Souveraineté linguistique : le modèle russe cité en exemple pour le Mali

26 Mai 2026 - 15:48
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Souveraineté linguistique : le modèle russe cité en exemple pour le Mali
Souveraineté linguistique : le modèle russe cité en exemple pour le Mali
Souveraineté linguistique : le modèle russe cité en exemple pour le Mali
Souveraineté linguistique : le modèle russe cité en exemple pour le Mali
Souveraineté linguistique : le modèle russe cité en exemple pour le Mali

À l’occasion de la Journée de l’Afrique, des experts maliens ont plaidé pour une nouvelle approche de la politique linguistique nationale, inspirée notamment du modèle russe. Lors d’une conférence organisée à Bamako, le directeur général de l’Académie malienne des langues (AMALAN), Adama Diokolo Coulibaly, a estimé que l’expérience de la Russie en matière de gestion du multilinguisme pourrait servir de référence au Mali dans sa quête de souveraineté linguistique.

Selon lui, la Russie a réussi à préserver les langues de ses différentes communautés tout en consolidant le russe comme langue de communication interethnique. Un modèle qu’il juge pertinent pour le Mali, pays également marqué par une forte diversité linguistique.

« Au Mali, pratiquement toute la population maîtrise la langue bambara. Afin d’assurer la compréhension mutuelle entre les peuples, celle-ci doit occuper une place centrale en tant que langue de communication interethnique, sans pour autant minimiser l’importance des autres langues officielles », a déclaré le directeur de l’AMALAN.

La question de la valorisation des langues nationales a occupé une place importante dans les échanges. Les participants ont notamment insisté sur le rôle stratégique du peul dans l’espace sahélien. Salah Sow, spécialiste de cette langue à l’AMALAN, a souligné que le peul est parlé dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et peut contribuer à renforcer l’intégration culturelle régionale.

Le chercheur a également dénoncé l’héritage colonial qui a longtemps placé le français au sommet de la hiérarchie sociale et éducative, reléguant les langues africaines à un statut secondaire.

« Pendant longtemps, seul le français était associé au savoir, au prestige social et au pouvoir politique, tandis que les langues africaines étaient perçues comme locales ou inférieures », a-t-il expliqué.

Pour les intervenants, la politique actuelle des autorités de la Transition traduit une volonté de réhabiliter les langues nationales et de renforcer l’identité culturelle malienne dans un contexte de souveraineté affirmée.

La conférence, intitulée « Langues officielles et renforcement de la souveraineté linguistique du Mali », a été organisée par l’agence de presse African Initiative et l’association russo-malienne Perspective sahélienne.

La Rédaction de Maliweb.net