers, leur faire entendre que l'heure n'était pas à un nouveau coup de force et qu’il était urgent d'avancer d'un même pas. Mais ce manque de consensus était bien réel, au point que l'état-major de l'armée qui avait un temps prévu un communiqué pour dire son accord avec la démarche du président a dû se raviser au dernier moment pour éviter le clash. Les militaires récalcitrants en veulent à Dioncounda Traoré mais aussi à la Cédéao, qu’ils accusent toujours de bloquer des armes dans la sous-région, mais surtout de vouloir venir combattre les islamistes à la place de l'armée malienne. Du côté de la médiation burkinabè, on cherche à calmer le jeu. Selon Djibril Bassolé, la Cédéao ne veut pas se substituer à l'armée malienne, juste l'appuyer. Pour le diplomate burkinabè, les modalités de soutien et le déploiement militaire se feront en concertation. « Tout se discute », assure-t-il. Les chefs d'état-major de la sous-région doivent se réunir très prochainement. Clarifier la situation constitutionnelle Au niveau sous-régional, à l'occasion d'une visite de son nouvel homologue du Ghana, John Dramani Mahama, le président du Bénin, Boni Yayi, président en exercice de l'Union africaine, a déclaré que les pays d'Afrique occidentale se rencontreraient bientôt pour discuter de stratégies pour une intervention au Mali. Pour le président ghanéen, la Cédéao, avant d’envisager une quelconque action militaire, doit avant tout clarifier cette question : qui dirige réellement le Mali, le capitaine Sanogo ou Dioucounda Traoré ? « Je crois que l’une des premières étapes dans cette affaire, c’est qu’il faudrait qu’on règle ce problème de pouvoir et de la constitutionnalité. Et c’est à ce niveau d’ailleurs qu’il y a la confusion. Avant qu’on intervienne dans cette histoire, il faudrait qu’on maîtrise vraiment la situation constitutionnelle. » Quant au président en exercice de l’Union africaine, il ne peut y avoir, selon lui, deux voix discordantes à Bamako. Pour Boni Yayi, la junte doit retourner dans sa caserne et renoncer à diriger une quelconque institution de la République : « Il faut absolument le retour de la junte dans les casernes, il faut absolument que la junte soit écartée de la vie politique, qu'elle soit écartée des institutions politiques pour que nous puissions trouver une issue rapide à cette crise. » La crise malienne au coeur de la visite de Yamina Benguigui en Algérie Yamina Benguigui, la ministre française déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, est à Alger depuis jeudi. Cette visite a pour but de préparer le voyage du président François Hollande en Algérie. Si la ministre a évoqué les dossiers culturels, en particulier celui de la francophonie, ce voyage était une nouvelle étape dans les discussions autour de la crise malienne. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en avait fait l’un des thèmes centraux de sa visite au mois de juillet. Le Mali est aujourd’hui au cœur de la relation entre Paris et Alger. Yamina Benguigui a d’abord rencontré Abdelkader Messahel, le ministre algérien des Affaires africaines. Mais les positions des deux pays sont toujours différentes. « La situation du Sahel, la situation du Mali, c’est aussi complexe que la révolution arabe avec des divergences sur 'est-ce que l’on arrête militairement, est-ce qu’on va privilégier le dialogue ?', ce qui est l’attitude de Messahel », a expliqué Yamina Benguigui. Pourtant, l’Algérie et la France travaillent pour un accord entre plusieurs pays africains. Une réunion est prévue à New York fin septembre lors de l’assemblée générale des Nations unies. Paris et Alger veulent un consensus avant cette date. « Ca va se préparer et je pense qu’avant le 26 septembre, on aura une très bonne nouvelle parce qu’il y aura un groupe qui parlera dans la même direction, avec l’Algérie, avec la France et avec les autres pays », a avancé encore la ministre. Yamina Benguigui doit rencontrer le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci dans la matinée. Elle sera de retour à Paris dans l’après-midi.   rfi / 08/09/2012

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Commentaires (44)

User
abdc
abdc 14 ans
Le camp de Kati doit etre detruit purment et simplement. On ná pas le choix, il faut detruire ce camp avec hommes, femmes et enfants.
hamet92
hamet92 14 ans
je suis tout a fait d'accord avec toi le camp kati doit etre supprimer pour en finis avec c bouffon sanogo.
