Edito - Direction : le Nord et les urnes ?

17 Déc 2012 - 00:50
Mis à jour: 14 ans
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Un premier record : le gouvernement Django Cissoko a été constitué avec une diligence inhabituelle chez nous. Le président l’avait promis avant la fin du weekend. Il voulait sans doute envoyer à la communauté tant nationale qu’internationale le signal que le Mali continue. Et il est vrai que le troisième gouvernement de la transition se place sous le signe de la continuité.
[caption id="attachment_92903" align="alignleft" width="250"] Adam Thiam[/caption]   L’essentiel des membres de l’ancien gouvernement sont reconduits. Un bon signal donné aux communautés nomades : un Touareg et un Arabe de plus et un sédentaire de Gao font leur entrée. Et au niveau de l’architecture, pas de chamboulement sans doute pour ne pas revenir sur le difficile équilibre obtenu lors de l’accouchement douloureux du gouvernement précédent. D’ailleurs les partis politiques se trouvent renforcés par la qualité des portefeuilles et le statut de leurs représentants.
La tradition de porte parole du gouvernement est rétablie avec la nomination d’un professionnel des médias au portefeuille de la communication. Si le contingent Cheick Modibo Diarra a été réduit, sans doute pour faire de la place à quelques recrues du nouveau Premier ministre, il  n‘y aura pas eu de chasse aux sorcières. Deux ministres de l’astrophysicien -aux Finances puis à la Santé- ont eu la confiance de Django Cissoko. Kati garde la haute main, s’il est besoin de le rappeler. Dernier détail : l’équipe n’a pas été resserrée comme le veut la tendance récente des pays en crise.
 
Tout de même, l’efficacité du weekend adoucit  l’épisode peu républicain des circonstances de la démission de Cheick Modibo Diarra. Au pays, ces circonstances sont oubliées. Mais elles ont accru les interrogations et les doutes de nos partenaires sur notre volonté à mettre fin à la transition. Seul moyen de maintenir l’élan international : commencer nous-mêmes la tâche de libération du Nord et être vu tous les jours en train de préparer les élections comme si elles devaient se tenir demain et se tenir même sans le Nord. Les Maliens ne veulent pas entendre parler de ce scénario. Mais ils l’entendront hélas de plus en plus.
 
Adam Thiam

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Commentaires (10)

User
Sambpu
Sambpu 14 ans
Adam THIAM.J'ai toujours lu avec beaucoup d'interêt tous vos articles.Cependant, des propos genre: "... un Touareg et un Arabe de plus et un sédentaire de Gao font leur entrée..."ne sont pas propre au peuple du Mali où tous le monde est malien d'abord avant d'être Bozo, Sénoufo, arabe ou El Tamachek...Ces considérations ethniques, même si elles sont prises en compte dans la composition de nos différents gouvernements ne doivent pas faire l'objet de divulgation. Avis personnel. :wink:
DIAWARA Abdoulkarim
DIAWARA Abdoulkarim 14 ans
J reste convaincu toutes les gesticulations de SANOGO ne sont de poudre dans les yeux, je continue à croire que l'histoire l'attrapera , alors il faut que ces partisans au gouvernement le sache, il y a une fin à tous . Il est temps aussi, qu'il sache que les postes clés sont entre les mains des ex-putschistes de la junte alors ensemble s'ils parlent le même langage ils doivent pouvoir trouver une solution rapide au problème du Nord. Je me pose un certain nombre de question à savoir . - est ce que la junte est sure de l'efficacité d'armement des islamistes dans la sahel, la plus part du temps se ne sont que les exagérations , - est ce que l'armée de SANOGO a procédé à sa propre enquête dans le Nord - je crois qu'il se base plutôt sur les dits de la presse étrangère sinon rien de concrets de leur côté sinon pourquoi toute cette lenteur dans l'intervention militaire; raison pour la quelle nous tergiversons dans tous les sens .
Stip
Stip 14 ans
Pour moi, ce qui m'inquiète le plus, c'est la dadisatiion* du Capitaine Sanogo. Si rien ne fait, il va mettre le pays à terre et à jamais. *dadisation: Caractère répulsif du capitaine Moussa Dadis Camara de la Guinée. Ancien dictateur ayant pris également une balle dans la tête avant d'être écarté définitivement du pouvoir.
fakolyhakika1
fakolyhakika1 14 ans
« Les armes furent, de tous temps, les instruments de la barbarie. Elles ont assuré contre l’esprit le triomphe de la matière, et de la plus pesante. Constamment la raison en fut opprimée, le jugement bafoué, le talent meurtri. Point d’erreurs qu’elles n’aient défendues, point d’ignorants qui n’y recourussent, point de brutes qui ne les aient brandies. » Général Charles de Gaulle Il faut faire l'élection présidentielle, avoir des institutions crédible et aller à la libération du nord.
Iliaque 14 ans
"être vu tous les jours entrain de préparer les élections comme si elles devraient se tenir demain et se tenir même sans le Nord." THIAM merci d'avoir bien compris ce que les Americains veulent voir pour se rassurer. S'atteler a tous les travaux preparatoires des elections et meme fixer les dates des scrutins, voir comment faire participer les deplaces alors a l'approche des dates si cest intenable l'excuse s'impose pour le report! voilà ce que certains de nos partenaires attendent de nous.
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