Dr Fatogoma Togola, un des leaders du parti DPM : "Nous proposons la création d'une base militaire française au Mali dénommée François Hollande"

25 Jan 2013 - 10:47
Mis à jour: 14 ans
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Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à saluer vivement la République Française dirigée par Monsieur François Hollande pour son acte de sauvetage de la population malienne de tous les ressortissants étrangers et de leurs biens.

Que l'âme de feu, le lieutenant Damien Boiteux repose en paix.  Que les âmes des braves soldats maliens  se reposent en paix. 

J'ai vécu entre les camps de Djicoroni -para et de Kati (camp du nord et camp du sud), depuis ma petite enfance, en passant par mes études secondaires au lycée Askia Mohamed jusqu'à l'obtention de mon Doctorat d'Etat en pharmacie à l'Ecole de Médecine et de Pharmacie.

Le militaire était vu par la population comme une garantie de protection, à l'époque le comportement du militaire était exemplaire, les recrutements se faisaient sur des bases sures, les formations physiques, morales et militaires étaient parfaites et complètes, les avancements dans les médailles et les grades étaient correctes. Le service militaire n'était pas un service où il fallait prendre tout juste son salaire en fin de mois.

Par la force des évènements beaucoup d'amis d'enfance et d'école sont devenus des militaires.

En 1998, la région de Kidal fut mon premier poste et je fus le premier pharmacien régional de cette localité, dans l'histoire du Mali.

A Kidal, en 1999 le gouverneur de la région a demandé un volontaire compétent pour enseigner la physique et la chimie au lycée ATTAYER Ag Aly de Kidal, pour palier à une grève d'un mois décrétée par les élèves pour manque de professeur dans ces disciplines (Témoin : Monsieur Samaké le proviseur du dit lycée).

Je me suis porté volontaire et j'ai enseigné la physique et la chimie (voir archives du lycée).

Depuis 1998 j'ai alerté les premières autorités militaires de la localité non seulement sur la situation de l'armée mais aussi sur l'insécurité qui se dessinait dans cette région par rapport à ce que j'ai vu et entendu. (Témoin : l'ancien militaire, le colonel Maiga dit Cobra)

Lorsque je partais en mission de la santé à Tombouctou, Gao et Kidal et dans les autres régions du Mali, je fréquentais les camps militaires parce que mes amis s'y trouvent. (Témoins : les copies des  ordres de mission : les gouvernorats de Kidal, Tombouctou, Gao, Ségou, Koulikoro, Sikasso, Mopti). Je n'ai pas fait de mission dans la région  de Kayes.

Ma dernière mission s'étendait du 1er au 29 novembre  2011, lors de cette mission de supervision à Kidal, j'ai fait beaucoup de constats sur le terrain. (Témoin le colonel médecin Tounkara, Directeur régional de la santé de Kidal).

A la fin de cette mission, en partant à Bamako, j'ai rendu une visite au gouverneur de Gao, le Général Mamadou Adama Diallo. Avant le début de notre entretien dans son bureau, je lui ai dit que je suis venu le  voir pas en tant que petit frère, mais en tant que citoyen lambda.

Je lui ai dit ceci : Mon général, dites à Monsieur le président de la république du Mali, le général président de donner des munitions et des armes aux militaires pour le nord, sinon les choses que j'ai vues et entendues sont graves. Ensuite j'ai répété mes propos en bambara. Il m'a promis de faire la commission. Il a plaisanté avec moi en me disant : petit frère, tu es plus renseigné que nous. (Témoin : le général Mamadou Adama Diallo).

J'ai rapporté les mêmes constats lors d'une réunion au ministère de la défense en présence : du ministre de la défense, Sadjo GASSAMA, du général POUDIOUGOU, du général Minkoro Kané, d'environ une dizaine d'anciens combattants de Kati et en présence du représentant du président des anciens combattants du Mali. (Témoin : l'ancien colonel Satiki,  président des anciens combattants de Kati).

A mon retour de  Kidal en novembre 2011, j'ai voulu faire une conférence de presse sur la situation de l'armée et de l'insécurité au nord du Mali (Témoin : le lieutenant Fassely COULIBALY).

Près de quatorze ans, en tant que citoyen lambda, homme politique et homme d'Etat, j'ai fait ce que je pouvais faire c'est-à-dire informer, proposer, critiquer,  sensibiliser les premières autorités de l'armée malienne, mais en vain.

Vu notre connaissance des problèmes de la population malienne  sur le terrain, nous avons, mes camarades et sympathisants crée en 2006 un parti politique dénommé, " les Démocrates Progressistes Maliens ". (DPM).

Depuis les vingt dernières années, l'armée malienne est en chute libre, avec le général président, la chute a atteint son niveau le plus bas.

Aussi durant ces vingt ans, notre armée a été sabotée pendant les dix premières années puis trahie pendant les dix dernières années.

Les critères de recrutement, de formation et d'avancement en grade ne répondent plus aux normes.

Les soldats ne sont plus dans les conditions, ils sont mal logés, mal soignés mal habillés.

La force d'une nation démocratisée réside dans la qualité de ses ressources humaines, son économie et son armée. Exemple : la France est respectée aujourd'hui grâce à la qualité de ces trois éléments.

