Le putsch le plus débile et la volonté manifeste de confiscation du pouvoir par le capitaine Sanogo

11 Avr 2012 - 00:15
Mis à jour: 15 ans
70
La démission du président Amadou Toumani Touré clôt l'épisode 1 de la tourmente politique qui est venue se greffer à la crise sécuritaire déclenchée par la résurgence de la rébellion touarègue depuis le 17 janvier 2012. [caption id="attachment_59143" align="alignleft" width="344" caption="Le capitaine Sanogo lors d'une conférence de presse le 7 avril 2012, après le transfert du pouvoir au président de l'Assemblée nationale, à la base militaire de Kati. REUTERS"][/caption] Mais la hauteur d'esprit, dont a fait montre l'ancien chef d'Etat risque de ne pas suffire pour recadrer une transition que la junte militaire a choisi de prendre en otage dans le cadre d'un accord clair-obscur signé avec la médiation et dont les soutiens du capitaine Sanogo, tapis dans les back-office, vont tirer le meilleur profit en faveur de leur poulain. Une chose est sûre, la nouvelle situation place la classe politique devant ses responsabilités à peser sur le cours de l'Histoire et constitue un test de la capacité du médiateur à fixer la ligne jaune à ne pas franchir en dehors de la Constitution de 1992. Dans la crise que notre pays traverse, la classe politique malienne semble s'être passée le mot dès les premières heures de la mutinerie : "Surtout ne rien faire pour sauver la mise au président sortant !" Fidèle à cette ligne, un Front pour la défense de la démocratie et de la République fut monté à la hâte plus pour sauver les apparences que pour mener un combat déterminé contre une junte qui, il faut le préciser, peine à exercer une quelconque autorité au-delà de son réduit du camp de Kati. Tant qu'à faire semblant, il faut se laisser prendre à son propre jeu jusqu'au bout : deux manifestations symboliques rassemblant à peine un millier de personnes (le 26 mars 2012 et le jour de la mission avortée des chefs d'Etat de la Cédéao) ; c'est déjà beaucoup mais bien peu pour des partis qui représentent l'écrasante majorité des électeurs maliens. Mais qu'importent les raisons de tant de tiédeur de la part des alliés d’ATT, les partis politiques significatifs sont obligés maintenant d'abattre leurs cartes s'ils ne veulent pas être les dindons d'une farce qui peut s'avérer moins rigolote qu'il n'y paraît avec un capitaine Sanogo qui conduit une transition à sa main et se porte candidat au bout du parcours pour se faire élire "démocratiquement" à la tête de l'Etat. Il est urgent et important que les partis politiques sortent de l'attentisme et des jeux mesquins. Eux qui, comme Gbagbo et Guéï, rêvent de tirer les marrons du feu. Dans cet esprit, la campagne de calomnie et de dénigrement organisée contre le président Dioncounda Traoré est tout simplement minable et déshonore ses auteurs. Prétendre que l'homme n'a pas de charisme et qu'il serait faible de caractère, c'est une insulte à la carrière militante de l'homme. Mariko et les groupuscules qui gravitent autour du Sadi ont entonné cette musique, mais que des personnalités comme IBK fassent chorus de cette insulte ab hominem est inacceptable. Ce prétendu falot de Dioncounda a connu combien de fois la prison quant lui IBK se la coulait douce à Terre des hommes ? Le courage se mesure à l'aune du sacrifice physique et de la conviction. N'est-ce pas le même Dioncounda qui, en 2002, à choisi de soutenir Soumaïla Cissé malgré les liens personnels qu'il avait avec ATT et l'abandon du candidat par tous les ténors de l'Adéma !  Le courageux IBK n'a rien trouvé de mieux que d'aller se réfugier chez Bongo quand cela a commencé à sentir le roussi avec Konaré en 2001. C'est révoltant d'aller présenter Dioncounda comme une mauviette à des officiers subalternes dont la seule campagne militaire connue est d'avoir tiré des boulets de canon sur la présidence de la République. Cette danse du ventre devant la junte mènera nombre d'hommes politiques au déshonneur à l'heure du bilan. Dioncounda a décidé de renoncer à son ambition pour le Mali. Nous lui demandons de rester digne de ce sacrifice de haute portée patriotique et de tenir la dragée haute à la junte et au médiateur. Le Mali n'est pas un laboratoire d'expérimentation de schémas politiques inédits qui ne nous conduiront qu'à la catastrophe. Le temps est venu pour les partis de faire entendre leur voix, de mobiliser au besoin des milliers de militants de l'Adéma, de l'URD, du Parena, du PDES etc. Pour arrêter la mascarade. Cette junte ne repose que sur le noyau d'excités qui joue les gros bras, Kalachnikov au poing, elle ne résistera à aucune vague populaire. Le médiateur ne peut pas aussi rester impassible devant le hold-up constitutionnel et la transition sur-mesure que veut se tailler la junte. Si dans 40 jours, le capitaine Sanogo doit revenir diriger la transition autant lui laisser le pouvoir dès maintenant pour sortir de l'hypocrisie. On saura alors que le coup est consommé et qu'il appartiendra aux Maliens de se préparer à des mois, voire des années de lutte pour recouvrer la démocratie. Il est symptomatique de relever qu'en dehors de la Cédéao, tous les pays et organismes de coopération avec le Mali ont maintenu leurs sanctions, en l'absence d'engagement clair d'une junte qui n'est pas prête de s'écarter du jeu institutionnel. On peut comprendre la perplexité du médiateur qui s'il ne devait pas réussir sa mission, aura eu le temps de connaître les Maliens dans ce qu'ils ont de plus misérable : petits calculs politiciens, commérages et lâcheté. Même dans une ambiance aussi peu ragoutante, la médiation de la Cédéao à l'obligation de ne pas transiger sur les principes. La direction politique du pays est une question centrale qui conditionne tout le reste : au nom de quoi, des soldats ghanéens viendraient mourir pour l'unité territoriale du Mali quand des officiers subalternes propulsés à la tête du pays n'ont de souci que vider chaque fin d'après-midi les caisses de la douane malienne, des impôts, d’EDM et de toutes les régies financières de l'Etat ? Si la Cédéao est réellement engagée auprès du Mali, le commandement des futures troupes doit s'installer au Mali dès la prestation de serment du président Dioncounda. La junte aura immédiatement des interlocuteurs sur les aspects militaires de la reconquête pour laisser le président par intérim et le gouvernement faire leur travail au plan politique pour recréer la confiance avec nos partenaires. N'est-il pas curieux qu'un coup d'Etat perpétré au nom des conditions de l'armée dure maintenant depuis 3 semaines sans que le chef de la junte n'ait visité la moindre garnison, même à Koulikoro pour s'enquérir des conditions de vie des soldats ? Le rideau de fumée s'est estompé : ce groupe n'est mû que par l'exercice du pouvoir. Proposition au capitaine Sanogo : s'il est si sûr que les partis politiques sont discrédités, il peut parfaitement démissionner de l'armée aujourd'hui pour être dans les délais constitutionnels et être le candidat officiel des partis lilliputiens qui le soutiennent. En cas d'élection par des voies démocratiques, tous les Maliens se soumettront à son pouvoir comme le veut la loi du suffrage universel. Toute autre concession à la junte serait une forfaiture que les partis paieront cash. Abdoulaye Demba Tall Citoyen et démocrate malien

