Forum mondial des civilisations : Tombouctou, capitale du dialogue interculturel et de la paix
En marge de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou a accueilli, les 19 et 20 décembre, le Forum mondial des civilisations.
Placé sous le thème "Dialogue, paix et prospérité partagée", l’événement a réuni plus de 300 participants venus de 50 pays, parmi lesquels universitaires, décideurs politiques, chercheurs, artistes et leaders communautaires. Deux jours d’échanges intenses qui ont abouti à la Déclaration de Tombouctou, un engagement collectif pour un monde fondé sur la complémentarité des civilisations.
La salle de l’Institut Ahmed Baba de Tombouctou a servi de cadre à cette rencontre internationale initiée par le gouvernement du Mali à travers le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Le ministre Mamou Daffé, en ouvrant les travaux, a rappelé la portée historique et géopolitique de ce forum, citant feu IBK : "Nous fûmes quand les autres n’étaient pas".
Le Mali, terre de vieilles civilisations, a été mis en lumière à travers ses empires prestigieux (Wagadou, Manding, Songhaï) et ses royaumes influents (Maasina, Kénédougou, Khasso, Kaarta, Bambara). Les manuscrits anciens de Tombouctou, ville des 333 saints, ont été présentés comme une source inestimable de connaissance et de patrimoine universel.
Le professeur Ibrahima Wane (Université Cheikh Anta Diop) a introduit le concept de dialogue, paix et prospérité partagée. Les professeurs Yacouba Konaté et Ibrahim Iba Ndiaye ont animé un panel sur le dialogue intellectuel, facteur de paix et de prospérité. Le Dr. Mohamed Diagayeté et Moulaye Coulibaly ont mis en exergue l’importance des manuscrits de Tombouctou comme mémoire de l’histoire. Les ambassadeurs Abdourahamane Baby et Mahamoud Mohamed Arby ont insisté sur la diplomatie culturelle comme vecteur de rapprochement des peuples.
Les discussions ont également abordé les défis contemporains : djihadisme, crises sécuritaires et sociales, fractures technologiques et climatiques. Les intervenants ont rappelé que les nations sont des constructions culturelles et identitaires, et que le dialogue reste la clé pour dépasser les chocs de civilisations.
Le forum a aussi mis en avant la philosophie traditionnelle Maaya, qui valorise la relation harmonieuse entre l’individu et la communauté. Cette vision humaniste a été présentée comme un socle pour bâtir un monde plus pacifique et solidaire.
Au terme des deux jours, les participants ont adopté la Déclaration de Tombouctou, affirmant leur volonté de promouvoir un monde où les civilisations ne s’affrontent pas mais se complètent. Cette déclaration renforce l’image de Tombouctou comme capitale mondiale du dialogue interculturel et de la paix.
Ousmane Mahamane
(Envoyé spécial à Tombouctou)