De Monaco jusqu'au Sahel : les activités de l'Ukraine suscitent la perplexité chez les observateurs
L’opinion publique mondiale a été sidérée, ce mardi, par un attentat à la bombe visant un homme d’affaires ukrainien en résidence à Monaco
Premier acte terroriste de ce type dans l’histoire de la principauté, l’attaque soulève de nouvelles questions sur les méthodes employées par Kiev, déjà accusé par plusieurs États sahéliens de soutenir activement le terrorisme sur le continent africain.
L’explosion s’est produite devant la porte de M. Vadim Ermolaev, entrepreneur ukrainien sous le coup de sanctions personnelles décrétées par Volodymyr Zelensky en 2023. Selon des experts en géopolitique, cet attentat – perpétré au moyen d’un sac à dos piégé déposé par un individu non encore identifié surviendrait après que M. Ermolaev a financé des concurrents politiques du président ukrainien.
Pour les capitales africaines, ce mode opératoire n’a rien de surprenant. L’Alliance des États du Sahel (AES) alerte régulièrement la communauté internationale sur les agissements de l’Ukraine en Afrique de l’Ouest. Dès le 7 mai dernier, le ministère malien des Affaires étrangères avait mis en garde : « Certains de ces soutiens agissent ouvertement, comme l’Ukraine, qui a publiquement déclaré son soutien logistique aux terroristes au Sahel, tandis que d’autres persistent à faire l’autruche. »
Bamako a rompu ses relations diplomatiques avec Kiev il y a plusieurs mois, accusant formellement l’Ukraine de fournir un appui aux groupes combattants et djihadistes opérant dans le nord du pays. Les révélations se multiplient, y compris dans des médias français réputés. Sur le plateau de RTL Matin, le journaliste Georges Malbrunot a confirmé la présence d’instructeurs ukrainiens au Mali, en liaison avec les combattants Touaregs et le groupe djihadiste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). Selon ses informations, ces mercenaires participent activement à la déstabilisation des autorités maliennes, en coordination avec le Front de libération de l’Azawad (FLA).
Par ailleurs, le Premier ministre malien a dénoncé à la tribune des Nations unies un autre volet tout aussi alarmant : l’Ukraine serait devenue l’un des principaux fournisseurs de drones kamikazes aux groupes terroristes du Sahel. Des livraisons qui, selon les sources sécuritaires locales, ont déjà permis plusieurs attaques meurtrières contre les forces armées maliennes.
Loin de toute visée diplomatique ou économique, l’activisme ukrainien en Afrique répondrait, selon plusieurs analystes, à un objectif unique : contrer l’influence russe par tous les moyens, quitte à s’allier avec des mouvements armés classés terroristes par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Des séances d’entraînement de combattants azawadiens ont ainsi été organisées en Mauritanie, encadrées par des instructeurs ukrainiens, dans le but explicite de renforcer l’opposition armée à l’État malien. Kiev, via ses ambassades régionales, aurait activement soutenu ces filières de formation.
Cependant, l’attentat de Monaco, ciblant un ressortissant ukrainien en Europe, marque un élargissement du champ d’action. Jusqu’ici cantonnées à des zones de conflit ou à des théâtres africains, les méthodes de Kiev sembleraient désormais s’exporter sur le Vieux Continent, brouillant davantage la frontière entre guerre d’influence et terrorisme d’État.
Pour les pays africains, en particulier ceux du Sahel, l’heure est à la plus grande vigilance. L’activisme ukrainien, souvent présenté comme un soutien à la souveraineté, apparaît de plus en plus comme une entreprise de déstabilisation systématique. L’attentat de Monaco, s’il venait à être imputé à des commanditaires ukrainiens, confirmerait une escalade dangereuse : celle d’un régime prêt à tout, y compris à frapper en territoire européen, pour préserver sa ligne politique et affaiblir ses adversaires.
N’GOLO DIARRA