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (70)

User
jaouder-hama
jaouder-hama 15 ans
Les militaires ont leur place au front non dans des bureaux climatisés.
fadiala keita
fadiala keita 15 ans
Je suis d'accord, il ne peut aller au nord il gagne plus que ce qu'il n'a jamais espéré recueillir les des Douanes, du trésor,EDM.... ET, personne dit rien il faut que les maliens lance un S.O.S. Mais ceux qui est sur l'argent du peuple revient toujours aux peuple. Il est plus que Dadis et finira plus que Dadis Dommage pour le Mali, on a honte d'être malien avec un vaurien de Sanogo qui menace le peuple avec ses propos vulgaires "tolérance 0", pourquoi il a cherché l’amnésie pour son groupe de soldats radiés.
toukatanever
toukatanever 15 ans
la vrai place du capitaine et de son contigent de garde corp c'est au FRONT pour liberer le pays ;le reste on verra.il est payé pour ca .Va au front mon capitaine ,tu es formé pour defendre l'integrité du territoire; pas pour gouverner .Si tu as de l'honneur vas au front tout le Mali te sera reconnaissant.SINON nous retiendrons que tu es venu te sucrer comme l'ont fait avant toi tes predeccesseurs Moussa traore ,ATT, tu es militaire malien comme eux et tu parles comme eux quant ils venaient au pouvoir.ALORS occupent toi du nord prend le commandement terrain des forces armées et prouve nous que ce n'est pas Dadis ou Guei qui est devant nous.
Guerre
Guerre 15 ans
Mes chers camarades , la honte a atteind le ridicule. Le Mali fort de sa richesse culturelle batie sur le socle du dialogue a mal. Nos griots les vrais le chanteront demain. Qui de la classe politique , société civile se souci de ce Mali angoissant. La querelle politique ne se justifie de l'heure quand la patrie est en danger. Nous n'avons d'autre solution que de prendre notre mal en patience. Oh! bon Dieu , les paisibles populations blessées dans leur amour n'ont qu'une préocupation , une angoisse --- liberer le nord Mali. Sachons nous contenir dans la colère. Les populations du nord sont abandonnées à leur sort. Monsieur le capitaine , la lutte contre les maux qui minent la socièté Malienne ne peuvent etre conjurer par vos prophesie de bonne foi. Je vous demande de quitter. Ceux qui vous disent le contraire ne vous aiment pas.
kabako11 15 ans
Ce qui est déplorable il y a certains qui résument la démocratie au seul fait d'élection. Aucun coup d'état n'est possible dans une vraie démocratie. Il faudrait que ces soit disant démocrates acceptent qu'ils ont échoué depuis 20 ans raison pour la quelle le coup de force du 22 mars, c'est aussi clair que limpide. Plus jamais ça encore. Tous ce qu'ils ont volé ils le restitué au centime près, l'objectif immédiat c'est la pacification du nord, après on règlera le sort des prédateurs de deniers publics.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (134)
  • Nfp (86)
  • Citoyen du monde (32)
  • kan (28)
  • Sylla (23)