Algérie-Mali : La fin de l’arrogance et le crépuscule d’une diplomatie de «Cow-boy»

Dans les chancelleries et sur les ondes, le ton a changé. Le Mali ne se tait plus. Longtemps perçue comme un médiateur obligé, l’Algérie voit aujourd’hui son double jeu exposé au grand jour.

26 Jan 2026 - 02:11
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Algérie-Mali :  La fin de l’arrogance et le crépuscule d’une diplomatie de «Cow-boy»

La rhétorique d’Alger, tentant de faire passer les dirigeants maliens pour des «ingrats» sous prétexte qu’ils ont été formés dans ses universités, se heurte à une réalité historique implacable : l’Algérie a une dette de sang et de reconnaissance envers le Mali qui remonte à 1958, bien avant que la première bourse ne soit octroyée.

L’arrogance du président Tebboune, s'attaquant ouvertement au ministre Abdoulaye Diop et au Premier ministre Abdoulaye Maïga, est le signe d'une diplomatie aux abois. Rappelons les faits : de 1958 à l'indépendance algérienne, le Mali a été le sanctuaire logistique et politique du FLN. Sans l’appui indéfectible de Bamako, la lutte de libération algérienne n’aurait pas eu la même résonance. Pendant des décennies, le Mali a consenti des avantages et des faveurs stratégiques à son voisin du Nord, souvent au détriment de sa propre sécurité. Faire aujourd'hui le procès en «ingratitude» à des ministres de la République est une liberté de trop, une audace que la dignité malienne ne peut plus tolérer.

L’instrumentalisation des bourses : une trahison de la souveraineté

Le cœur de la malveillance politique d'Alger s’est niché dans sa politique de bourses d’études. Sous couvert d’aide à la formation, l’Algérie a sciemment cherché à minimiser l’État malien. En plaçant, dès 2007 puis en 2015, la CMA et le MNLA sur un pied d’égalité avec l’État légitime dans l’octroi des quotas, Alger a élevé des groupes armés au rang d’institutions étatiques.

Cette politique inéquitable a eu tendance d'imposer un affaiblissement constant et humiliant de l’État malien avec la complicité et le silence du peuple.

Le clientélisme forcé : des familles maliennes ont été contraintes de s’abaisser devant Alghabass Ag Intalla ou d'autres responsables de la CMA pour espérer une éducation pour leurs enfants.

L'absurdité des quotas : Alger a persisté à attribuer des bourses à une CMA qui ne disposait même pas d'un nombre suffisant de bacheliers, prouvant que l'objectif n'était pas l'éducation, mais la légitimation d'une rébellion sous tutelle.

La rupture : du paternalisme à la souveraineté intégrale

Avec le leadership du Général d’Armée Assimi Goïta et la reprise de Kidal le 14 novembre 2023, l’époque de la main forcée est révolue. Le Mali ne troquera jamais son âme contre quelques bourses. Le basculement vers de nouveaux axes de coopération - notamment la clarté russe et le pragmatisme marocain via l’Initiative Royale pour l’Atlantique - offre au Mali des alternatives crédibles, loin des «ambiguïtés françaises» et du paternalisme algérien.

L’ère de la diplomatie cavalière, celle des «cow-boys» diplomatiques qui pensent pouvoir dicter leur loi à un pays souverain, est actée comme appartenant au passé. En dénonçant l’Accord d’Alger, le Mali a repris les rênes de son destin. La vision «Mali Kura 2063» se construit désormais sur des partenariats mutuellement respectueux, où la dignité nationale est la seule boussole.

En chœur, tous à l'unisson pour achever l'hydre politique : "Monsieur Tebboune, le Mali n’a pas besoin de tes bourses pour exister. La nation malienne se construit sur ses propres valeurs et sur des alliances choisies, non subies".