Tous les pays d'un monde démocratisé doivent avoir des armées très fortes pour faire face aux agressions de tous les jours contre les terroristes et les narcotrafiquants.

De surcroit, tous les pays qui sont dans la bande sahélo-saharienne doivent avoir des armées très fortes pour faire face aux différentes menaces de tout genre.

Peuple malien et autorités maliennes,

Vu, la préservation de l'intégrité de la république du Mali (les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Sikasso, Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal et le district de Bamako) jusqu'à la nuit des temps ;

Vu, la situation de la démocratie et les menaces contre celle-ci;

Vu, le niveau de sabotage et de trahison de l'armée malienne;

Vu, la situation de porosité de nos frontières ;

Vu, la situation d'insécurité que vivent les populations maliennes et leurs biens ;

Vu, la situation d'insécurité que vivent les ressortissants français et leurs biens ;

Vu, la situation d'insécurité que vivent les autres étrangers et leurs biens ;

Nous proposons, le parti DPM, mes camarades, mes collaborateurs et moi, qu'une base militaire française soit attribuée à la  France pendant vingt à vingt cinq ans et qui portera le nom de Son Excellence Monsieur François Hollande Président de la République Française en reconnaissance de tous ce qui viennent d'être fait veint.  Par le même acte nous proposons que le camp militaire de Sévaré soit bâti au nom de feu lieutenant Damien  BOITEUX mort pour la cause noble du Mali.

A cet effet, qu'un pacte militaire, de formation et d'équipement de l'armée malienne soit bien défini avec  la France pour des actions plus durables.

Un renforcement du partenariat militaire entre la France et le Mali ne suffit plus, il s'agit d'aller à d'autres étapes.

Même si l'attribution de cette base militaire française doit avoir l'adhésion du peuple malien à travers une pétition,  elle sera soumise à la signature du peuple.

Vive la France

Vive l'Union africaine

Vive le Mali.

Bamako le 23 janvier 2013 

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Commentaires (35)

User
amper
amper 14 ans
tu as parfaitement tout à fait normale merci pour ta contribution sans faille, motivation juste.
adamaye
adamaye 14 ans
Fatogoma, etes-vous reelement un "homme d'etat"? connaissez-vous le sens de cette expression "homme d'etat". ceci dit, je lisais vos propos avec beaucoup d'interet. je voyais le citoyen patriote, devalant les dune de sable du nord alors que vous pouviez bien gagner votre vie a bamako, etant un pharmacien. Mais des que j'ai lu la phrase, " nous avons cree un parti politique..." je n'ai plus lu le reste. je sais que c'est le politicien a la langue mielleuse qui parle. Il parle bien, mais le motif est malsain. merci quand meme, d'avoir alerter les plus hautes autorites de ce pays, a l'epoque.
salka
salka 14 ans
Nous sommes à l'heure de la mondialisation et non plus à celle des idéologies à la gomme qui nous ont conduits dans la situation que nous vivons. Soyons réalistes et ne bouchons pas l'horizon à notre descendance. Nous n'avons pas les moyens ni la capacité de surveiller toutes nos frontières surtout celles avec des Etats où le terrorisme a ses "entrer coucher" En outre, toute cette région du nord recèle d'énormes richesses qu'lfaut exploiter pour développer le pays et en faire profiter toute la population ce qui, par la même occasion, contribuera à calmer les appétits criminels. Au moment où nous étions entrain de nous noyer, seule la france a pris le risque de courir à notre secours, c'est notre partenaire historique, c'est aussi une grande puissance. Nous serons plus en sécurité avec elle dans un partenariat gagnant gagnant à une condition: que le jeu politique soit redéfini, que l'on ne vienne plus à la politique pour s'enrichir de façon éhontée comme cela a été le cas jusqu'ici.
montic
montic 14 ans
je suis d'accord pour remercie la France jusqu au preuve du contraire ils ont sauver notre mali ,mais c la faute a son prédécesseur qui ne autre que monsieur Sarkozy qui a Arme le révolutionnaire libyen sans se soucieux de la suite et ne me pas mesure la porter et l'impact de cette guerre là
soribd3 14 ans
Je remercie la France et rends hommage au soldat Damien Boiteux mais attention, il est plus facile de louer une base militaire à pays plus puissant que soi de la lui retirer. Souvenez vous des américains et de Norega. Oui nos militaires ont un réel besoin de formation, ils doivent comprendre que être militaire, c'est défendre sa patrie et surtout obéir l'hiérarchie militaire tant l'ordre donné n'est pas immoral. Car si les militaires français avaient la même vision que nos militaires, ils allaient retourner dans leurs salons bien climatisés que dans notre désert surchauffé. Oui pour qu'une caserne ou camp porte le nom de ce vaillant combattant qu'était le soldat Boiteux. Dorénavant, nos militaires doivent se concentrer sur le nord et surtout qu'ils se montre responsables en maintenant des militaires aguerris au nord et non des jeunes jeunes " bleues bites" alors que les plus expérimentés restent à Bamako et dans d'autres grandes villes. Vive le Mali
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