Rentrée Culturelle GKAC 2026-2027 : Apprendre et débattre sur le Panafricanisme: hier, aujourd’hui, demain aux populations de Ségou

Du 27 au 28 mars 2026, le Groupe Koré Art et Culture de Ségou a organisé sa rentrée culturelle, placée sous le thème « Culture, Éducation et Créativité.

30 Mar 2026 - 01:47
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Rentrée Culturelle GKAC 2026-2027 : Apprendre et débattre sur le Panafricanisme: hier, aujourd’hui, demain aux populations de Ségou

C’est dans ce cadre que le KORE BARO a tenu un échange intellectuel et citoyen autour d’une thématique majeure : « Le Panafricanisme : hier, aujourd’hui, demain » , animée par le journaliste écrivain Daouda TEKETE, ce samedi 28  mars  au Centre Culturel Kôrè. Le KORE BARO se veut un espace de dialogue ouvert, réunissant chercheurs, étudiants, artistes et citoyens engagés, afin de nourrir une conscience collective et encourager des initiatives porteuses pour l’Afrique de demain.

Au cours de KORE BARO, le journaliste Écrivain Daouda Tekete a expliqué que le panafricanisme était un concept sur lequel 'Afrique devait s'appuyer. Tout d'abord parce que ce concept a toujours bercé les rêves d'avenir du continent, Il a existé et continue d'exister par les Africains et pour les Africains, dès lors nous devons être capables de lui trouver la place qui lui revient de droit Le panafricanisme est aussi une solution aux problèmes sécuritaires africains.

La première conférence panafricaine est organisée au seuil du XXe siècle, en juillet 1900 à Londres afin de susciter un élan de solidarité en faveurs des Noirs souffrant du colonialisme. Elle est organisée par Sylvester WILLIAMS avocat de Trinidad et est placée sous un double signe. D'abord celui de la religion, puisque y participent des membres du degré américain dont un représentant (l'évêque Alexander WALTERS) va présider la conférence". Le discours d'ouverture étant dit par l'évêque de Londres. Cette proximité ou même cette connexion avec la religion, notamment chrétienne, va être très présente dans les milieux et rencontres panafricains durant plusieurs années, pratiquement les deux premières décennies du XXe siècle. La conférence est incontestablement politique elle dénonce la politique britannique en pleine guerre des Boers en Afrique du Sud et l'intensification du racisme contre les Noirs dans ce pays. Elle interpelle la Reine Victoria. La conférence à I 'instar de celles qui la suivront jusqu'à l'après Seconde guerre mondiale, est dominée par la présence des Noirs de la Diaspora (vingt et quatre contre quatre représentants du continent). Cette première conférence enregistre la participation de celui qui allait être considéré comme un des «  père du panafricanisme » ; W.E.B. Du BOIS. Du BOIS est chargé d'adresser un message aux nations du monde au cours de la conférence. Il déclare que < le problème crucial du XXe siècle, est celui de la couleur et de race, c'est à dire, les rapports entre les gens de la race blanche et ceux des races foncées » Explique Daouda Tekete.

Ajout ‘il que le panafricanisme, en tant que concept, est né à la fin du XVIIIe siècle, à peu près en même temps que le libéralisme et le socialisme. Donc, c'est une idéologie très ancienne qui se distingue des deux autres par sa conscience historique, par son identité «géographique. » Le panafricanisme est lié à un continent, un espace. Le panafricanisme est l'équivalent pour l'Afrique, du concept de l'Occident pour l'Europe de l'ouest. Par extension, l'Australie, l'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest, se regroupent dans un même imaginaire dit « occidental » qui montre que la division du monde est en réalité le reflet de la circulation des hommes et des idées. De la même manière, est panafricaine toute société gardant une identité africaine dans son évolution, dans son rapport à l'autre, et dans son rapport à l'idée d'émancipation. D'autre part, il y a un aspect historiographique : quand on dit que l'histoire de l'Afrique contemporaine commence en 1885 avec la conférence de Berlin, ou en 1960 aux indépendances, cela n'a aucun sens. Mon intérêt était de montrer que le panafricanisme est né en même temps que le libéralisme et le socialisme qui sont liés à la Révolution française, à la Révolution américaine, à l'industrialisation, etc.

Aujourd’hui si le panafricanisme manque de s'imposer en Afrique l'intérêt de réaliser l'union du continent à l'heure où les grands c'est donc de la faute d'Etats africains qui n'ont pas compris en pesant de tout leur poids dans le jeu international. Prisonnier de ce même jeu qui leur est offerte de faire entendre leurs exigences d'une seule voix peut-être mais d'une voix forte, sûre de sa force internationale, ils ne voient pas l'extraordinaire opportunité et soutenue par plus d'un milliard d'Africains. L'OUA devenue plutôt un instrument de lieu de rendez-vous annuel des chefs d'États désintéressés de la cause panafricaine mais profitant de l'occasion pour régler des affaires d'autres ordres. Fulmine le journaliste Daouda Tekete.

Par ailleurs, le panafricanisme peut réussir à instituer une Afrique forte mais à condition que les États l'encouragent et lui en laissent l'occasion. Cependant, cet engagement nécessite un sacrifice : celui de la souveraineté. Les États doivent accepter de transmettre une partie de leur souveraineté au profit d'une organisation panafricaine qui saura ménager les intérêts de chacun mais préserver l'intérêt général. La naissance de l'UA sur les cendres de l'OUA peut être l'occasion d'un nouveau départ de l'idéal panafricain. En se basant sur le facteur sécuritaire, on peut être optimiste car, l'organisation panafricaine a évolué. De ses débuts en 1963 où elle sacralisa le principe de non-ingérence à l'année 2005 marquée par la naissance d'un Conseil de la Paix et de la Sécurité et surtout des Forces Africaines en attente, elle a évolué. Il semble que I'UA ait retenu les leçons de son aîné et travaille à ne pas les reproduire, car, si l'Afrique unie doit voir le jour, il faut que l'UA soit capable de l'impulser et de la diriger. Elle ne doit plus être à la merci des seuls États, elle doit gagner une autonomie qui lui permettra de mener une politique mue uniquement par cet idéal. Mais attention, la réussite du panafricanisme ne repose pas sur la seule volonté politique, il faut que les populations adhèrent au projet. Si les populations ne soutiennent pas le panafricanisme, l'échec est garanti. Conclut Daouda Tekete le débat de KORE BARO.

Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net