En conclusion, l'ingratitude n’est pas du côté de ceux qui revendiquent leur liberté, mais du côté de ceux qui ont oublié l’asile et le soutien offerts par le Mali quand leur propre liberté était en jeu. "Juru doň ye Juru sara ye" (1)

 La Rédaction

(1) : traduction proposer (savoir contracter une dette c'est aussi savoir s'en acquitter à temps ".

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Commentaires (11)

User
TankerTanker
TankerTanker 9 mois
Parlons sérieusement d’histoire, pas de slogans. Il n’existe aucune “dette de sang” de l’Algérie envers le Mali liée à la guerre de Libération. Aucun contingent de soldats maliens n’a combattu aux côtés de l’ALN. Les moudjahidine algériens ont mené leur combat seuls, contre une puissance coloniale majeure, avec leurs propres moyens et leurs propres sacrifices. En 1958, le Mali n’était même pas encore un État indépendant. Parler d’un engagement militaire malien à cette période est donc un anachronisme historique. La solidarité africaine a existé sur le plan politique et diplomatique, ce qui est respectable, mais elle ne peut pas être transformée a posteriori en “dette de sang” qui n’a jamais existé. L’Algérie ne renie ni la fraternité africaine ni l’aide morale reçue, mais elle refuse la falsification de l’histoire. Le sang versé pendant la guerre de Libération est avant tout algérien, et il ne peut être instrumentalisé pour justifier des discours politiques actuels. La reconnaissance entre peuples est légitime. La manipulation de la mémoire, elle, ne l’est pas.
kan
kan 9 mois
Si la DZ éternue , le Mali va s'enrhumer ........ Ou comment jouer les gros bras alors que l'on approche le vide sidéral
Zombo
Zombo 9 mois
L'Algerie est tres patiente avec la junte du nain goita... Sinon ce sera in question d'un jour pas plus for detruire la petite junte. de voyou: Selon le classement Global Firepower 2026, l'Égypte, l'Algérie, le Nigeria et l'Afrique du Sud restent les puissances militaires dominantes en Afrique, l'Égypte se classant 19e mondiale. Le Maroc progresse et intègre le haut du tableau, tandis que la Tunisie enregistre la plus forte progression, notent Jeune Afrique et MSN. Classement des principales armées africaines 2026 (Global Firepower) : 1. Égypte (19e mondial) : Leader incontesté avec un indice de 0,365. 2. Algérie (27e mondial) : Forte capacité de projection et budget important. 3. Nigeria (33e mondial) : Puissance régionale, notamment terrestre. 4. Afrique du Sud (40e mondial) : Capacité industrielle militaire. 5. Éthiopie (47e mondial) : Renforcement continu. 6. Maroc (56e mondial) : Progression constante, notamment aérienne. 7. Angola (59e mondial) : Puissance régionale. 8. RD Congo (64e mondial) : Augmentation des effectifs. 9. Soudan (66e mondial) : Malgré les conflits internes. 10. Tunisie (79e mondial) : Forte progression en 2026. ..
Africain
Africain 9 mois
Instrumentaliser l’histoire de 1958 pour justifier une junte en 2026 est une manipulation grossière. La solidarité du Mali avec le FLN est un fait historique, pas un chèque en blanc transmis à un régime militaire. Accuser l’Algérie d’avoir affaibli l’État malien via des bourses est absurde : ? ce ne sont pas des étudiants formés à l’étranger qui détruisent un État, mais la corruption, l’exclusion politique et l’absence de démocratie. L’Accord d’Alger n’a pas été imposé : il a été signé volontairement par un gouvernement malien civil, aujourd’hui renié par ceux qui refusent d’assumer l’histoire récente. Une victoire militaire n’est pas un projet de société. La souveraineté ne se proclame pas par slogans : elle se construit par des institutions, des élections et le respect du peuple. Le Mali mérite mieux qu’un pouvoir qui confisque l’avenir au nom d’un passé instrumentalisé. La dignité nationale ne se décrète pas, elle se mérite.
Kinguiranke
Kinguiranke 9 mois
L'Europe ne peut se défendre sans les États-Unis, affirme le chef de l'Otan
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