Vacances scolaires et précarité des enseignants du privé : Ce qu'en pense Alassane Kéita

Après 9 mois d’activités scolaires, marqués par le paiement irrégulier de modiques salaires, les jours fériés non rémunérés, le non-respect du calendrier officiel...

10 Août 2026 - 10:57
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Vacances scolaires et précarité des enseignants du privé : Ce qu'en pense Alassane Kéita

Après 9 mois d’activités scolaires, marqués par le paiement irrégulier de modiques salaires, les jours fériés non rémunérés, le non-respect du calendrier officiel, les enseignants des structures privées ne sont pas pour autant sortis de l'auberge pendant les vacances, faute du minimum de ressources que leur aurait au moins garanti un contrat de travail. Promoteurs de deux établissements de la place, Alassane Kéita donne son point de vue sur la question au micro de nos confrères de TM1.

Promoteur de deux complexes scolaires implantés à Bamako, Cheick Modibo Diarra et l’Union, Alassane Kéita est spécialiste des sciences de l’éducation. Les performances réalisées par ses établissements aux examens nationaux sont un indicateur de son expérience  et son engagement pour un enseignement de qualité. Soucieux de respecter les droits des travailleurs, il est une voix légitime pour parler de l’école malienne. Comme il le démontre ici en se prononçant sur la situation des enseignants des structures privées.

 Responsabilité employeurs-employés

A l'en croire, un promoteur  a la possibilité de payer les enseignants au-delà de la période scolaire. Tout dépend des dispositions qu'il aura prises à cette fin. Pour ce faire, il adapte sa politique économique au statut de l’établissement. « Sachant qu’il n’y a pas de rentrée d'argent après la fermeture des classes, j’en épargne au cours de l’année scolaire. Cela me permet d’assurer le paiement de mes enseignants pendant les vacances », enseigne le Patron d’entreprise scolaire. Conscient des charges liées à la survie des structures, il conseille à ses pairs une gestion optimale des fonds afin de s’acquitter régulièrement de leur devoir.

Par ailleurs, M. Kéita plaide pour les enseignants victimes qui « sont aussi des chefs de familles », non sans déplorer leur manque d’organisation comme une faiblesse. Face à une telle réalité, le rôle de l’Etat est crucial.

 Responsabilité publique

En effet l’insuffisance du contrôle institutionnel est, selon le pédagogue, palpable et regrettable car elle constitue un facteur d'abus de toutes sortes.  En l’absence du chat, les souris dansent. Ce qui explique pourquoi « n’importe qui est promoteur d’école privée ». Ce désordre profite à des promoteurs motivés uniquement par l’argent qui n'en font qu'à leurs têtes. «On ouvre l’école, on paie les enseignants uniquement pendant les neuf mois, on essaie de travailler comme si la vie scolaire se limitait à cette période». 

Des mesures identiques aux problèmes similaires !

Le 3 juillet 2026, le président du Faso, son excellence le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré a signé le Décret n°2026-0761 portant règlementation des frais de scolarité dans les structures privées. Un acte politique qui vise à cadrer l’enseignement privé, protéger les familles contre les pratiques abusives sur les tarifs de scolarité et renforcer la qualité de l’enseignement, selon les autorités scolaires. 

L’application d’une telle mesure à l’enseignement privé malien est une nécessité, voire une urgence compte tenu du désordre qui y règne. Donc des mesures similaires, contribueraient non seulement à améliorer la qualité de l’enseignement, mais aussi à protéger les acteurs et partenaires de l’école malienne.

Par Broulaye Koné