Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre sénégalais : « N’attendez pas que Bamako tombe pour réagir »

Face à la menace des groupes terroristes du Mouvement de Soutien à l’Islam et aux Musulmans qui pèse sur la capitale malienne, l’ancien ministre de l’Intérieur du Sénégal, Aly Ngouille Ndiaye, appelle à la concertation entre les dirigeants de l’AES, les présidents de la CEDEAO et de la Mauritanie contre l’expansion du terrorisme vers Bamako.

12 Nov 2025 - 09:43
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Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre sénégalais : « N’attendez pas que Bamako tombe pour réagir »

« Faut-il attendre que Bamako tombe ? », se questionne l’ancien ministre de l’Intérieur du Sénégal, qui appelle les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Mauritanie à agir. « N’attendez pas que Bamako tombe pour réagir », a-t-il lancé. L’ex-ministre sénégalais comprend les appels des pays occidentaux invitant leurs ressortissants à quitter le Mali, mais déplore le silence des pays frontaliers du Mali. « Les présidents de la CEDEAO et de la Mauritanie, même si le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont quitté l’organisation sous-régionale, votre silence, et celui de l’Union africaine, naguère si prompte à condamner les coups d’État, devient assourdissant », a interpellé l’ex-ministre sénégalais, estimant que la situation qui prévaut au Mali relève de la sécurité nationale, parce que les jihadistes transcendent la question des frontières.

Dans son analyse, le sieur Aly Ngouille Ndiaye prévient qu’« une prise de Bamako par les djihadistes impacterait à coup sûr la sécurité nationale de tous les pays frontaliers du Mali, sauf l’Algérie, qui s’est donné les moyens militaires puis politiques d’éradiquer le djihadisme ».

Évoquant le changement de stratégie des groupes djihadistes, il a indiqué qu’ils ont pour mot d’ordre « d’étouffer la capitale Bamako » dans le seul but de fragiliser naturellement tous les segments de l’économie malienne, y compris les Forces armées maliennes (FAMa). Pour lui, ce changement de mode, au-delà des aspects sécuritaires, impacte les enjeux économiques avec les ports de Dakar, de Conakry et d’Abidjan. « Ces enjeux constituent des motifs suffisants pour sauver le Mali », a affirmé cet ancien ministre de l’Intérieur du Sénégal, ajoutant que « l’échec de la mission de réintégration des pays de l’AES dans la CEDEAO ne saurait justifier d’attendre la chute de Bamako pour ensuite agir et investir dans des programmes d’armement afin de renforcer individuellement nos frontières ».

« Concertations AES-CEDEAO »

Face à tous ces enjeux sécuritaires et économiques, il a proposé d’engager, en urgence, des concertations entre les pays de l’AES, la CEDEAO et la Mauritanie pour activer la force d’attente qui, selon lui, était destinée à combattre le terrorisme avant la scission de la CEDEAO et à éviter une posture attentiste. « Le Sénégal, pour ces raisons, en plus des aspects sécuritaires et économiques que j’ai expliqué, devrait en urgence se pencher sur la situation du pays », a lancé Aly Ngouille Ndiaye à l’endroit du nouveau pouvoir sénégalais, rappelant que son pays partage plus de cinq cents (500) kilomètres de frontière et la même devise avec le Mali. En bref, l’ex-ministre sénégalais a rejeté cette chronique de la chute annoncée de Bamako, estimant que c’est un problème qui relève de la « sécurité collective » pour toute la sous-région, confirmant la sagesse de l’expression : « Quand la case du voisin brûle, arrose la tienne. »

Siaka DIAMOUTENE / Maliweb.net