Pié
Pié 14 ans
des gens sadique comme toi doivent être enterré
Teriba
Teriba 14 ans
L'Arme a l'obligation d'obeir a l'autorite du President de la Republique.Un refus constituera une rebellion.Nous regrettons qu'un compromis n'ait pu ete atteint avant ces declarations fracassantes qui font honte au Mali.Voila une armee qui admet qu'elle ne dispose pas d'armements adequats bloques par le gouvernement guineen,ni de couverture aerienne dans ce grand desert et qui prefere rester dans l'inactivite que de recevoir l'aide de la CEDEAO.Je suis decu par les reactions primaires de nos soldats qui agissent comme des personnes sans formation approfondie.Les Allies ont accepte au beau milieu de la guerre froide l'aide militaire Russe.Comment ne peuvent-ils pas comprendre que des pays comme le Niger sont directement impliques et que toute l'Europe regarde avec inquietude la salle besogne laissee par Sarkozy et ses Allies.Les soldats de la CEDEAO appuyes par le Conseil de Securite vont bientot fouler le sol Malien sans leur accord.L'armee Malienne en reconstruction sera detruite a cause de leur incapacite d'analyser de simples problemes strategiques.Tout a son temps.C'est le moment d'eliminer du Sahara ces bandes criminelles et d'en finir pour toujours les velleites de Azawad.Actuellerment l'unite nationale est la chose la plus precieuse.La division qui s'etale devant le monde entier est en train de devenir une vraie trahison qui merite d'etre serieusement punie.Une autre Armee sera batie mais a quel prix!
Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 14 ans
MALIENS : AVOUER SON IMPUISSANCE DEVANT UN FLÉAU MONDIAL, LE TERRORISME, ET SE FAIRE AIDER POUR LAVER UN AFFRONT COLLECTIF (LE PAYS OCCUPÉ ET MORCELÉ) N’EST PAS UN DÉSHONNEUR NI UNE PERTE DE SOUVERAINETÉ Bonjour, Numériquement, puis faute de moyens (logistiques et humains) suffisants et, en plus, divisées, les forces de défense et sécurité Maliennes sont vulnérables et ne peuvent être au front en train de se battre pour la restauration de l’intégrité territoriale et assurer la sécurité des villes conquises et celle des populations (pour la réception des vivres et médicaments). Contrairement à ce que prétendent certains, faire assurer cette sécurisation par la CEDEAO/UA/ONU, n’est pas un moyen de préparer le terrain au retour du MNLA ou à quiconque (Ansar Dine, …) car ça sera aux Maliens de décider, dans l’unité, du devenir du pays et non à la force de sécurisation de la CEDEAO et/ou de l’UA et/ou de l’ONU, qui doit être exclusivement orientée vers la tâche pour laquelle elle sera engagée : assurer la sécurisation des villes conquises et garantir aux populations de recevoir des vivres et médicaments. Comme le propose la lettre du Président, c’est aux Maliens de se mettre devant et d’organiser la reconquête du territoire et sa sécurisation, ÉPAULÉS par la CEDEAO et/ou l’UA et/ou l’ONU ET les partenaires régionaux et internationaux. Compte-tenu du terrorisme qui a envahi le Mali, croire que les Maliens le feront seuls est un leurre. La participation et l’engagement de tous est nécessaire pour ce faire. Tous les Maliens et l’armée doivent faire front autour de la lettre du Président, solliciter et vouloir l’aide de la CEDEAO et de la communauté internationale pour assumer la souveraineté du Mali, laver l’affront collectif (le Mali occupé et morcelé) et reconstruire dans l’unité le Mali. Les Maliens doivent avoir le courage de laver cet affront collectif en se faisant aider par la communauté régionale et internationale. La participation et l’engagement de tous est nécessaire pour ce faire. Y A-T-IL ENCORE DES MALIENS QUI N’ACCEPTENT PAS CET AFFRONT COLLECTIF ? Si oui, pourquoi refuser l’aide bienveillante des autres (CEDEAO, UA, ONU, Communautés régionales et internationales) sachant que les Maliens pourront contrôler, s’ils le veulent, l’usage qu’ils en font ? Avouer son impuissance devant un fléau mondial, le terrorisme, et se faire aider pour laver cet affront collectif n’est pas un déshonneur ni une perte de souveraineté. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC ET GOUVERNANCE E-mail: [email protected]
Sans pitié
Sans pitié 14 ans
..."Pour le président ghanéen, la Cédéao, avant d’envisager une quelconque action militaire, doit avant tout clarifier cette question : qui dirige réellement le Mali, le capitaine Sanogo ou Dioucounda Traoré ? "... Le Ghanéen a TOUT dit!... Il se pose et il pose la VRAIE question, et tant que chez nous certains ne seront toujourts pas capables d'avoir ce même niveau de réféxion, nous n'avanceront pas! Les Islamistes, si!... Pour notre survie, nous devons neutraliser (anéantir au besoin) ces sales pilleurs laches et minables de berets verts!!! Le monde entier voit ce que trop de maliens illétrés refusent stupidement de voir: Tant que ces voyous auront la moindre possibilité de s'exprimer encore, PERSONNE n'aidera le Mali! Et ca se comprend parfaitement.
Vieuxcoul
Vieuxcoul 14 ans
À tous les internautes ,la danse du "surplace"est finie si demain les jours à venir les militaires maliens ne prennent pas une décision une marche pacifique sur Kati pour montrer à l'opinion internationale que nous en avons marre de cette situation .... Les réfugiés ,les enfants la maladie l'école le transport le tourisme l'hôtellerie ....bref tout s'arrête à cause d'un groupuscule trop c'est trop comme dirait l'autre "POUSSE POUSSE S'ARRÊTE AU MUR" à bon entendeur salut
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